Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

urticaire (suite)

Les urticaires allergiques, dont l’histamine est le médiateur essentiel, sont améliorées par les antihistaminiques. Dans les cas d’urticaire géante, et si les antihistaminiques ne sont pas actifs, on peut être amené à utiliser les corticoïdes. C’est notamment le cas dans les œdèmes de Quincke, qui sont parfois accompagnés d’un œdème de la glotte faisant courir un risque de dyspnée laryngée et d’asphyxie.

La guérison est obtenue par l’éviction de l’allergène en cause et quelquefois par la désensibilisation spécifique.

• L’urticaire cholinergique. Elle est moins fréquente que l’urticaire allergique (25 p. 100 environ de l’ensemble des urticaires chroniques). Ce n’est plus l’histamine le médiateur chimique principal, mais l’acétylcholine. Ce type d’urticaire s’observe chez les jeunes de quinze à trente ans, plus particulièrement chez les femmes. Le système neurovégétatif joue un rôle déterminant dans sa survenue, laquelle se manifeste presque exclusivement chez les sujets instables, sympathicotoniques. L’éruption est faite de petites papules de 1 à 2 cm, cerclées d’un halo érythémateux intense. Celles-ci siègent avant tout à la partie supérieure du corps. Les aisselles et les régions palmo-plantaires sont habituellement respectées. Très prurigineuse, cette urticaire apparaît brusquement à l’occasion d’un effort, d’une émotion, de la chaleur, voire à l’occasion de l’ingestion d’une boisson chaude. De durée relativement courte, elle s’efface avec les repas. Les antihistaminiques sont sans action sur elle.

La différenciation entre les deux types étiologiques d’urticaire est suspectée cliniquement et peut être affirmée par les modalités réactionnelles observées en pratiquant des intradermo-réactions avec l’histamine, l’acéthycholine, la pilocarpine et la nicotine.

L’urticaire cholinergique est à traiter par les vagolyliques (atropine, belladone) et les alcalinisants (solution de Bourget).

Le diagnostic de l’urticaire est facile avec le prurigo strophulus (où les plaques sont surmontées de petites vésicules). L’urticaire est, par contre, souvent confondue avec le dermographisme. Ce dernier en diffère par ses localisations électives (dos, épaules, bras, aisselles, thorax), par l’apparition des efflorescences sur les points où s’est exercé un frottement mécanique de la peau et par l’absence de prurit.

A. C.

Urticales

Ordre de Dicotylédones ligneuses, dans lequel les fleurs n’ont qu’un seul cycle de pièces périanthaires (fleurs apétales).


Il comprend, entre autres familles, celles des Ulmacées, des Urticacées et des Moracées, très proches les uns des autres.


Ulmacées

Cette famille d’une douzaine de genres et de près de 150 espèces, vivant sur tous les continents, est représentée en France par 2 genres et 4 espèces. Les Ulmacées sont des arbres ou des arbustes à feuilles simples, le plus souvent alternes. Les fleurs, hermaphrodites ou unisexuées, sont soit solitaires, soit groupées en cymes ; ordinairement, elles ont un périanthe formé de quatre ou cinq pièces scarieuses plus ou moins soudées ; les étamines sont en nombre égal aux pièces périanthaires, et l’ovaire est à deux carpelles à deux loges uniovulées (l’une d’entre elles avorte souvent) ; le fruit est une samare (akène ailé).

Le genre Ulmus (Orme ; une trentaine d’espèces, dont 3 en France) est composé d’arbres de grande taille qui vivent principalement dans l’hémisphère Nord. Ses feuilles alternes sont souvent dissymétriques. Disséminé dans nos forêts, l’Orme est surtout employé comme arbre d’alignement (allées d’honneur des grands châteaux des xviie et xviiie siècles — taillées en rideau). Malheureusement, toutes ses espèces sont affectées par une maladie cryptogamique transmise par un Coléoptère ; le bois d’Orme est recherché en carrosserie et en charronnage.

Le genre Celtis (Micocoulier ; 70 espèces, dont 1 en France), comprenant des arbres et des arbustes, vit surtout dans les régions tropicales ou subtropicales (quelques espèces sont originaires des régions tempérées de l’hémisphère Nord). Son bois est utilisé pour la confection de manches d’outils agricoles et de fouets. À côté de ces deux principaux genres, il faut citer les Zelkova (Asie), parfois employés pour la décoration des parcs, car ce sont des arbres magnifiques, malheureusement à croissance lente (Z. crenata).


Urticacées

Cette famille rassemble environ 700 espèces réparties en une cinquantaine de genres (respectivement 8 et 2 en France). Les Urticacées sont surtout des herbes localisées dans les zones chaudes du globe. Les fleurs, unisexuées, semblables à celles des Ulmacées, possèdent cependant un seul carpelle uniloculaire ; le fruit est un akène ou une drupe. On remarque dans cette famille une évolution des fleurs, depuis celles de la Pariétaire, les plus complètes, jusqu’à celles de Forskohlea, unisexuées, très réduites (fleur mâle avec un sépale et une étamine ; fleur femelle avec un sépale et un carpelle) et groupées dans des inflorescences bisexuées ; entre ces deux cas extrêmes, on peut trouver des cas de gamosépalie (Bœhmeria). Beaucoup d’espèces possèdent des poils urticants. Chez Urtica dioica, ceux-ci sont composés d’un socle de petites cellules portant une grande cellule en forme d’urne effilée, aux parois de carbonate de calcium et contenant un liquide urticant (acide formique ou acide résinique). La pointe en silice se casse au moindre toucher, et les liquides urticants se répandent.

Le genre Urtica est formé d’une trentaine d’espèces (5 en France), dont la plupart sont de mauvaises herbes très répandues ; les espèces européennes peuvent fournir une filasse grossière et sont parfois utilisées dans l’alimentation humaine (en soupe ou comme succédané des Épinards) ; elles vivent surtout dans les stations riches en azote (rudérales, nitrophiles), en particulier auprès des lieux de rassemblement des bestiaux (reposoirs à moutons autour des bergeries de montagne). Les Bœhmeria (une cinquantaine d’espèces) sont importants grâce aux fibres qu’ils produisent, qui peuvent être tissées (la ramie) ; ce sont des plantes sans poils urticants des régions tropicales, surtout d’Extrême-Orient (B. utilis et B. tenacissisimo). Les Pariétaires (une dizaine d’espèces dans les régions tempérées des deux mondes et 3 en France) ne sont pas non plus urticantes ; elles vivent dans les rocailles. Parietaria officinalis est très fréquente en France sur les vieux murs et sert en médecine populaire (diurétique). Une espèce, P. soleirolii (de Corse et de Sardaigne), est parfois employée dans la décoration des jardins de rocaille. Comme genres voisins, il y a les Forskohlea (5 espèces) des régions méditerranéennes, les Laportea (30 espèces), surtout d’Océanie, parfois utilisées comme plantes ornementales, mais très urticantes, les Pellionia (20 espèces) de l’Asie orientale, les Gigardinia d’Afrique et de l’Asie tropicale, les Pilea d’Indochine, dont une espèce, P. cadierei, est fréquente comme plante d’appartement (introduite en 1938 en France par le Muséum).