Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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tissu végétal (suite)

D’autres cellules parenchymateuses, à membranes cellulosiques minces, sont associées aux tubes criblés ; elles sont nucléées, riches en amidon et peuvent contenir en outre des tanins, des mucilages... Elles forment parfois des rayons libériens. Enfin, des fibres, plus rares que dans le xylème, assurent le soutien ; leurs parois sont épaissies, et leur lumière étroite. Ces cellules se regroupent souvent en véritables massifs ayant un rôle protecteur.

On distingue dans les organes jeunes un phloème primaire, formé d’un protophloème fonctionnel pendant le développement de l’organe, et disparaissant rapidement par écrasement, et d’un métaphloème, qui se constitue ensuite et persiste plus longtemps. Le liber, ou phloème secondaire, dépourvu de cellules compagnes, avec ou sans fibres, possède chez les Gymnospermes des rayons libériens ; il est plus complexe chez les Angiospermes ; dans les arbres, il est au contact de l’écorce (d’où son nom).


Tissus de soutien

On en connaît deux types : le collenchyme, à parois cellulosiques, et le sclérenchyme, lignifié.


Le collenchyme

Le collenchyme se trouve dans les végétaux herbacés ou dans les parties tendres des végétaux ligneux (pétioles des feuilles). Ses cellules, vivantes, ont des parois épaissies par de la cellulose, pure pour certains auteurs ou mélangée de pectine pour d’autres.

Les épaississements peuvent être surtout localisés au niveau des angles des cellules (collenchyme angulaire : Bégonia, Datura) ; ailleurs (Magnolia, Aucuba, Hellébore, Lierre), la membrane comble les méats (collenchyme annulaire). Parfois (Sureau), les accumulations cellulosiques ne touchent que les parois tangentielles des cellules (collenchyme tangentiel). Ce tissu est localisé soit à la périphérie de l’organe (tige de Sureau), soit en bandes longitudinales, formant ainsi des côtes (tiges anguleuses des Labiées par exemple) ou des renforcements (le long des nervures de feuilles de Houx). Il constitue un ensemble à la fois souple et résistant, permettant à la plante de supporter flexions et tractions légères.


Le sclérenchyme

Il est formé de cellules mortes précocement et qui possèdent des parois épaisses, lignifiées, très pauvres en eau et imperméables. Les fibres sclérenchymateuses sont allongées (plusieurs centimètres de long), jusqu’à 15 000 fois plus longues que larges, et proviennent de la différenciation d’un parenchyme. Certaines restent cellulosiques assez longtemps (Lin, Chanvre, Phormium) et sont alors utilisées, après avoir été dégagées des autres tissus par rouissage, comme textile ou comme matière première des cordages. Elles portent des ponctuations assez peu nombreuses. Elles sont généralement rares chez les Gymnospermes, fréquentes chez les Angiospermes et groupées en faisceaux. Les sclérites sont des cellules isolées ou réunies en petites masses lignifiées ; l’épaisseur de leur paroi, l’aspect et la répartition de leurs ponctuations et leur forme sont extrêmement variés. Comme les fibres, elles meurent rapidement, mais contiennent des inclusions diverses, tanins, mucilages, amidon, restes du métabolisme cellulaire.


Tissus sécréteurs

Les cellules élaborent différents types de substances (alcaloïdes, tanins, hétérosides, huiles essentielles, résines), souvent considérées comme déchets et parfois, plus rarement, comme réserves (v. sécrétion). Ces substances, fréquemment toxiques, sont accumulées dans les vacuoles des cellules qui les ont sécrétées, ou quelquefois dans des poches ou des canaux de structure particulière. On trouve aussi des huiles essentielles dans les cellules isolées de la feuille de Camphrier, du Laurier, sous la cuticule des poils globuleux de Menthe, de Cyste, de Houblon, dans les poches sécrétrices de l’orange, issues d’une cellule épidermique ; après multiplication active de cette dernière se constitue une cavité située sous l’épiderme et enserrée par des cellules sécrétrices où se déversent les essences produites. Chez le Pin, c’est dans des canaux sécréteurs dont la lumière centrale est tapissée de cellules, elles-mêmes doublées d’une gaine protectrice, que s’accumule la résine.

Les canaux contenant le latex des Euphorbes par exemple sont issus de cellules déjà différenciées dans l’embryon et en nombre fixe. Ils s’allongent sans se diviser : ce sont les laticifères vrais, dont le noyau primitif s’est divisé en donnant à l’ensemble une structure cœnocytique. On les distingue des laticifères « faux », ou articulés, qui proviennent de l’anastomose de files de cellules (Chélidoine, Composées, Papaver...).

J.-M. T. et F. T.

 Y. Henry, Éléments d’agriculture coloniale : plantes à fibres (A. Colin, 1924). / E. Boureau, Anatomie végétale (P. U. F., 1954-1957 ; 3 vol.). / C. Deysson, Éléments d’anatomie des plantes vasculaires (S. E. D. E. S., 1954). / H. Camefort et J. Paniel, Morphologie et anatomie des végétaux vasculaires (Doin, 1962). / Travaux de biologie végétale dédiés au professeur Plantefol (Masson, 1965, 2 vol.). / A. Nougarède, Biologie végétale, t. I : Cytologie (Masson, 1969).

titane

Corps simple métallique.


En analysant le rutile en 1795, l’Allemand Martin Heinrich Klaproth (1743-1817) obtint une « terre », oxyde d’un métal jusqu’alors inconnu, qu’il appela titane en souvenir du fils de la Terre et du Ciel et qui correspondait à un élément décelé déjà en 1791 par le chimiste anglais William Gregor (1761-1817) dans un sable noir de Cornouailles (actuellement identifié comme l’ilménite). Le métal titane fut isolé à l’état impur en 1887 par les Suédois L. K. Nilson et S. O. Pettersson et à l’état pur en 1910 par M. A. Hunter. À la fin du xviiie s., le rutile était confondu avec le grenat, aluminosilicate de métaux bivalents, ou encore avec la tourmaline, borosilicate complexe de métaux alcalins et de magnésium.


État naturel

Le titane constitue 0,6 p. 100 de l’écorce terrestre et se trouve être le dixième élément par abondance décroissante dans cette partie de la terre. Il est donc relativement abondant, mais difficile à extraire, étant généralement engagé dans des roches siliceuses. Ses minerais principaux sont l’ilménite (FeTiO3) et le rutile (TiO2).