Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

Urticales (suite)

Autres familles

La famille des Eucommiacées comprend 1 genre et 1 espèce en Chine tempérée (Eucommia ulmoides) ; c’est un arbre dont on connaît des représentants dans les couches anciennes du Tertiaire de l’Europe et de l’Amérique du Nord ; les fleurs de cet arbre, dioïques, sont nues et peu apparentes. Dans les tissus (feuilles, troncs), on trouve des laticifères non ramifiés, produisant une gomme analogue à la gutta percha.

Le genre Barbeya d’Abyssinie peut être soit rattaché à la famille des Ulmacées, soit constituer le seul genre de la famille des Barbeyacées.

J.-M. T. et F. T.

Uruguay

État de l’Amérique du Sud ; 177 500 km2 ; 3 millions d’hab. (Uruguayens). Capit. Montevideo.



La géographie

L’Uruguay, encadré par les deux plus grands États de l’Amérique du Sud, ne dispose que d’un espace national relativement réduit. Il est situé entre 30° et 35° de lat. S. ; le climat, subtropical, humide et doux, et le relief n’offrent pas d’obstacles irréductibles à l’occupation humaine. Pourtant, la population est relativement peu nombreuse et très inégalement répartie : près de la moitié se trouve concentrée aux abords de l’océan Atlantique, autour de Montevideo. En dépit de sa surface relativement réduite et de son nombre restreint d’habitants, l’Uruguay a été pendant longtemps considéré comme un pays privilégié par rapport à ses voisins de l’Amérique latine*, dans la mesure où un développement industriel précoce l’avait doté d’une économie plus riche et plus développée. La crise qui sévit depuis plusieurs années interdit aujourd’hui d’utiliser le cliché traditionnel qui considérait ce pays comme la Suisse de l’Amérique latine.


Le milieu naturel

Il ne permet guère d’individualiser des ensembles aux potentialités distinctes. En effet, s’apparentant à la Pampa argentine, le paysage uruguayen, bien que moins uniformément plat, est essentiellement formé de croupes arrondies et de plaines drainées par les larges vallées d’un réseau hydrographique serré. L’altitude moyenne y est faible, le point culminant avoisinant seulement 500 m. Il s’agit, en fait, de l’extrémité méridionale du bouclier cristallin brésilien, recouvert de roches sédimentaires au nord-est et de roches basaltiques au nord-ouest. Le pays est traversé en diagonale par le río Negro, qui, par suite d’un barrage situé au centre du territoire, constitue une sorte de grand lac. À l’ouest, l’ensemble du relief s’abaisse pour former une grande plaine plus basse où coule le río Uruguay. Au sud et à l’est, la côte, basse, est constituée de nombreuses plages de sables, de cordons de dunes et de lagunes, tandis qu’au nord-est l’une de ces dernières, assez étendue, sert de frontière avec le Brésil.

Cette uniformité du relief se retrouve dans le climat : ce dernier, dans l’ensemble du pays, est relativement tempéré, avec un hiver tiède et un été sans très forte chaleur. La large ouverture sur l’océan Atlantique entraîne des précipitations importantes, bien réparties au cours de l’année, avec un maximum en automne ; ces pluies sont, néanmoins, un peu plus abondantes au nord qu’au sud. D’une façon générale, la végétation naturelle est la prairie, qui s’étend sur l’ensemble du territoire et offre donc, comme dans la Pampa argentine, une exceptionnelle potentialité pour l’élevage.


Les étapes de la mise en valeur

Au xvie s., lors de l’arrivée des Espagnols, l’espace qui constitue actuellement l’Uruguay n’était occupé que par des tribus indiennes, qui disparurent très vite après la conquête. Les explorateurs, à la recherche d’un passage entre les Andes et l’océan, n’accordèrent que peu d’intérêt à ces vastes prairies vides d’hommes. Sans ressources minières, le pays ne servit que d’étape jusqu’au xviiie s. À ce moment commença l’exploitation du grand troupeau qui s’était développé spontanément dans la prairie uruguayenne à partir d’une centaine de têtes de bétail lâchées au xvie s. par les premiers colons. Cette première phase d’utilisation du troupeau sauvage était une véritable chasse, où l’abattage des animaux ne servait qu’à en tirer le cuir ; à la fin du xviiie s., l’exploitation se diversifia un peu avec la création d’une agriculture de subsistance, l’organisation de saloirs pour la viande et la naissance des premiers centres urbains, le long du río Uruguay et sur l’estuaire du Río de la Plata.

Montevideo* avait été fondé au xviiie s. en tant que poste militaire et centre d’embarquement des produits pastoraux, pour affirmer la domination espagnole sur cet espace convoité par les Portugais du Brésil. Cette première étape se termina avec l’indépendance (1828). Celle-ci ne se traduisit pas par de grands changements économiques. Néanmoins, deux événements renouvelèrent l’économie pastorale, qui continua à dominer : l’introduction du mouton et son extension rapide sur toutes les terres moins favorables à l’élevage bovin ; le changement dans l’organisation même de l’élevage, bovin et ovin, avec l’utilisation du fil de fer (après 1870) et l’installation d’estancias modernes, qui devinrent de véritables usines à viande (grâce à l’essor des techniques frigorifiques pour garder et commercialiser le produit de cet élevage). À cette croissance de l’économie pastorale correspond une grande poussée démographique, issue partiellement de l’immigration européenne, qui, dans la seconde moitié du xixe s., amena de nombreux colons, et partiellement de l’accroissement naturel. Cela permit une diversification de l’agriculture et un commencement d’industrialisation au début du xxe s., l’une et l’autre se fixant essentiellement autour de Montevideo, bénéficiaire de l’arrivée continuelle d’hommes nouveaux ; l’essor des activités de production fit de la ville le centre tertiaire pour l’ensemble du pays.

Le xxe s. constitua une troisième étape, marquée d’abord par une grande période de prospérité, favorisée par un climat politique de paix et de stabilité, en contraste avec celui des autres pays latino-américains : cela permit un essor spectaculaire de l’industrie, qui non seulement put répondre aux besoins du marché national, mais s’efforça de trouver des marchés extérieurs au fur et à mesure de son développement. Vers 1955 se manifestèrent les premiers signes de dégradation de cette économie, et, peu à peu, les Uruguayens s’enfermèrent dans une crise qui constitue une véritable phase de régression économique, caractéristique de la situation actuelle du pays.