Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

urinaires (voies) (suite)

L’examen bactériologique porte sur le culot de centrifugation urinaire et identifie les germes urinaires, après coloration de Gram et de Ziehl (spécifique du bacille de Koch), à l’examen direct ou à la culture. Normalement, l’urine est stérile au cours de son élaboration rénale et tant qu’elle s’écoule dans l’appareil urinaire excréteur, mais elle est souillée au moment de la miction par des germes ramassés au niveau du segment terminal de l’urètre et du méat.


Modifications quantitatives de l’urine

• Polyurie. C’est l’augmentation du volume urinaire émis par vingt-quatre heures au-delà des normes (2 litres et plus).

• Oligurie. C’est la diminution volumétrique des urines de vingt-quatre heures au-dessous d’un litre.

• Anurie. C’est la disparition des mictions sans rétention vésicale. On distingue l’anurie sécrétoire (par absence de sécrétion rénale d’urine) et l’anurie excrétoire (par obstacle sur la voie excrétrice en amont de la vessie). L’anurie entraîne au bout de quelques heures des perturbations humorales caractéristiques (rétention azotée, déshydratation extracellulaire, hypotonie osmotique du plasma et acidose), dont le degré donne la mesure d’une situation réversible si la reprise de la diurèse est obtenue et si le parenchyme rénal a gardé son pouvoir de concentration.


Tumeurs ou tuméfactions

• Lombaires ou lombo-abdominales. Un gros rein donne le contact lombaire au palper bimanuel du flanc.

• Pelviennes. Chez l’homme, c’est le toucher rectal combiné au palper abdominal qui explore la vessie et le carrefour génito-urinaire prérectal (urètre-prostate-vésicules séminales-ampoules déférentielles) ; chez la femme, le toucher vaginal permet l’exploration génito-urinaire basse.

• Périnéales. Il faut préciser les connexions tumorales avec l’urètre, les organes génitaux, le rectum et explorer les éventuels trajets fistuleux.


Fièvre

Elle est le plus souvent synonyme d’infection et s’accompagne souvent de pyurie (pus dans les urines). Elle doit faire rechercher une stase urinaire et, en son absence, une infection d’un des parenchymes uro-génitaux : reins, prostate, ensemble épididymo-testiculaire.

Elle peut apparaître en dehors de toute infection : certains cancers du rein se révèlent parfois par une fièvre ; il en est de même, mais plus rarement, de certains hématomes intrapérinéaux ; la fièvre peut, enfin, accompagner un infarctus rénal spontané ou postopératoire.


Pathologie


Obstruction urinaire

La majorité des anomalies ou des maladies de l’appareil excréteur est susceptible d’en provoquer l’obstruction, entraînant une hyperpression urinaire avec dilatation de cet appareil en amont de l’obstacle ; peu à peu se constitue une altération du rein sus-jacent pouvant aller jusqu’à sa destruction fonctionnelle et, si l’action est bilatérale (obstruction du bas appareil), à l’insuffisance rénale et à la mort. L’infection du haut appareil (pyélonéphrite, pyonéphrite) complique souvent l’obstruction ou en accélère les effets et peut conduire à la pyonéphrose, stade ultime où le rein n’est plus qu’une poche de pus.

• Obstruction du haut appareil
Aspects cliniques.
1. Obstruction aiguë. Le signe en est la colique néphrétique (v. rein). Une anurie excrétoire peut compliquer une obstruction si celle-ci est bilatérale ou si l’autre rein a été préalablement détruit ou est inexistant.
2. Obstruction chronique. Elle se révèle par des douleurs lombaires ou lombo-iliaques, par la constatation d’un gros rein ou par une complication : lithiase ou infection urinaire ; l’obstruction est parfois latente sans signe clinique. L’urographie intraveineuse permet le diagnostic en montrant une « trop belle image », l’obstacle freinant l’écoulement du liquide de contraste, ou déjà un retard de sécrétion et des dilatations cavitaires, un amincissement du parenchyme, une mutité rénale (absence de sécrétion).
Causes d’obstruction du haut appareil.
Outre le retentissement possible des obstructions du bas appareil, qui seront étudiées ci-dessous, les principales causes d’obstruction du haut appareil sont multiples.
1. Causes congénitales d’obstruction. Ce sont les malformations congénitales du haut appareil.
— Syndrome de la jonction pyélo-urétérale. Il existe un gros bassinet et des calices en impression qui se vident mal dans un uretère normal : ce syndrome est dû à un rétrécissement ou à une compression de l’uretère par un vaisseau sanguin anormal, ou encore à une obstruction fonctionnelle, les ondes péristaltiques du bassinet ne se transmettant plus à l’uretère (achalasie localisée).
— Reflux vésico-rénal. L’urine peut refluer de la vessie dans l’uretère par malformation de la jonction vésico-urétérale (mais le reflux est parfois acquis, secondaire à une intervention sur le méat urétéral, à une cystite, à une surpression dans le bas appareil). Ce reflux peut être passif avec communication permanente entre la vessie et l’uretère ou seulement actif pendant la miction. Il peut accompagner d’autres malformations : duplicité urétérale, uretère double, méga-uretère.
— Le rétrécissement congénital, l’abouchement extravésical de l’uretère, l’urétérocèle (dilatation kystique en amont d’une sténose congénitale du méat), l’uretère rétrocave (derrière la veine cave). Ce sont autant d’autres causes d’obstruction congénitale.
2. Causes acquises d’obstruction.
— Compressions de l’uretère. Elles peuvent se faire par infection ou par tumeur de voisinage, ou encore par sclérose rétropéritonéale secondaire à un cancer ou primitive.
— Rétrécissements pariétaux. Les parois des canaux peuvent être rétrécies par origine infectieuse (tuberculose notamment) ou secondaires à une lésion traumatique accidentelle ou opératoire de l’uretère.
— Obstacles intracavitaires. Ce sont la lithiase (calculs) ou une tumeur.