Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

automobile (suite)

société américaine de constructions automobiles, dont les origines remontent à la General Motors of New Jersey, fondée en 1908. Dès sa création, cette société rachète la Buick Motor Company et l’Olds Motor Works, ainsi qu’en 1909 l’Oakland Motor Car Company et Cadillac. Elle est réorganisée à Delaware en 1916. Ayant pris un essor considérable en 1914-1918, la General Motors contrôle en 1918 la Chevrolet Motor Company, le groupe britannique Vauxhall en 1925 et la firme Opel quatre ans plus tard. À partir de 1930, la société se lance dans la fabrication de locomotives Diesel et parvient également, entre 1920 et 1940, à prendre la première place dans le monde pour la fabrication des réfrigérateurs avec le lancement du « Frigidaire », et à se hausser au premier rang des producteurs américains de tracteurs agricoles et de moteurs d’aviation. En 1949, sa place prépondérante dans divers secteurs économiques provoque une action en justice de la part du gouvernement des États-Unis, pour violation de la loi antitrust. Repoussant, grâce à sa puissance financière et politique, toutes les attaques, la General Motors construit, pratiquement à elle seule, depuis 1950, plus de la moitié des véhicules automobiles produits aux États-Unis. Ces voitures sont commercialisées sous les marques « Chevrolet », « Buick », « Pontiac », « Oldsmobile », « Cadillac », « Opel » et « Vauxhall », et offrent au public une vingtaine de modèles différents. Avec une production de plus de 700 000 unités par an, la General Motors est également présente dans le secteur des véhicules militaires, autobus et camions. La société contrôle de nombreuses filiales et près de 120 usines implantées dans trente pays différents ; seize d’entre eux possèdent des chaînes de montage. Aux États-Unis, la General Motors comprend 31 divisions autonomes spécialisées selon le principe horizontal dans la production des moteurs, appareillages électriques et des accessoires ; neuf d’entre elles assemblent voitures et camions. Fabriquant les appareils électroménagers « Frigidaire », des locomotives Diesel électriques, des équipements pour les travaux publics ainsi que des appareils électroniques, la General Motors est la plus grande entreprise industrielle du monde. Le volume annuel de ses ventes dépasse les recettes budgétaires de la France et constitue 2 p. 100 du produit national brut des États-Unis. Avec ses 745 000 salariés, et compte tenu de ses filiales étrangères, elle fournit le tiers de la production mondiale.


Nissan Motor Company,

société japonaise de constructions automobiles, fondée en 1933. Nouvelle venue dans l’industrie japonaise, qui groupe depuis déjà plus de trente ans plusieurs entreprises gigantesques (Mitsubishi [1868], Daihatsu Kogyo [1907], Hino Motors [1910], Isuzu Motors [1916], Suzuki Motors [1920] et Toyo Kogyo [1920]), la Nissan Motor Company ne tarde pas à s’imposer et à conquérir une large part du marché. Dans ses usines de Yokohama, d’Oppoma, de Yoshiwara et de Zawa, où elle emploie 21 000 personnes, la société produit en 1965 près de 350 000 véhicules, dont environ 170 000 voitures particulières commercialisées sous les marques Datsun et Nissan, et se classe au deuxième rang parmi les constructeurs japonais après la Toyota Motor Company. Cette position au sein des premières entreprises japonaises de constructions automobiles se trouve encore renforcée en 1966, lorsque la firme absorbe la société concurrente Prince Motors. Celle-ci, fondée en 1950 et de taille plus modeste, construit des voitures de tourisme, mais est plus particulièrement spécialisée dans la fabrication de petits véhicules industriels et commerciaux. Dès lors, la Nissan Motor Company peut prétendre à la première place dans l’industrie automobile japonaise. L’exportation est une des principales activités de la société, qui a été le premier constructeur japonais à vendre ses voitures aux États-Unis. Possédant une flotte marchande spécialisée dans le transport des véhicules, Nissan Motor Company exporte, aujourd’hui, dans 84 pays. Ses automobiles sont fabriquées par les chaînes de montage qu’elle a créées à Taiwan (Formose), au Venezuela, en Afrique du Sud et au Mexique. Cette société déploie également une grande activité dans le secteur de l’industrie aéronautique et aérospatiale, et construit d’autre part des machines textiles. Elle se dispute avec la Toyota Motor Company la première place parmi les constructeurs automobiles japonais.


Opel,

société allemande de constructions automobiles et mécaniques, fondée à Rüsselsheim en 1862 par Adam Opel (Rüsselsheim 1837 - id. 1895). Spécialisée à l’origine dans la fabrication de machines à coudre, la société en construit plus de 15 000 en 1894 et emploie déjà 300 ouvriers. Cette activité, qu’elle poursuit jusqu’en 1911, s’avère assez rentable pour que la société, forte d’un effectif total de 400 personnes, soit en mesure d’entreprendre, dès 1887, la construction de vélocipèdes et de cycles. En 1937, après avoir passé un demi-siècle au service de la bicyclette, elle abandonne cette fabrication pour se consacrer exclusivement à la construction automobile, entreprise dès 1898. En 1929, Opel se transforme en société anonyme, puis, entre 1929 et 1931, passe par une série de prises de participations sous le contrôle de la General Motors, et entreprend la production des réfrigérateurs « Frigidaire ». La société Adam Opel exploite aujourd’hui les usines de Rüsselsheim, de Bochum-Laer, de Bochum-Langendreer et de Kaiserslautern, où elle emploie plus de 54 000 personnes. Ses voitures de tourisme sont commercialisées sous les marques « Kadett », « Rekord », « Kapitän », « Admiral », « Diplomat » et « Commodore » ; plus de la moitié sont exportées à l’étranger. Opel est le second constructeur d’automobiles d’Allemagne fédérale.


Peugeot,

société française de constructions automobiles, fondée en 1890 par Armand Peugeot (Valentigney 1849 - Neuilly-sur-Seine 1915). Dès 1885, celui-ci construit plusieurs modèles de tricycles et de bicyclettes, et installe à Beaulieu le premier atelier pour la fabrication de vélocipèdes, qui prend une rapide extension, la société continuant toutefois ses autres productions traditionnelles (outillage agricole et industriel, tondeuses mécaniques, moulins à café, cerceaux en fil de fer pour crinolines, baleines de corset). Puis il se tourne vers la locomotion mécanique et réalise un quadricycle à vapeur. Cette source d’énergie ne s’avérant pas adéquate, il construit en 1890 un des premiers véhicules automobiles à pétrole, comportant deux cylindres en V et d’une puissance effective de 8 ch. La construction de véhicules à moteur se poursuit à Beaulieu : 29 voitures en 1892, 34 en 1893, 40 en 1894, 92 en 1896. À partir de 1895, divers perfectionnements sont mis au point : moteur à explosion, pneumatiques. La construction automobile se développe, et l’usine de Beaulieu devient trop petite. Armand Peugeot installe alors en 1897 deux nouveaux établissements, à Audincourt (Doubs) et à Fives-Lille (Nord). La production passe de 500 voitures par an en 1898 à 2 300 en 1908. À la mort d’Eugène Peugeot (Hérimoncourt 1844-† 1907), le frère d’Armand, ses fils constituent avec leur oncle Armand la Société anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot, qui lance en 1911 la célèbre Bébé Peugeot. En 1912 sont créées les usines de Sochaux : usine de mécanique, forge moderne et atelier d’emboutissage. Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle les usines produisent des moteurs d’avion, des camions et des obus, une réorganisation générale de la production s’impose : les cycles et motocycles sont fabriqués à Beaulieu-Valentigney par la Société des Cycles Peugeot ; les automobiles (la quadrilette 5 ch est lancée en 1921) sont construites à Sochaux par la Société anonyme des Automobiles Peugeot, fondée en 1927. Trois ans plus tard sort la « 201 », première voiture de série équipée de roues avant indépendantes, qui sera suivie de la « 301 » en 1932, de la « 401 » en 1934, de la « 402 » en 1935, de la « 302 » en 1936 et de la « 202 » en 1938. La production des usines de Sochaux atteint 48 000 véhicules en 1939. Elle reprend lentement à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec le lancement de la « 203 » en 1948 (produite jusqu’en 1960 à près de 700 000 exemplaires). En 1949, la société retrouve son niveau de production d’avant guerre, et, grâce à la modernisation des équipements, la production s’accroît régulièrement pour atteindre 124 740 voitures en 1955, 203 850 en 1959 et 291 175 en 1965. De nouveaux modèles sont lancés : la « 403 » en 1955, la « 404 » en 1960, la « 204 » en 1965, la « 504 » en 1968, la « 304 » en 1969 et la « 604 » en 1975.