Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

Tocqueville (Alexis de) (suite)

Le 27 janvier 1848, dans un discours remarqué, Tocqueville annonce l’imminence d’une révolution. Élu représentant du peuple par le département de la Manche (avr.), il se déclare partisan d’une république conservatrice : le général Cavaignac l’envoie à la conférence diplomatique de Bruxelles pour le règlement des affaires d’Italie. Tocqueville combat la candidature à la présidence de Louis Napoléon.

Membre de la Législative en 1849, il accepte le poste de ministre des Affaires étrangères dans le cabinet formé, le 2 juin 1849, par Odilon Barrot. Il prend pour chef de cabinet son ami Arthur de Gobineau. C’est durant son administration qu’a lieu la prise de Rome par les troupes d’Oudinot. Le 30 octobre 1849, il tombe avec le cabinet Barrot, en mésentente avec le président. Quand ce dernier fomente le coup d’État du 2 décembre 1851, Tocqueville est parmi les députés qui, à la mairie du Xe arrondissement, réclament par écrit la mise en accusation de Louis Napoléon : il est interné avec eux à Vincennes.

Libéré, Tocqueville renonce à la vie politique. Il voyage en Italie et en Allemagne et rédige l’Ancien Régime et la Révolution, autre chef-d’œuvre de méthode et d’intuition, qui paraît en 1856 et dont le succès est considérable : l’histoire administrative et économique y est fortement éclairée par l’interprétation comparée des institutions, des idées, des hommes et des classes. Tocqueville meurt à Cannes trois ans plus tard (16 avr. 1859).

Ses œuvres complètes, publiées par G. de Beaumont de 1860 à 1865 et, dans une nouvelle édition, par J. P. Mayer à partir de 1951, comportent notamment, outre les trois ouvrages principaux : Histoire philosophique du règne de Louis XV (1846) ; Coup d’œil sur le règne de Louis XVI (1850).

P. P.

➙ Juillet (monarchie de) / République (IIe).

 E. d’Eichtal, Alexis de Tocqueville et la démocratie libérale (C. Levy, 1897). / G. W. Pierson, Tocqueville and Beaumont in America (New York, 1938). / J. P. Mayer, A Study of Alexis de Tocqueville (Londres, 1940 ; trad. fr. Alexis de Tocqueville, Gallimard, 1948). / Tocqueville, le livre du centenaire, 1859-1959 (C. N. R. S., 1961). / P. Birnbaum, Sociologie de Tocqueville (P. U. F., 1970). / J.-C. Lamberti, la Notion d’individualisme chez Tocqueville (P. U. F., 1970). / J. Nantet, Tocqueville (Seghers, 1971).

Togo

Le plus petit État de l’Afrique occidentale francophone.
Tout en longueur, il s’étend sur 600 km du nord au sud, sa plus grande largeur ne dépassant pas 150 km, et sa façade maritime se limitant à 55 km en bordure du golfe de Guinée. Serré entre le Ghana à l’ouest et le Bénin (Dahomey) à l’est, il touche au nord à la Haute-Volta.



Les régions


Le Sud

La zone côtière comprend un secteur de cordons littoraux sableux et de lagunes (dont le lac Togo, qui a donné son nom au pays) et, à l’intérieur, un plateau sédimentaire tertiaire constitué de sables argileux (terre de barre, fertile, mais où la nappe phréatique est souvent profonde). Le climat est de type subéquatorial : températures élevées et faible variation annuelle ; une saison sèche centrée sur l’hiver, une saison des pluies centrée sur l’été, avec une rémission (petite saison sèche) au mois d’août. Mais, paradoxalement, la pluviométrie est faible (765 mm de pluie à Lomé [moins qu’à Bamako]), la mousson pluvieuse abordant le rivage sous un angle très faible, presque nul.


Le Centre

Cette zone (les neuf dixièmes du territoire) est constituée de plateaux d’altitude modérée (de 100 à 500 m) correspondant au socle précambrien (gneiss et micaschistes), surmontés de reliefs résiduels principalement quartzitiques qui s’alignent du sud-ouest au nord-est, suivant une orientation à peine infléchie par rapport au méridien. À l’extrême sud-ouest se trouve le point culminant (pic Baumann, 986 m). L’Ouest est assez élevé (monts du Togo : plus de 500 m) ; l’Est, relativement déprimé, est occupé partiellement par le bassin hydrographique du Mono, qui, sur les 60 km de son cours inférieur, constitue la frontière avec le Bénin. Plus au nord, les reliefs quartzitiques des monts Bassari et Kabré, prolongés au Bénin par le massif de l’Atakora, prennent le territoire en écharpe. Le climat est tropical (alternance d’une saison sèche et d’une saison de pluies), mais avec un total pluviométrique supérieur à celui de la côte en raison du relief (pluies supérieures à 1 500 mm par an).


L’Extrême Nord

Il comprend une plaine, traversée par l’Oti, affluent de la Volta, entre les monts du Togo et la réapparition du massif ancien, sous forme d’un plateau cristallin, à la frontière de la Haute-Volta. Le climat, tropical, est moins pluvieux qu’au centre, mais plus qu’au sud (Dapango, 1 100 à 1 200 mm de pluies par an).


La population

Au sud, les Éwés, ou Éoués, que l’on retrouve au Ghāna, constituent le principal groupe ethnique du Togo : avec les groupes apparentés (Adjàs, Minas, etc.), ils représentent 45 p. 100 de la population, avec des densités souvent supérieures à 200 habitants au kilomètre carré. Au centre, les Akpossos, Adélés, etc., représentent environ 7 p. 100 de la population. Au nord (y compris l’écharpe montagneuse des monts Bassari et Kabré), on trouve un ensemble de populations se rattachant au groupe linguistique voltaïque (Kotokolis, Bassaris, Konkombas, Kabrés, Betammaribés [connus sous le nom de Sombas au Bénin], etc.).

La population demeure rurale à plus de 80 p. 100. Six localités dépassaient 10 000 habitants en 1970, en dehors de Lomé. Le taux de scolarisation primaire est passé de 44 p. 100 en 1960 à 70 p. 100 en 1969. Après avoir eu avec le Dahomey une université commune (partagée entre Lomé et Porto-Novo), le Togo dispose de sa propre université (université du Bénin) à Lomé depuis 1970.


L’économie

L’agriculture occupe 86 p. 100 de la population active, avec une production largement destinée à l’autoconsommation.