Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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traitement thermique (suite)

 L. Guillet, Trempe, recuit, revenu. Traité théorique et pratique (Dunod, 1931) ; la Cémentation des produits métallurgiques et sa généralisation (Dunod, 1935 ; 2 vol.). / M. A. Grossmann, Principles of Heat Treatment (Cleveland, 1935 ; 5e éd., Metals Park, Ohio, 1964). / E. C. Bain, Functions of the Alloying Elements in Steel (Cleveland, 1939, 2e éd. avec la coll. de H. W. Paxton, Alloying Elements in Steel, Metals Park, Ohio, 1961 ; trad. fr. les Éléments d’addition dans l’acier, Dunod, 1968). / I. Jenkins, Controlled Atmospheres for the Heat Treatment of Metals (Londres, 1946 ; trad. fr. les Atmosphères contrôlées dans le traitement thermique des métaux, Dunod, 1953). / W. Ordinanz, Einführung in das Härten (Munich, 1956 ; trad. fr. Introduction à la trempe, Dunod, 1961). / G. de Smet, la Pratique des traitements thermiques des métaux industriels (Dunod, 1957). / M. Vilez, la Trempe superficielle au chalumeau oxyacétylénique (Dunod, 1961). / American Society for Metals, Metals Handbook, t. II : Heat Treating, Cleaning and Finishing (Metals Park, Ohio, 1964). / C. Chaussin, Manuel pratique des traitements thermiques de l’acier (Dunod, 1967). / Société suisse des traitements thermiques, le Traitement thermique des aciers de construction et des aciers à outils (Lausanne, 1967 ; 2 vol.). / L. Colombier, les Aciers à outils et leur traitement thermique (Pyc-édition, 1971). / I. Lakhtine, Métallographie et traitements thermiques des métaux (trad. du russe, Moscou, 1971).

Trajan

En lat. Marcus Ulpius Trajanus (Italica 53 - Selinonte, Cilicie, 117), empereur romain (98-117).


Son père avait été consul suffect, gouverneur de Syrie et proconsul d’Asie. Sa famille étant originaire de Bétique, Trajan fut le premier empereur d’origine provinciale. Il fit preuve de zèle militaire dès sa jeunesse, prolongeant son service de tribun une dizaine d’années. Légat de légion en Espagne, puis sur le Rhin, il fut toujours au contact des soldats et à l’abri des intrigues de la capitale.


Le bon empereur

Grand meneur d’hommes, bon organisateur, Trajan était très populaire auprès de ses troupes ; quand la mort de l’empereur Nerva, qui l’avait adopté, lui donna le pouvoir, il reçut des Romains un bon accueil. Le sénat ne devait pas tarder à lui accorder le surnom d’Optimus (« le Meilleur »). Il est vrai que Trajan s’annonçait comme un respectueux collaborateur de la vénérable institution. Après s’être gagné la faveur des soldats, il s’acquérait celle du sénat, en optant pour un gouvernement essentiellement civil et sénatorial. Ce faisant, il prêtait à comparaison avec Auguste. Il faut, toutefois, faire la part de la légende et admettre aujourd’hui que sa politique fut plus absolutiste et autoritaire qu’on ne l’a longtemps admis. L’essentiel est que le sénat ait été d’accord. Trajan avait promis de renoncer aux persécutions traditionnelles des empereurs envers le sénat : loi de majesté, confiscations. Il se montrait déférent à l’égard des pères. Il gardait le dernier mot, mais conservait la façade des délibérations sénatoriales, en instituant même le vote secret et quelques autres améliorations de procédure.

Sa correspondance avec Pline le Jeune, à la fois écrivain et gouverneur de province, permet d’entrevoir ses rapports avec ses hauts fonctionnaires, son autorité, la clarté de ses vues, qui contrastent avec les attitudes timorées de ceux-ci. C’est aussi un document classique de l’histoire du christianisme primitif. Pline demande à l’empereur la conduite à tenir à l’égard des chrétiens. Trajan répond qu’il faut châtier les chrétiens, mais non les traquer systématiquement, et il reste évasif sur diverses questions posées : longtemps, le cas des chrétiens demeurera une cause d’embarras pour les juges romains. Au demeurant, la religion personnelle de Trajan n’est connue que dans sa dévotion particulière à l’Hercule de Gadès, tradition familiale sans doute, et dans sa piété banale à l’égard des divinités classiques.

Le cas des chrétiens laissé de côté, l’administration de la justice a bénéficié de l’intervention de l’empereur, ferme, équitable et personnelle : celui-ci aimait à juger en personne. Il persécuta violemment les délateurs, ne tint pas compte des dénonciations anonymes, défendit les droits des enfants. Par contre, il se soucia peu des esclaves et étendit l’usage de la question pour obtenir leurs témoignages.

Provincial, il ne se désintéressa pas des provinces. S’il eut peu d’influence, peut-être, dans la répression des exactions des gouverneurs des provinces sénatoriales, dont le cas relevait officiellement du seul sénat, il fit preuve d’intérêt à l’égard de toutes questions. Il étendit l’institution des curatores civitatis, fonctionnaires chargés de surveiller la gestion des finances des cités : celles-ci, débordant parfois de passion pour les somptueuses constructions édilitaires et soutenues par le mécénat local, se lançaient dans les aventures financières. Parmi les créations les plus originales du règne figurent les institutions alimentaires, qui, grâce à une opération dont la nature commence à être bien connue, permettent à la fois d’aider les petits propriétaires italiens (grâce à des prêts) et d’assurer la subsistance d’enfants de la ville, futures recrues (grâce à l’intérêt desdits prêts).


Les guerres daciques

Soldat dans l’âme, Trajan consacra une grande part de son énergie aux guerres. Des problèmes extérieurs lui avaient été légués par ses prédécesseurs : problème dace sur le Danube, résolu provisoirement par une trêve sous Domitien ; menace parthe toujours latente en Orient. L’armée fut renforcée de deux nouvelles légions et de corps auxiliaires, et les disponibilités furent accrues encore par la diminution des effectifs stationnant sur le Rhin.

Face au danger des Daces (v. Dacie), à leur bastion de Transylvanie, d’où ils menaçaient toujours la frontière, la campagne offensive de 101 n’aboutit pas, l’empereur craignant les embuscades et n’osant pas franchir le défilé qui défendait l’accès de la capitale, Sarmizegetusa. La campagne de 102 se révéla très dure, très sanglante, car la montagne était difficile à pénétrer, et les adversaires s’avérèrent très rusés. Elle aboutit à une paix précaire et à l’occupation d’une partie de la Dacie. L’autre partie se prépara à la revanche sous la direction de son roi, le Décébale. Trajan fit à son tour ses préparatifs d’attaque en 105, en construisant en particulier un pont sur le Danube. Le Décébale attaqua par surprise, tenta de faire assassiner l’empereur et s’empara d’un otage important, Cassius Longinus. Ses manœuvres échouèrent, et Trajan pénétra en Dacie par deux itinéraires qui permirent d’encercler le pays. Il assiégea Sarmizegetusa. Les chefs se suicidèrent au cours d’un banquet. La guérilla devait se poursuivre longtemps encore (107). La guerre fit beaucoup de victimes. Beaucoup de Daces s’expatrièrent, mais le pays, devenu province impériale, fut en partie repeuplé avec des immigrants venus de tout le monde romain.