Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

transport (suite)

Pathologie des transports


Mal du mouvement ou mal des transports, cinétoses

On groupe sous les noms de mal du mouvement et cinétoses un ensemble de troubles provoqués par les déplacements d’un support mobile, communiquant à l’organisme des accélérations ou des décélérations plus ou moins brutales ou plus ou moins fréquentes (R. Copin). Ces phénomènes sont expérimentalement reproductibles, et le tableau clinique est le même quel que soit le mode de transport en cause.

• Le mal de mer. C’est le plus anciennement connu : Plutarque, Hippocrate, Montaigne le décrivent. Surtout étudié depuis le début du xe s., il est dû au roulis, au tangage et aux changements de cap, auxquels peuvent s’ajouter des facteurs favorisants : odeur, confinement, chaleur, vibrations, etc. Le mal de mer, encore appelé naupathie, est très fréquent, mais 95 p. 100 des sujets normaux peuvent s’adapter aux voyages maritimes, cette adaptation s’appelant amarinage. Les symptômes du mal de mer apparaissent progressivement, débutant par des troubles psychiques (sensation de malaise, perte de l’entrain) accompagnés de bâillements, de pâleur, de salivation, de sueurs froides, de mal de tête, de vertiges ainsi que d’un dégoût du tabac et de la nourriture. Puis surviennent des nausées et des vomissements, par crises. Le sujet devient petit à petit prostré, inerte, indifférent à tout. Lipothymie et syncope* sont possibles. Le retour au calme amène rapidement la réduction de tous les symptômes. Le point de départ du mal de mer est situé dans les voies nerveuses de l’équilibre, ou voies vestibulaires (naissant du vestibule de l’oreille interne [v. oreille]). Les excitations nerveuses nées des mouvements vont exciter le centre du vomissement (situé dans le bulbe) et probablement les noyaux d’origine des nerfs pneumogastriques, ou nerfs vagues, d’où la prédominance des signes dits « vagotoniques » : sueurs, nausées, etc. Indéniablement, un facteur psychique vient majorer la symtomatologie.

Traitement du mal de mer. Il comporte un régime alimentaire facilement assimilable, sans alcool, un repos allongé, tête légèrement inclinée vers l’arrière, et quelques médicaments capables de calmer le système parasympathique : atropine et alcaloïdes de la jusquiame. Plus récemment ont été introduits les antihistaminiques. Ces médicaments sont dénommés pour la circonstance antinaupathiques. La plupart d’entre eux peuvent déclencher des effets secondaires (somnolences) et il convient de ne pas en abuser.

• Mal des chemins de fer, mal d’auto. Les malaises provoqués par les voyages en chemin de fer sont rares et généralement peu intenses. Le plus souvent, il s’agit de simples migraines déclenchées par les multiples petits chocs du voyage. Le mal des automobiles est par contre plus fréquent, mais l’accoutumance est rapide. Le traitement est semblable à celui du mal de mer ; on peut y ajouter des médicaments agissant sur la vaso-motricité cérébrale.


Pathologie des transports aériens

Le mal de l’air connaît les mêmes causes, les mêmes signes cliniques et le même traitement que le mal de mer. Mais les transports aériens engendrent d’autres troubles.
1. L’altitude provoque des effets chimiques sur l’organisme : la baisse de la quantité d’oxygène inhalé, si elle se produit, entraîne des troubles dus à l’anoxie* (troubles respiratoires et circulatoires) ; la baisse de pression de l’azote peut se traduire par des embolies gazeuses, soit articulaires, soit nerveuses.
2. L’altitude entraîne une dépression des gaz libres contenus dans les cavités naturelles de l’organisme et leur expansion, provoquant des otites ou sinusites barotraumatiques, des ballonnements digestifs.
3. Les accélérations et décélérations, le bruit, le froid, les radiations ionisantes sont autant de facteurs qui peuvent agir sur l’organisme. Toutefois, les aménagements des avions réduisent au minimum la plupart de ces causes nocives (v. aéronautique [médecine]).


Pathologie des cosmonautes

Ceux-ci se déplacent dans un milieu où les agressions sont nombreuses : apesanteur, température basse (pouvant descendre à – 56 °C), radiations ionisantes, météorites, champ magnétique. Le confort est très restreint. L’isolement peut entraîner des troubles psychiques. La caractéristique principale est de mettre l’homme, comme l’ensemble des objets contenus dans l’habitacle, en état d’apesanteur. Paradoxalement, c’est l’un des problèmes les plus facilement résolus par la sélection et l’entraînement des cosmonautes (v. aérospatiale [médecine]).


Accidents de transport

Les accidents de transport sont en nombre croissant. Y prédominent les accidents automobiles et les accidents de piétons. Leur incidence médicale et sociale, très importante, pose de nombreux problèmes de chirurgie, de réadaptation fonctionnelle, de reclassement professionnel. (V. accident, trauma et traumatisme.)

J.-C. D.

transport (aviation militaire de)

Subdivision d’arme chargée des transports, par voie aérienne, du personnel, de matériels et de frets de toute nature.


Dans le transport aérien, on distingue l’aéroportage, qui se termine par le largage en parachute du personnel et du matériel, de l’aérotransport, qui livre la cargaison emportée par atterrissage sur le terrain d’arrivée. L’aviation militaire de transport a parfois recours à l’appoint d’appareils civils réquisitionnés ou conventionnés pour accroître son potentiel, mais, les appareils civils n’étant aptes qu’à l’aérotransport, les forces aériennes sont équipées en priorité d’avions-cargos spécialisés, mieux adaptés aux autres missions.


Des aéroportés au transport aérien militaire

C’est au cours de la Première Guerre mondiale que sont expérimentées les possibilités militaires de transport par avions. Apparues d’abord sous forme d’actions de commandos déposés en arrière des lignes adverses, elles connaîtront un développement spectaculaire au cours de la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci se traduira d’abord par l’emploi généralisé et intensif des troupes aéroportées, qui, chez les Allemands, puis chez les Alliés, passeront de l’échelon du détachement ou de la compagnie en 1940 à celui d’une armée aéroportée de trois divisions, engagée par les Britanniques à Arnhem en septembre 1944 (v. aéroporté).