Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

types sociaux (suite)

Dans bien des cas, les sociologues ont recours à des typologies dualistes, qui opposent deux à deux des formes sociales, de telle sorte qu’on puisse placer les réalités observées dans l’une ou l’autre catégorie, ou bien les situer sur une échelle entre les deux extrêmes. C’est de cet ordre qu’est par exemple la distinction établie par plusieurs sociologues allemands entre communauté (Gemeinschaft) et société (Gesellschaft), ou bien l’antinomie entre type progressif et type traditionnaliste, entre type démocratique et type autoritaire ou encore l’antithèse établie par Ruth Benedict entre sociétés apolliniennes et sociétés dionysiennes (v. culturalisme). On peut aussi retenir seulement un des types possibles dans un éventail plus large et le définir par un certain nombre de critères. Cela permet d’orienter des recherches pour classer les exemples observés selon qu’ils se rapprochent plus ou moins de ce type, et, par suite, trouver des variables associées. Une étude de ce genre a été consacrée par Adorno* et ses collaborateurs à un type d’attitude sociale que ces auteurs appellent la « personnalité autoritaire » et qu’ils mettent en relation, expérimentalement, avec l’ethnocentrisme et aussi avec certains types de rapports familiaux.

Ainsi, sous des formes diverses, les sciences humaines utilisent des classifications entre des types sociaux qui permettent de dépasser la simple observation des réalités.

J. C.

 F. J. Tonnies, Gemeinschaft und Gesellschaft (Leipzig, 1887, 8e éd., 1935 ; trad. fr. Communauté et société. Catégories fondamentales de la sociologie pure, P. U. F., 1946). / E. Durkheim, les Règles de la méthode sociologique (Alcan, 1895). / M. Weber, Gesammelte Aufsätze zur Religionssoziologie, t. I : Die protestantische Ethik und der Geist des Kapitalismus (Tübingen, 1920, nouv. éd., 1947 ; trad. fr. Études de sociologie de la religion, t. I : l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Plon, 1964) ; Gesammelte Aufsätze zur Wissenschaftslehre (Tübingen, 1947, nouv. éd., trad. fr. partielle Essais sur la théorie de la science, Plon, 1965). / T. W. Adorno et coll., The Authoritarian Personality (New York, 1950 ; nouv. éd., 1969). / G. Gurvitch, la Vocation actuelle de la sociologie (P. U. F., 1950 ; nouv. éd., 1957-1963, 2 vol.). / D. Riesman, The Lonely Crowd (New Haven, Conn., 1950 ; trad. fr. la Foule solitaire, Arthaud, 1964). / G. Gurvitch (sous la dir. de), Traité de sociologie (P. U. F., 1958 ; 2 vol.). / M. McLuhan, Understanding Media. The Extensions of Man (New York, 1964, nouv. éd., 1973 ; trad. fr. Pour comprendre les media, les prolongements technologiques de l’homme, Éd. du Seuil et Mame, 1968). / F. McKinney, « Constructive typology and social research », in J. T. Doby (sous la dir. de), An Introduction to Social Research (Harrisburg, 1965 ; 2e éd., New York, 1967).

typhoïde (fièvre)

Maladie infectieuse, contagieuse, endémo-épidémique, due à des Salmonelles (bacille typhique [d’Eberth] ou paratyphique A, B ou, plus rarement, C).


La gravité de la fièvre typhoïde, ou « typhoïde », et sa fréquence ont diminué depuis l’apparition de l’antibiotique spécifique, le chloramphénicol, mais cette maladie s’observe encore du fait de la négligence en face de la vaccination (d’efficacité d’ailleurs incomplète) et de l’hygiène, souvent encore insuffisante.

L’Homme est en principe le seul porteur de germes (malade, convalescent ou porteur sain), qu’il élimine surtout dans ses selles.

La contagion peut être directe ou indirecte (eau, crudités, coquillages, lait, etc.).

Les épidémies sont plus rares qu’autrefois, mais les formes sporadiques plus fréquentes.


Physiopathologie

Le germe passe la barrière intestinale et colonise les ganglions lymphatiques mésentériques, puis se multiplie et est déversé dans le sang (septicémie). C’est la toxine du germe qui est responsable des signes cliniques et des complications en agissant notamment sur le système neurovégétatif, qu’elle dérègle.


Signes cliniques

Dans la forme typique, après une incubation de 10 à 15 jours, le début est marqué par une ascension thermique progressive, des troubles digestifs, des céphalées, des épistaxis (saignements de nez). L’examen montre un abdomen gargouillant, une grosse rate et surtout un pouls dissocié (plus lent que ne le voudrait la température).

Au 8e jour s’observent une fièvre en plateau, des troubles de la conscience (tuphos), des troubles digestifs, la dissociation du pouls. L’abdomen est ballonné, gargouillant, la splénomégalie quasi constante. On peut observer des taches rosées lenticulaires sur la peau de l’abdomen.

L’évolution spontanée était marquée dans les formes favorables par une défervescence progressive avec une longue convalescence. Les complications étaient fréquentes : hémorragies ou perforations intestinales, défaillance cardiaque.

Depuis le chloramphénicol, l’évolution est plus rapide : la chute de la fièvre se fait en quelques jours, la convalescence est brève. Deux coprocultures négatives affirment que le sujet n’est pas porteur de germes.

Des rechutes sont possibles (5 p. 100 des cas), surtout en cas de traitement insuffisant.

Les formes cliniques sont nombreuses :
— formes brutales débutant par une complication ;
— formes malignes avec syndrome hémorragique ;
— formes atténuées avec tableau fruste.
La maladie est souvent brutale chez l’enfant ; elle peut s’observer chez le vacciné.

Les complications peuvent être digestives (hémorragies intestinales, perforations intestinales ou localisations hépato-biliaires [cholécystite] sources de portage de germe, de rechute) ; cardio-vasculaires avec risque de myocardite, de phlébite ou d’artérite ; neuro-méningées (méningite, encéphalite) ; ostéo-articulaires avec risque d’arthrites ; rénales, hématologiques, sensorielles, oculaires ou auditives.

Le diagnostic soupçonné par la clinique est affirmé par la biologie : la leucopénie (baisse du nombre des leucocytes) oriente. Les hémocultures, la coproculture isolent le germe et affirment le diagnostic.

Le sérodiagnostic de Widal et Felix met en évidence l’ascension du taux des anticorps de type O et H, mais il est parfois d’interprétation difficile.