Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

Trucial States (suite)

Mais ce sont les découvertes pétrolières récentes qui ont transformé de façon décisive la vie des émirats (la seule autre ressource minérale étant constituée par les gisements d’oxyde de fer exploités dans l’île d’Abū Mūsā, dépendance de Chārdja). La production pétrolière a commencé à Abū Ẓabī en 1962 (British Petroleum et Compagnie française des pétroles), pour atteindre 65 Mt en 1975 ; à Dubayy en 1969, pour atteindre 12 Mt dès 1974 ; à Chārdja en 1974, pour s’élever déjà à 2 Mt l’année suivante. Les revenus procurés par un pétrole presque totalement exporté assurent un développement extrêmement rapide et provoquent les mêmes phénomènes d’afflux de population étrangère que dans les émirats pétroliers d’essor plus ancien. La population totale comptait 37 p. 100 d’étrangers dès 1968. Le pourcentage atteignait 55 p. 100 à Abū Ẓabī et 75 p. 100 dans la ville du même nom. L’originalité de la Trucial Coast est que cette immigration est plus indienne et iranienne qu’arabe. À Abū Ẓabī, 42 p. 100 des étrangers sont Iraniens et 32 p. 100 Indo-Pakistanais.

X. P.


L’histoire

Au xixe s., cette région était peuplée de pirates qui menaçaient les activités commerciales des Anglais dans le golfe Persique, et c’est pour cette raison qu’on l’appelle également Côte des Pirates.

En mai 1853, les Britanniques signaient, avec les principaux chefs des pirates, un traité de paix perpétuelle (truce) qui préludait à un siècle de prédominance anglaise absolue dans ces pays. La Côte des Pirates prit alors le nom d’États de la Trêve (Trucial States) ou d’Oman de la Trêve (Trucial Oman).

Cependant, la piraterie persista ; elle ne disparut complètement qu’un peu avant la Seconde Guerre mondiale. La Grande-Bretagne partagea la région en sept petites principautés : Abū Ẓabī, Dubayy, Chārdja, Fudjayra, ‘Adjmān, Umm al-Qīwayn, Ra’s al-Khayma. La domination anglaise était assurée par un officier politique qui dépendait du résident politique du golfe Persique. En mars 1892, les princes des États de la Trêve s’engageaient par traité à n’avoir de rapports qu’avec la Grande-Bretagne et à lui remettre leur souveraineté externe en échange de sa protection, surtout contre le puissant voisin Saoudite. En 1911-12, enfin, des accords donnaient l’exclusivité à la Grande-Bretagne en matière d’exploitations pétrolières et perlières.

En 1955, un conflit surgit entre Abū Ẓabī, soutenu par la Grande-Bretagne, et l’Arabie Saoudite*, à propos de la possession de l’oasis de al-Buraymī. Dans ces étendues désertiques, les frontières sont mal fixées et dépendent du désir de chaque État de déterminer les limites entre les concessions pétrolières respectives.

Le 2 décembre 1971, six des principautés des États de la Trêve décidèrent de se fédérer en un État des émirats arabes unis ; le septième, Ra’s al-Khayma, rejoignit la Fédération le 10 février 1972.

Deux jours avant l’indépendance de la Fédération, le 30 novembre 1971, l’Iran s’empara de trois îlots du détroit d’Ormuz qui verrouillent le golfe Persique et qui appartenaient aux principautés de Chārdja et de Ra’s al-Khayma. À la suite de cet événement, une tentative de coup d’État a eu lieu à Chārdja ; il a avorté, mais le cheikh a été assassiné (25 janv. 1972). En juin 1972, un conflit frontalier entre Chārdja et Fudjayra a pris fin après l’intervention des troupes d’Abū Ẓabī.

Au lendemain de l’indépendance, la Fédération s’est dotée d’un conseil suprême composé des souverains de chaque principauté, d’un gouvernement et d’une assemblée consultative. Le président de la Fédération, Zāyid ibn Sultān al-Naḥyān, est aussi gouverneur d’Abū Ẓabī. En décembre 1973, le gouvernement d’Abū Ẓabī et le gouvernement fédéral des Émirats arabes unis constituent un gouvernement fédéral unique, installé à Abū Ẓabī sous la présidence du cheikh al-Naḥyān.

P. P. et P. R.

➙ Arabie.

 A. T. Wilson, The Persian Gulf (Oxford, 1928 ; 2e éd., Londres, 1954). / J. J. Berreby, les Principautés du golfe Persique (la Documentation fr., « Notes et études documentaires », 1956) ; le Golfe Persique (Payot, 1959). / C. Mann, Abu Dhabi : Birth of an Oil Sheikdom (Beyrouth, 1964). / K. G. Fenelon, The Trucial States, a Brief Economic Survey (Beyrouth, 1967). / D. Hawley, The Trucial States (Londres, 1970).

truffe

Nom donné aux conceptacles souterrains des Champignons ascomycètes du genre Tuber ou d’autres Tubérales et, par extension, des Gastéromycètes hypogés (Hymenogaster, Hydnangium), ou fausses truffes.


Les Tubérales sont des Discomycètes, pour la plupart adaptés à la vie souterraine, dont la fructification est un conceptacle de consistance charnue ou coriace, plus ou moins globuleux, bosselé ou irrégulier ; l’hyménium tapisse la cavité, qui est simple ou densément contournée.

En coupe longitudinale, ces Champignons présentent une paroi externe, ou péridium, correspondant au réceptacle des Pézizes, de teinte claire (blanc sale ou ocracé) ou brun noir, lisse ou granuleuse, ou ornée de verrues polyédriques, et une masse centrale fertile, ou glèbe, parcourue de veines sombres qui délimitent l’hyménium. Chez quelques espèces (Tuber œstivum), les veines communiquent avec l’extérieur par plusieurs pores ; T. excavatum offre une cavité basale qui se prolonge en digitations dans la glèbe. Les asques sont globuleux et contiennent un nombre de spores généralement inférieur à huit (souvent deux à quatre) ; les ascopores globuleuses ou ovoïdes ont une paroi rigide, pigmentée et ornée d’épines ou d’un réseau supplémentaire alvéolé.

Les différents genres et espèces de Tubérales ont été rattachés à plusieurs lignées issues de Pézizes charnues, operculées, adaptées à des conditions de plus en plus strictement hypogées ; les superœ, à pore sommital (Genea, Pseudobalsamia), seraient apparentés aux Aleuria ; les inferœ, à dépression ou pore basal (la plupart des Tuber), sont issus des Lachnea, et les ubiquariœ, sans symétrie axiale (Geopora, Balsamia), dérivent des Sepultaria arénicoles.