Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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tissu animal (suite)

Les tissus conjonctifs et squelettiques

Chez l’embryon, des cellules étoilées, ou fibroblastes, se détachent des feuillets (surtout du mésoblaste) et envahissent les espaces laissés libres entre eux. Elles constituent avec le liquide interstitiel un conjonctif embryonnaire, ou mésenchyme. Toutes les variétés de tissu conjonctif en dérivent et conservent ce rôle initial : supporter ou relier les autres tissus de l’organisme. Leur organisation reste également comparable : des cellules éloignées les unes des autres, plus ou moins reliées par leurs prolongements, baignent dans une substance fondamentale au sein de laquelle se différencient des faisceaux de fibres de collagène et quelques fibres anastomosées d’élastine (fig. 3). Les tissus conjonctifs diffèrent les uns des autres par la nature des cellules, le type et l’abondance des fibres, la composition et la consistance de la substance interstitielle. Ils peuvent cependant se substituer l’un à l’autre et l’on assiste par exemple à la succession embryologique suivante : structure de soutien mésenchymateuse, conjonctif dense, cartilage, structure osseuse, au cours des étapes de l’ossification enchondrale.

Dans les cartilages*, les cellules se sont différenciées en chondrocytes, et la substance fondamentale est imprégnée secondairement de molécules organiques et, dans le cartilage calcifié, de sels de calcium qui lui confèrent une dureté et une résistance égales à celles de l’os.

Les ostéocytes déposent la substance préosseuse (osséine, peu différente de la substance cartilagineuse) le long des fibres de collagène, travées directrices de l’ossification, que celle-ci se fasse avec ou sans modèle cartilagineux préalable. Des sels minéraux se déposent ensuite. Le composant principal en est le phosphate tricalcique, qui se présente sous la forme de microcristaux.

D’autres tissus contenant des substances organiques et inorganiques se trouvent au niveau des dents* : la dentine, ou ivoire, est formée par des odontoblastes ; l’émail, tissu squelettique d’origine ectodermique déposé en prismes juxtaposés, chacun résultant de l’activité d’un adamantoblaste, est très minéralisé ; le cément, tissu dur, minéralisé, contient une forte proportion de collagène.


Les tissus vasculaires

Par leur origine mésenchymateuse, ils sont liés aux précédents, dont on ne les sépare qu’à cause de leur très grande spécialisation. On y reconnaît : les endothéliums, supports des vaisseaux sanguins et lymphatiques dont la structure est analogue à celle des épithéliums simples pavimenteux ; le sang* et la lymphe*, dont la substance fondamentale liquide, le plasma, contient en suspension des éléments figurés de nature cellulaire (hématies des Vertébrés contenant l’hémoglobine, leucocytes, agents importants de la défense de l’organisme, plaquettes sanguines issues de la lignée des mégacaryoblastes et qui interviennent au cours de la coagulation du sang).


Les tissus musculaires

Excitables et contractiles, ils produisent les mouvements du corps et ceux de la paroi des viscères. Il y en a trois types, qu’on différencie en se fondant sur la structure et les propriétés des cellules qui les constituent : le muscle strié squelettique à contraction rapide, volontaire, résultat du raccourcissement de myofibrilles cytoplasmiques hétérogènes en microscopie photonique ; le muscle strié cardiaque, dont la structure fine diffère peu de celle du précédent, mais qui se contracte périodiquement sans qu’intervienne la volonté ; le muscle lisse à cellules plus courtes — fusiformes et uninucléées — dont les myofibrilles homogènes, à contraction lente, ne sont généralement pas sous le contrôle de la volonté (v. muscle).


Le tissu nerveux

Fondamentalement d’origine épithéliale comme le tissu musculaire, le tissu nerveux est caractérisé par ses neurones, dont les très importants prolongements cytoplasmiques forment les fibres articulées avec d’autres neurones ou des cellules excitables (pseudo-sensorielles, musculaires...). Au niveau de la substance grise sont rassemblés les corps cellulaires (péricaryons), alors que dans la substance blanche et les nerfs se trouvent les fibres, dont certaines sont enveloppées de gaines, probablement d’origine névroglique (v. nerveux [système]).

En effet, au tissu nerveux proprement dit est associé un tissu spécial localisé entre les neurones, la névroglie, formée de cellules à rôle nourricier baignant dans une sorte de substance interstitielle, comme dans le cas d’un tissu conjonctif. Mais la névroglie dérive de l’ectoblaste, comme le tissu nerveux lui-même.

R. M.

➙ Cellule / Cœur / Conjonctif (tissu) / Dédifférenciation et histolyse / Dent / Développement et différenciation / Glande / Histologie / Muscle / Régénération / Sang / Squelette / Tégument.

tissu végétal

Un tissu, chez les végétaux comme chez les animaux, est formé d’un ensemble de cellules ayant la même structure et assurant les mêmes fonctions.



La cellule végétale

On retrouve dans la cellule végétale la même organisation générale et presque les mêmes organites que dans la cellule* animale, et le parallélisme entre les deux règnes peut être poussé jusqu’au niveau de la microscopie électronique. Cependant, il faut noter des différences : l’importance des vacuoles, l’existence de plastes et surtout la présence d’une membrane squelettique externe, mais aussi l’absence de centrosome. La division de la cellule se fait comme dans le règne animal, à ce fait près que le fuseau achromatique ne s’appuie pas sur des centrosomes, mais sur des calottes polaires. Chez les végétaux, surtout dans les cellules âgées, les vacuoles sont très développées, jusqu’à occuper presque tout le volume de la cellule, dont le cytoplasme est réduit à une mince pellicule périphérique englobant le noyau. Les plastes s’élaborent et accumulent diverses substances qui permettent de les différencier : chloroplastes, riches en chlorophylle, amyloplastes (amidon), protéoplastes (substances protidiques), chromoplastes (pigments caroténoïdes). Ils dérivent de proplastes qui évoluent vers un type ou l’autre (v. amidon, chlorophylle, pigment).