Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
U

Univers (suite)

➙ Âge de la Terre / Astronomie / Ciel / Coordonnées astronomiques / Copernic / Einstein / Étoile / Galaxie / Galilée / Kepler / Mécanique céleste / Nébulosité galactique / Pulsar / Quasar / Radioastronomie / Relativité.

 A. Koestler, les Somnambules. Copernic, Kepler, Tycho Brahe, Galilée (Calmann-Lévy, 1960). / H. Andrillar, Introduction à l’étude des cosmologies (A. Colin, 1970). / J. C. Pecker (sous la dir. de), la Nouvelle Astronomie, science de l’Univers (Hachette, 1971). / F. Hoyle, From Stonehenge to Modern Cosmology (San Francisco, 1972). / J. Heidmann, Introduction à la cosmologie (P. U. F., 1973). / W. J. Kaufmann, Relativity and Cosmology (New York, 1973). / R. Omnès, l’Univers et ses métamorphoses (Hermann, 1973). / M. Rouzé, Copernic et la conquête du cosmos (La Farandole, 1973).

Unkei

Sculpteur japonais (Kyōto v. 1148 - ? 1223).


À la fin du xiie s., le Japon connaît d’importants bouleversements sociaux qui se terminent par la victoire d’un gouvernement militaire. Peu à peu, un art nouveau et réaliste se fait jour, et, dans le domaine de la sculpture, à la beauté idéalisée de l’époque précédente succèdent une vigueur et un naturalisme caractéristiques d’une classe sociale à l’esprit pratique : celle des guerriers. Parallèlement, de nouvelles sectes religieuses, ne trouvant plus appui auprès de l’aristocratie, se tournent vers les classes populaires avec un langage simple et des images proches de la réalité quotidienne. Les grands sanctuaires de Nara*, dévastés par les guerres civiles, sont restaurés par des artistes qui sont ainsi amenés à se familiariser avec les chefs-d’œuvre imprégnés de réalisme du viiie s. Ces hommes, enfin, doivent accueillir une nouvelle vague d’influences chinoises dès lors que reprennent, dans la seconde moitié du xiie s., les relations avec l’empire des Song.

Tous ces facteurs se conjuguent pour que la sculpture japonaise s’épanouisse une fois encore. Elle trouve sa meilleure expression dans l’art d’un maître de génie, Unkei. On sait peu de chose sur la vie de celui-ci. Il serait le fils du sculpteur Kobei, lui-même descendant du célèbre Jōchō*, fondateur, à Kyōto, de l’« école de la septième rue ». Succédant à son père et entouré de collaborateurs de valeur comme Kaikei, Unkei va redonner à cet atelier tout son prestige. Vers 1190, il est chargé de la restauration de nombreux temples de Nara, tâche qu’il poursuivra jusqu’à sa mort et qui lui vaudra les titres les plus honorifiques de la hiérarchie bouddhique ainsi qu’une très belle carrière officielle.

Ses premières œuvres ne sont pas encore celles d’un esprit novateur, mais plutôt le fruit de la technique parfaite et traditionnelle d’un homme de talent. Ainsi, le Dainichi Nyorai de l’Enjō-ji à Nara, daté de 1176, garde bien des éléments classiques, infléchis toutefois dans le sens des recherches de l’époque : mouvement des bras plus souple, visage plus animé, haute coiffure dans le style des Song.

Unkei doit sa renommée aux œuvres de sa maturité. Parmi les plus célèbres se trouvent les deux gardiens géants de la grande porte sud du temple Tōdai-ji à Nara. Ces colosses, d’environ 8 m de haut, ont été exécutés en 1203 avec la collaboration de Kaikei et de seize assistants. Leur position dynamique et bien équilibrée, leur expression menaçante, leurs gestes brusques et violents, soulignés par des muscles tendus, leur confèrent un air de virilité tout en définissant un nouvel expressionnisme. C’est grâce à la technique par pièces assemblées (yosegi) de Jōchō, qu’il porte à la perfection, qu’Unkei, plus libre par rapport à la matière qu’il travaille, permet au réalisme de s’épanouir. Les yeux de cristal, encastrés dans les orbites creuses selon une méthode neuve, ne font qu’accentuer l’allure terrifiante des personnages.

Bien d’autres œuvres — portraits de Seshin et de Muchaku au Kōfuku-ji de Nara, Jizō Basatsu du Rokuharamitsu-ji de Kyōto... — témoignent de tout ce qu’Unkei, tant par sa qualité spirituelle que par ses innovations pratiques, a apporté au style de cette période Kamakura. Malheureusement, ses élèves, parmi lesquels ses fils, Tankei, Kōben et Kōshō, perdront vite cette belle vigueur, et la sculpture japonaise tombera, à partir des xive-xve s., dans la redite et la virtuosité.

M. M.

Updike (John)

Écrivain américain (Shillington, Pennsylvanie, 1932).


John Updike apparaît comme l’un des écrivains américains les plus représentatifs de sa génération. L’un des plus variés aussi : il a publié cinq romans, dont deux « best-sellers », quatre recueils de nouvelles, trois volumes de poésie et un recueil d’Assorted Prose (1965), qui groupe des études, des portraits, des pastiches et des articles de critique littéraire. Écrivain très cultivé, un peu sophistiqué, il se signale par une certaine préciosité : il aime la sonorité et la texture des mots, l’ampleur des phrases et manie la langue avec une virtuosité que certains trouvent éblouissante, mais d’autres trop recherchée. « C’est le malheur d’Updike, écrit Norman Mailer, d’être invariablement honoré pour son style et insuffisamment reconnu pour ses dons. Il pourrait devenir le meilleur de nos écrivains littéraires. Dommage qu’il cultive ce vice privé qu’il partage avec tant d’autres jeunes écrivains : le style pour l’amour du style. »

C’est que John Updike est d’abord poète. Mais il fut marqué dès l’enfance, dans un milieu très pauvre, par « un monde réduit au silence par ces deux grandes catastrophes, la grande crise économique des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale ». Il est né dans une petite ville de Pennsylvanie, Shillington, qu’il décrit dans plusieurs de ses livres sous le nom d’Olinger. Il reçoit une éducation très stricte, qui laissera une empreinte puritaine perceptible. À force de sacrifices, il fait d’excellentes études littéraires à Harvard, puis des études de dessin à Oxford, en Angleterre, qui lui donnent un sens aigu de l’observation et de la description précise. Il commence sa carrière au New Yorker, qui est la revue « chic », l’expression d’un dandysme de confection caractéristique des débuts de la société de consommation. Entre publicité léchée et dessins humoristiques, il y apprend le style « boutique », élégant et désinvolte, avec une pointe de désenchantement sophistiqué. Il y publie ses premiers textes, poèmes, essais et nouvelles, dans le style précis, mais maniéré de la revue.