Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

tuberculose (suite)

Chez le sujet plus âgé, la primo-infection, qui peut prendre l’aspect d’une pleurésie, d’un ganglion cervical, etc., s’accompagne rarement de dissémination, mais fait courir un risque ultérieur d’évolutivité tuberculeuse. Un érythème noueux (éruption sur la peau de nodules durs et douloureux) peut s’observer. Mais la primo-infection peut être totalement muette. Seul le virage de la cuti à la tuberculine témoigne alors de l’infection tuberculeuse.

Les adultes jeunes non infectés, non vaccinés par le B. C. G. peuvent faire une primo-infection. Il s’agit souvent d’un infiltrat pulmonaire avec positivation de la cuti.


Tuberculose postprimaire

La tuberculose postprimaire est, avant tout, pulmonaire. Cette tuberculose pulmonaire peut survenir de longues années après la primo-infection. Elle évolue de manière chronique vers la fibrose cicatricielle.

Son début est insidieux avec asthénie et fébricule vespérale. La fièvre est bien supportée, mais la perte de poids et la toux attirent l’attention.

Les signes cliniques d’examen sont habituellement pauvres, sauf en cas de lésions importantes d’emblée. La radiographie pulmonaire a une importance diagnostique fondamentale, ainsi que la comparaison des clichés, montrant des opacités correspondant à des infiltrats pouvant évoluer par perte de substance vers les cavernes creusées par l’élimination du caséum postnécrotique, très bacillifère.

On peut observer des crachats de sang, ou hémoptysies, soit minimes (ulcérations bronchiques), soit graves par rupture vasculaire. Des pleurésies peuvent apparaître au voisinage de lésions pulmonaires. L’épanchement pleural peut régresser spontanément. Le traitement doit être institué dès que les examens (ponction du liquide, examen cytobactériologique, biopsie pleurale, examen et culture du liquide de tubage gastrique) ont permis d’affirmer le diagnostic.

Des pneumonies tuberculeuses, des empyèmes de la grande cavité pleurale, des tuberculoses du larynx, des bronches ont été décrits, ainsi que des atteintes secondaires du tractus digestif gastro-intestinal (en particulier iléon terminal), contaminé par la déglution des bacilles.

Le diagnostic de la tuberculose pulmonaire peut se poser dans les cas d’infections à germes banals (pneumonie), d’infections à levure, de sarcoïdose (v. lymphogranulomatose), du cancer du poumon.


Tuberculose des autres organes

Des infections tuberculeuses localisées chroniques peuvent s’observer au niveau de nombreux organes.

La tuberculose ganglionnaire peut atteindre les ganglions du poumon, notamment à son hile ; elle peut se compliquer de fistule bronchique.

Habituellement, on rencontre plutôt des adénopathies cervicales chroniques (scrofules), qui s’observent surtout avec le bacille bovin. La peau peut se fistuler. La chimiothérapie doit être alors prolongée.

La tuberculose génito-urinaire est relativement fréquente. La tuberculose rénale est rarement dépistée avant la constatation de lésions épididymaires ou d’une cystite avec hématurie microscopique et présence de leucocytes dans les urines.

La radiographie peut seule préciser le type anatomique des lésions. L’atteinte génitale est toujours, chez l’homme, secondaire à la tuberculose rénale. Elle atteint épididyme, prostate et vésicules séminales.

Chez la femme, la tuberculose génitale touche d’abord les trompes (salpingite) et s’observe surtout quand la primo-infection survient en période d’activité génitale, c’est-à-dire de la puberté à la ménopause.

La symptomatologie est souvent pauvre et peut être limitée à la stérilité, complication habituelle.

La tuberculose osseuse se rencontre essentiellement lorsque la primo-infection survient pendant l’enfance, au moment où les épiphyses fertiles sont en pleine activité. Elle s’observe surtout dans les trois années suivant la primo-infection et atteint surtout la hanche, le poignet, le genou, le coude.

La spondylite tuberculeuse, ou mal de Pott, peut être d’origine sanguine ou ganglionnaire. Le disque intervertébral est détruit précocement. Un abcès paravertébral peut s’observer sous forme d’un fuseau. Le risque majeur est mécanique avec possibilité de compression de la moelle épinière. La chimiothérapie doit parfois être complétée par la chirurgie.

La péritonite tuberculeuse peut avoir pour origine une contamination d’origine intestinale, ganglionnaire, tubaire ou sanguine. L’ascite (épanchement liquide dans le péritoine) est un symptôme majeur.

Les péricardites tuberculeuses sont très sévères lorsqu’elles évoluent vers la constriction du cœur par calcification, imposant une intervention chirurgicale.

Une insuffisance surrénalienne peut être liée à une localisation tuberculeuse : c’est la maladie d’Addison (v. surrénales [capsules]).

Les méningites tuberculeuses, autrefois toujours mortelles, restent graves. Elles sont bien moins fréquentes chez les petits enfants depuis la généralisation de la vaccination par le B. C. G. Le syndrome méningé conduit à faire une ponction lombaire qui permet le diagnostic. Mais celui-ci n’est pas toujours facile à établir. Il importe de traiter le malade sans attendre les résultats des cultures lorsque l’examen direct est négatif. Des syndromes de sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique (pitressive) peuvent s’observer au cours des méningites tuberculeuses.

Les tuberculoses disséminées peuvent se propager silencieusement par voie sanguine (primo-infection). Mais la tuberculose aiguë miliaire montre que cette propagation peut être explosive.

Cette miliaire, ainsi nommée parce que chacune des innombrables lésions a la taille d’un grain de mil, peut survenir aussitôt après la primo-infection, mais parfois longtemps après. Elle s’observe fréquemment chez le transplanté (non vacciné). La fièvre, l’altération de l’état général et la leucopénie sont des signes d’orientation. L’aspect miliaire de la radio pulmonaire, la biopsie hépatique permettent souvent le diagnostic.

Certaines formes peuvent évoluer de manière moins aiguë. C’est ici que les examens histologiques (foie) peuvent permettre de résoudre des problèmes difficiles.