Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

utérus (suite)

Forme et position

L’utérus vide occupe l’intérieur de la cavité pelvienne ; son extrémité antérieure dépasse le détroit antérieur du bassin et empiète un peu sur la cavité abdominale. Sa forme est celle d’un cylindre légèrement aplati de dessus en dessous, logé dans le bassin en direction antéropostérieure. Sa face supérieure touche au rectum, et sa face inférieure à la vessie. Son extrémité antérieure se prolonge par deux « cornes utérines », résultant de la division du corps de l’organe sous un angle ouvert vers l’avant.

Vers sa partie postérieure, l’utérus communique avec le vagin, mais bien souvent, chez les Insectivores, les Lémuriens, et les Ongulés, il n’y a aucune séparation nette entre le vagin et l’utérus. Cette séparation acquiert son maximum de netteté chez les Primates (Hominiens et Simiens), où une musculature puissante caractérise une portion de la matrice qui fait saillie dans le vagin et constitue le col de la matrice, ou « museau de tanche ».

La forme de l’utérus varie suivant les ordres et les familles de Mammifères.

Chez les animaux primitifs comme les Marsupiaux, les deux oviductes sont totalement distincts et s’ouvrent séparément dans une cavité unique, le sinus urogénital.

Les grandes variantes anatomiques sont de trois sortes :
— dans la disposition duplex, que l’on rencontre chez les Rongeurs, les Chiroptères et les Marsupiaux, les oviductes sont prolongés séparément par deux vagins restant libres sur toute leur longueur ;
— la disposition bicorne présente deux utérus se soudant entre eux, mais dont les extrémités, les cornes, restent libres ;
— la disposition simplex présente un utérus formé d’une seule cavité, dans laquelle débouchent les deux trompes. C’est le cas des Primates (Hominiens et Simiens). L’utérus est alors piriforme.


Évolution cyclique de la structure utérine

La masse de l’utérus constitue un muscle puissant, comportant une couche épaisse de fibres lisses, appelée myomètre. L’intérieur de cet organe se trouve tapissé d’un tissu conjonctif recouvert d’un endothélium appelé endomètre, dont la structure est variable avec la période du cycle ovarien.

En effet, l’appareil génital des Mammifères subit de profondes modifications cycliques, qui dépendent des sécrétions hormonales de l’ovaire et qui intéressent surtout l’utérus.

Le cycle ovarien comprend deux phases, qui sont séparées par la « ponte ovulaire » (v. œstral [cycle]).

La première phase est la phase folliculaire. Pendant cette période, l’utérus a augmenté de dimensions, ainsi que l’épaisseur de l’endomètre, et l’épithélium s’est enfoncé en profondeur pour former des glandes sécrétrices à mucus, ayant l’aspect d’un doigt de gant.

Pendant la seconde phase du cycle ovarien, ou phase lutéinique, la progestérone provoque le développement de l’endomètre et donne la « dentelle endométrale » (à la surface de la paroi interne de l’utérus). Cette dentelle endométrale est abondamment irriguée par des artères spiralées. Une telle structure prépare la muqueuse utérine des Mammifères à la nidation de l’œuf.


Nidation et placentation

L’œuf arrivé sur la paroi de l’utérus se trouve, en effet, entouré par la prolifération de la dentelle utérine. Bientôt, il se forme un organe mi-maternel, mi-fœtal qui met en rapport intime l’œuf fécondé avec l’utérus : c’est le placenta. Cet organe affecte des formes différentes suivant les espèces. Par exemple, celui de la Jument et de la Truie est simple et diffus, c’est-à-dire que toute la surface de contact entre la mère et le fœtus représente une surface placentaire. Celui de la Chienne et de la Chatte, quoique simple aussi, diffère de celui des espèces précédentes en ce qu’il est localisé en bandes circulaires enroulées autour de l’embryon. La Vache et la Brebis ont la particularité d’avoir un placenta cotylédonaire, dans lequel la surface placentaire affecte la forme de disques multiples séparés par des espaces non placentaires.

Mais, si la fécondation n’a pas eu lieu pendant la présence du corps jaune, l’utérus reprend son aspect normal : la dentelle endométrale s’écroule, et les débris en sont expulsés. Ce phénomène se rencontre chez tous les Primates, mais il est moins net chez les autres Mammifères ; il s’appelle la menstruation. Il entraîne une hémorragie plus ou moins abondante, qui dure de quatre à cinq jours.

Celle-ci marque la fin du cycle ovarien. L’utérus reprend alors son aspect normal.


Parturition

L’utérus joue un grand rôle lors de la parturition. C’est ainsi qu’il produit une hormone, la relaxine, qui favorise le relâchement du ligament de la symphyse pubienne. Les ligaments ilio-sacrés se relâchant aussi, le bassin prend une certaine indépendance par rapport au sacrum, et la filière maternelle s’élargit, rendant la mise bas beaucoup plus facile.

À la fin de la gestation, la portion musculaire de l’utérus est devenue de plus en plus sensible à une hormone sécrétée par la neurohypophyse, l’ocytocine, qui facilite la contraction de l’utérus lors de la parturition. Mais ce qui paraît surtout avoir pour effet de préparer l’utérus à la parturition, ce sont les proportions relatives de progestérone et de folliculine qui sont déversées dans la circulation générale.

Au moment de la parturition, le système nerveux de l’utérus proprement dit entre en action sous l’effet des hormones. (En effet, la section de la moelle épinière n’entrave pas l’accouchement.) Le col de l’utérus se dilate, puis la puissante musculature utérine, plus développée dans le fond de l’organe que vers le col, se contracte en débutant par le fond, ce qui favorise l’expulsion du fœtus. Dès que l’ouverture du canal est complète, les contractions se répètent (toutes les deux minutes à peu près chez la Vache). La pression exercée alors sur un fœtus bovin peut atteindre 170 mm de mercure correspondant à une poussée de plus de 15 kg par centimètre carré.