Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

Tortues (suite)

Pleurodires

Les Pleurodires ne comportent que deux familles.


Pélomédusidés

Espèces tropicales semi-aquatiques des eaux douces d’Afrique et d’Amérique du Sud. Leur allure et leurs mœurs les apparentent beaucoup aux Émydidés.


Chélyidés

Espèces des eaux douces d’Océanie (Australie, Nouvelle-Guinée) ou d’Amérique du Sud, appelées souvent Tortues à cou de serpent. La plus remarquable est la Matamata (Chelys fimbriata) d’Amérique du Sud, à la carapace hérissée et couverte d’Algues. Les indigènes font une consommation intense des œufs des Tortues de ces deux familles.

R. B.

 A. Bellairs, The Life of Reptiles (Londres, 1969 ; trad. fr. les Reptiles, Bordas, 1972). / J. Guibe, « la Systématique des Reptiles actuels », dans Traité de zoologie sous la dir. de P.-P. Grassé, t. XIV, fasc. 3 (Masson, 1970).

Tosa (école des)

École de peinture japonaise dont l’origine remonte au xive s.


C’est elle qui, de l’époque Muromachi (xiv-xvie s.) à l’époque Edo (xviie-xixe s.), va maintenir officiellement la tradition de la peinture profane d’inspiration proprement japonaise, le yamato-e, élaboré aux époques Heian (ix-xiie s.) et Kamakura (xiiie-xive s.).

En effet, le xve s. voit le yamato-e quelque peu supplanté par la peinture monochrome inspirée de la Chine des Song* (960-1279) et des Yuan* (1279-1368), tandis que le déclin politique et financier de l’aristocratie, groupée autour de l’empereur, entrave l’activité des artistes de cour. La direction passe dès le début du xve s. à la famille Tosa, qui prend à titre héréditaire la tête du bureau de peinture de la Cour impériale (e-dokoro), assurant ainsi la continuité de l’art traditionnel japonais. Malgré la montée au pouvoir de la classe guerrière, ce bureau se maintient à la Cour impériale de Kyōto*, tandis que les dirigeants militaires Ashikaga en fondent un autre au sein de leur propre cour, également dirigé par les Tosa. Héritière de la plus ancienne tradition dans l’histoire de la peinture nippone et bénéficiant du double patronage de l’aristocratie et de la classe guerrière la famille Tosa jouit alors de la plus haute position à laquelle puissent prétendre des artistes.

L’arbre généalogique de cette dynastie de peintres, qui fait remonter son origine à la seconde moitié du xiie s., semble n’être qu’une invention du xviie s., puisqu’on n’a pu retrouver le nom de Tosa avant Tosa Yukihiro (début du xve s.). Le père ou le grand-père de ce dernier, Yukimitsu (actif de 1352 à 1389), vraisemblablement le premier de la famille à exercer le métier de peintre, porte le nom de Fujiwara. L’œuvre de Yukihiro est mentionnée dans diverses sources littéraires qui lui sont contemporaines : elles contiennent de nombreuses références à ses peintures bouddhiques et à ses portraits.

Mais l’artiste le plus important de cette école et celui qui en établit le style pictural est Tosa Mitsunobu (v. 1430 - v. 1522). C’est le plus actif des artistes de yamato-e de son époque, et son art est, pour une grande part, un répertoire des meilleures caractéristiques de ce style traditionnel. Son œuvre recouvre une grande variété de sujets : peintures bouddhiques, rouleaux narratifs (e-maki), grands paravents, portraits. Sa série de dix rouleaux verticaux représentant les Dix Rois des Enfers (Jū-ō) est exécutée en couleurs brillantes que ponctuent de puissants coups de pinceau, à la manière de la peinture à l’encre chinoise. Par l’union des vifs coloris du yamato-e et des jeux d’encre, Mitsunobu crée un effet très nouveau, qui dominera la peinture japonaise pendant de longues années. Ce style novateur lui aurait été inspiré par un maître de l’école rivale, Kanō* Motonobu, le mari de sa fille. Ce mariage semble, par ailleurs, avoir livré à l’école Kanō les secrets techniques de la peinture traditionnelle, jalousement conservés par la Cour impériale. Ainsi serait née une synthèse entre le tracé à l’encre aux touches diversifiées et les couleurs brillantes de l’époque Heian. Parmi les plus célèbres e-maki de Mitsunobu, la Légende de Tenjin (Tenjin-engi), de 1503, et l’Histoire du temple Seisui (Seisui-ji-engi), de 1517, font apparaître son talent à dépeindre les activités humaines et à capter le charme et la ferveur religieuse du peuple campagnard. Son fils et élève Mitsumochi († 1559) fait preuve du même talent versatile et du même éclectisme dans le choix des sujets. Mais on lui doit la création d’effets brillants et décoratifs, typiques de la dernière phase du yamato-e.

Les guerres civiles de la fin de l’époque Muromachi détruisent la structure sociale du Japon et menacent la suprématie politique des shōguns Ashikaga. Le fils aîné de Mitsumochi, Mitsumoto (1530-1569), est tué dans une bataille, ce qui interrompt le monopole des Tosa sur le titre de chef de l’e-dokoro impérial. L’existence de ceux-ci devient très précaire à Kyōto, et l’un des derniers représentants de la famille, Mitsuyoshi (1539-1613), doit quitter la capitale pour s’installer dans le port de Sakai, au sud d’Ōsaka. Il y maintient péniblement une activité de peintre sous le patronage de riches marchands. Obligé, parfois, de faire des projets pour l’école Kanō, il lui transmet la technique traditionnelle des coloris. La finesse de son style minutieux est bien représentée dans un album sur le Roman de Genji (Genji-monogatari), l’un des chefs-d’œuvre de la littérature japonaise ancienne, dont l’illustration devient d’ailleurs la spécialité de l’école Tosa.

Vers le milieu du xviie s., les Tosa se rétablissent à Kyōto avec le fils ou l’élève de Mitsuyoshi, Mitsunori (v. 1584-1638), accompagné de son jeune fils Mitsuoki (1617-1691). L’état de guerre incessant de la période Momoyama (1573-1616) a amené des changements radicaux dans la politique et les conditions sociales du pays. C’est l’époque de la grande peinture décorative, inspirée par la classe militaire au pouvoir, et les Tosa sont au bord de l’extinction. Ils regagnent une certaine prospérité grâce au talent de Mitsuoki : celui-ci recouvre en 1654 le titre honorifique de chef de l’e-dokoro impérial, et ses héritiers le conserveront jusqu’au xixe s. Mitsuoki est connu pour ses délicates peintures de fleurs et d’oiseaux, où les caractéristiques du yamato-e se mêlent à celles de certains peintres chinois des Song du Sud. Ces peintures sont des travaux fins et minutieux, aux tons subtils, où dominent les représentations de cailles. On doit aussi à l’artiste de nombreux rouleaux narratifs et des grands paravents.