Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

urbanisme (suite)

Les programmes de modernisation et d’équipement des villes (P. M. E.)

Ils sont élaborés dans le cadre de documents régionaux d’armature urbaine, au niveau des agglomérations de plus de 50 000 habitants, avec la participation des services de l’État et d’élus locaux ; ils prévoient les programmes de logements et d’équipements publics. La première partie, soumise au groupe central de planification urbaine, trace ses perspectives sur dix ans ; la seconde, examinée par un comité du F. D. E. S. (Fonds de développement économique et social), trace les perspectives de financement des équipements urbains pour la durée du plan. Le F. D. E. S. s’efforce d’obtenir que les crédits nécessaires à la réalisation des objectifs du P. M. E. pour la durée du plan soient bien attribués par les ministères intéressés. Cette garantie ainsi que la force attachée aux « contrats de plan » signés entre l’État et les communautés urbaines font de ces documents de véritables instruments de planification urbaine, encore que non spatiale.

Le lien juridique de ces programmes de modernisation et d’équipement avec les plans d’urbanisme est cependant douteux, en raison des textes eux-mêmes. Ainsi, l’article premier du décret du 28 mai 1969, relatif aux S. D. A. U. et aux schémas de secteurs, semble bien faire des S. D. A. U. « le cadre des interventions de l’État, des collectivités locales et des établissements et services publics », et, donc, leur soumettre plus ou moins les P. M. E. D’autre part, la seule obligation juridique à la charge des auteurs du P. O. S. semble être de « tenir compte du P. M. E. », mais non de le respecter.


Les schémas directeurs d’aménagements des aires métropolitaines (S. D. A. A. M.)

Moins juridique encore et moins strict est le lien entre les S. D. A. A. M., les S. D. A. U. et les P. O. S. Les « aires métropolitaines » correspondent à une politique d’aménagement du territoire prévoyant la constitution de grandes métropoles régionales, pour lesquelles les schémas d’aménagement prévoient, dans la perspective de l’an 2000, l’urbanisation, la place de l’espace agricole, les principaux équipements, etc.

La fonction des S. D. A. A. M. est de donner à tous les partenaires publics et privés un cadre de référence commun. Cependant, ces schémas peuvent aussi être considérés comme des directives d’aménagement du territoire et, selon l’article premier du décret du 28 mai 1969, servir de « cadre » à l’élaboration des S. D. A. U.

M. R.

➙ Agglomération urbaine / Aménagement du territoire / Architecture / Espace géographique / Urbanisation / Ville.

 C. Sitte, Der Städtebau nach seinen künstlerischen Grundsätzen (Vienne, 1889, 4e éd., 1909 ; trad. fr. l’Art de bâtir les villes, Renouard, 1902). / E. Howard, Garden Cities of tomorrow (Londres, 1902, nouv. éd., Cambridge, Mass., 1965 ; trad. fr. les Cités jardins de demain, Dunod, 1969). / P. Lavedan, Histoire de l’urbanisme (Laurens, 1927-1952, 3 vol. ; nouv. éd., 1966 et suiv.). / Le Corbusier, Manière de penser l’urbanisme (Éd. de l’architecture d’aujourd’hui, 1946 ; nouv. éd., Gonthier, 1963) ; la Charte d’Athènes (Éd. de Minuit, 1971). / R. Auzelle, Technique de l’urbanisme (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1954 ; 4e éd., 1970) ; Clefs pour l’urbanisme (Seghers, 1971). / R. Auzelle et I. Jankovic, Encyclopédie de l’urbanisme (Vincent et Fréal, 1957-1968 ; 3 vol. parus). / L. Mumford, The City in History (New York, 1961 ; trad. fr. la Cité à travers l’histoire, Éd. du Seuil, 1964). / C. Alexander, Notes on the Synthesis of Form (Cambridge, Mass., 1964 ; trad. fr. De la synthèse de la forme, Dunod, 1971). / G. Bardet, l’Urbanisme (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1965 ; 7e éd., 1972). / F. Choay, l’Urbanisme. Utopies et réalités. Une anthologie (Éd. du Seuil, 1965). / E. N. Bacon, Design of Cities (Londres, 1967 ; nouv. éd., 1973). / H. Lefebvre, le Droit à la ville (Anthropos, 1968-1972 ; 2 vol.) ; la Révolution urbaine (Gallimard, 1970). / A. Mistcherlich, Die Unwirtlichkeit unserer Städte. Anstiftung zum Unfrieden (Francfort, 1970 ; trad. fr. Psychanalyse et urbanisme. Réponse aux planificateurs, Gallimard, 1970). / G. L. Burke, Towns in the Making (Londres, 1971). / H. Laborit, l’Homme et la ville (Flammarion, 1971). / C. Chaline, l’Urbanisme en Grande-Bretagne (A. Colin, 1972). / J.-P. Gilli et H. Charles, les Grands Arrêts du droit de l’urbanisme (Sirey, 1974). / J. Marolleau, Vivre en l’an 2000 (P. U. F., 1975). / R. Ledrut, l’Espace en question ou le Nouveau Monde urbain (Anthropos, 1977).

Urbino

V. d’Italie, dans les Marches ; 18 900 hab.


Son principal titre de gloire est d’avoir été, dans la seconde moitié du quattrocento, l’un des plus brillants foyers de la Renaissance* italienne, grâce au mécénat du duc Federico da Montefeltro (1422-1482). Homme de guerre et fin politique, humaniste et amateur averti, celui-ci fit de sa petite cour un rendez-vous de savants, de philosophes, d’écrivains et d’artistes.

C’est ce que reflète le monument essentiel d’Urbino : le palais ducal, modèle des résidences princières de la première Renaissance, occupé aujourd’hui par la Galleria Nazionale delle Marche. Federico le fit entreprendre quelques années après son avènement (1444). Mais c’est en 1468 qu’il chargea Luciano Laurana (v. 1420-1479), architecte dalmate, d’en mener à bien la construction selon un nouveau projet, plus ambitieux et plus moderne, qu’inspirent les théories d’Alberti* et de Piero* della Francesca. Ainsi prit forme, en s’adaptant à un terrain difficile, ce complexe irrégulier, mais savamment articulé, de locaux conçus pour les différents besoins de la vie de cour. Face à la campagne, quatre arcades traitées en loggia s’étagent entre deux fines tours cylindriques. La cour principale, quadrangulaire, allie une grâce nerveuse à la justesse des proportions.