Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

Texas (suite)

Avec le xxe s., le Texas subit une transformation radicale, qui tient à la découverte des gisements de pétrole. Le premier d’entre eux, qui annonce une longue série, est exploité à Corsicana à partir de 1894. Puis les découvertes et les mises en exploitation se succèdent rapidement : le prix des terres s’accroît dans des proportions fabuleuses ; après l’exploitation artisanale surgissent les grandes sociétés, parmi lesquelles la Gulf Oil, qui installe une raffinerie à Port Arthur en 1902, et la Texaco, qui naît la même année ; la Humble Oil Company est créée en 1911. Construire et entretenir les puits et les raffineries, installer les pipe-lines, assurer l’approvisionnement fournissent du travail à des millions de Texans. Le développement de l’industrie automobile dans les années postérieures à 1920 renforce encore cette évolution. C’est encore le pétrole qui permet au Texas de surmonter, tant bien que mal, la crise de 1929.

Ces changements économiques expliquent l’essor de la population. Plus de 600 000 habitants en 1860, 3 000 000 en 1900 et 7 700 000 en 1950.

A. K.


La population

Jusqu’en 1836, le Texas fut une province mexicaine. Annexé en 1845, le nouvel État s’ouvrit à l’immigration américaine, à l’implantation de colonies utopistes (l’Icarie d’Étienne Cabet) et à l’entrée, légale ou clandestine, de Mexicains.

Les Américains d’origine hispanique sont très nombreux au Texas ; ceux qui sont nés à l’étranger (environ 300 000) ou d’un parent né à l’étranger (800 000) composent encore aujourd’hui le tiers ou la moitié de la population des comtés frontaliers. Des quartiers de San Antonio (44,5 p. 100 d’Hispano-Américains), de Corpus Christi (44,5 p. 100 aussi) ou d’El Paso (56,6 p. 100) ont un aspect mexicain.

Les Noirs, à l’origine esclaves des planteurs et des éleveurs, sont nombreux dans l’est de la plaine côtière. Ils représentent 12 p. 100 de la population ; leur nombre relatif (20 p. 100 en 1900) et absolu diminue par suite de leur exode et de l’immigration d’Américains de race blanche.

Le Texas a franchi le cap des 4 millions d’habitants peu avant la Première Guerre mondiale et celui des 5 millions entre 1920 et 1930 (accroissement de 25 p. 100 pendant cette décennie) ; il passe de 7,7 à 9,6 millions d’habitants de 1950 à 1960 (accroissement voisin d’un quart encore) et atteint 11 196 730 habitants en 1970 (accroissement de 17 p. 100 entre 1960 et 1970).


L’économie


L’élevage

Associé au peuplement initial du Texas et première forme de mise en valeur de cet État, l’élevage demeure la branche principale de l’économie rurale, comme le montrent les données suivantes (en dollars) :
— commercialisation des cultures : 1 174 100 000 ;
— commercialisation du bétail et des produits du bétail : 1 978 700 000 ;
— subventions gouvernementales : 482 500 000.

Le Texas est au premier rang pour l’effectif des bovins (16 250 000 têtes, dont 350 000 vaches laitières seulement). L’élevage extensif du bœuf de boucherie se pratique dans le sud du Llano Estacado et surtout dans les régions à mesquite. Depuis peu, un élevage bovin intensif se développe dans l’Est : il compense le déclin des revenus du coton ou permet de rentabiliser les jachères des rizières. Dans ces régions orientales, on note aussi le progrès récent de l’élevage des vaches laitières.

Le Texas possède aussi le principal troupeau ovin des États-Unis ; l’effectif, en déclin comme dans les autres États, est tombé à 3,2 millions (nord des High Plains, plateau d’Edwards, Trans-Pecos).


Les cultures

La culture la plus importante est celle du sorgho, pour laquelle le Texas est au premier rang ; elle couvre 2 354 000 ha (43 p. 100 de la superficie en sorgho aux États-Unis) et fournit près de la moitié de la production américaine, pour une valeur de 400 millions de dollars. Grâce à sa tolérance vis-à-vis de la sécheresse d’été, cette céréale remplace de plus en plus le maïs comme aliment du bétail. Les trois quarts de la production viennent des High Plains, où les deux tiers de la récolte sont fournis par les terres irriguées.

Le Texas est aussi au premier rang pour la production du coton. Cette culture décline rapidement dans le Centre et l’Est, où la variabilité des précipitations rend la production aléatoire ; elle se développe au contraire dans les régions irriguées de l’Ouest et du Sud (Llano Estacado, Gypsum Plains, Lower Valley), où les rendements sont plus élevés (cinq fois plus en terre irriguée qu’en terre sèche). Au total, le coton occupe 1 940 000 ha ; la production est de 900 000 t de coton en balle (soit le tiers de la production américaine), d’une valeur de 467 millions de dollars, auxquels s’ajoutent de 70 à 75 millions de dollars pour 1,1 à 1,3 Mt de graines de coton.

La riziculture met le Texas au deuxième rang ; elle couvre 190 000 ha, surtout dans la Coastal Black Prairie, où elle est pratiquée de façon industrielle : aménagement mécanique des rizières et des canaux, pulvérisation d’engrais et de pesticides par avion, récolte à la moissonneuse, transport aux élévateurs ; habituellement, un ou deux ans de riz alternent avec de deux à quatre ans de pâture.

Le foin (890 000 ha ; 110 millions de dollars), dont la production croissante est liée aux progrès de l’élevage, provient de l’Est humide et des régions irriguées. Les blés d’hiver sont cultivés dans le nord du Llano Estacado, les Gypsum Plains et les Rolling Plains. Le maïs est en déclin rapide par suite des aléas climatiques ; l’arachide est de plus en plus répandue. Les régions irriguées du Sud — plaine littorale, vallée du Pecos, Winter Garden (au pied des Balcones) et Lower Valley — produisent des agrumes (pamplemousses, oranges) et des légumes (oignons, tomates) ; en maintes régions, la récolte des légumes d’hiver est suivie, la même année, d’une seconde culture (coton ou fourrages).

L’agriculture texane d’aujourd’hui se caractérise par le développement de l’irrigation : 400 000 ha irrigués en 1940 et environ 3 Mha actuellement. Comme en Californie, les besoins de l’agriculture sont menacés par la consommation des villes et des industries ; les eaux du Rio Grande, comme celles du Colorado, doivent être partagées entre États riverains.

L’évolution récente se marque aussi par une diminution rapide du nombre des exploitations : 418 000 en 1940, 209 000 en 1973. La superficie cultivée ayant augmenté grâce à la mécanisation (55 Mha en 1940, 57 en 1973), la taille moyenne de la ferme est passée de 130 ha en 1940 à 271 ha en 1973.

Le Texas figure au dixième rang pour le poids des poissons et des coquillages débarqués (environ 50 000 t), mais au quatrième pour leur valeur (85 millions de dollars). L’exploitation forestière n’est importante que dans l’extrême est de l’État.