Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

Texas (suite)

La végétation et les sols

Commandés par la distribution des précipitations plus que par celle des températures, les types de végétation se succèdent de l’ouest à l’est en fuseaux méridiens. Dans le Trans-Pecos, les bassins portent une formation discontinue de sempervirents en buissons (Creosote bush [Larrea tridentata]), tandis que les montagnes sont couvertes d’une forêt claire de pins (espèces occidentales) mêlés à des genévriers. Dans les bassins dominent des sols désertiques passant du gris au rouge vers l’ouest ; le faciès montagneux de ces sols est accompagné de lithosols.

La végétation naturelle des High Plains est la steppe basse de graminacées (Gramma grass [Bouteloua] et Buffalo grass [Buchloe]). Prairie courte et climat semi-aride donnent là des sols châtains et bruns propices à l’agriculture.

Dans un troisième fuseau (Gypsum Plains, plateau d’Edwards, région au sud des Balcones) règne une formation mixte de prairies, d’arbustes, tels que le mesquite (du genre Prosopis), et de buissons ; elle résulterait en partie de l’élevage extensif pratiqué au siècle dernier. Le climat subtropical semi-humide favorise sous ce couvert le développement de sols châtain rougeâtre et brun rougeâtre propres à la culture.

Les Balcones, le plateau Comanche et la région centrale des cuestas portaient une forêt de chênes et noyers ; les noms de Western Cross Timbers et d’Eastern Cross Timbers rappellent le souvenir de cette forêt, aujourd’hui largement défrichée. Il y avait aussi de grandes clairières naturelles de graminacées dans les plaines monoclinales et sur les revers de certaines cuestas : ce sont précisément la Grand Prairie, la Black Prairie et la Fayette Prairie. Sous l’ancienne forêt, les sols sont du type podzolique ocre, parfois appauvri en éléments fertiles ; de bons sols de prairie à faciès rougeâtre se sont formés dans les clairières naturelles.

Dans l’Est, où les précipitations dépassent 1 m, la végétation naturelle consiste en une forêt de pins (espèces du Sud-Est atlantique) ou de pins et chênes ; ce sont déjà les types de forêts qui caractérisent le Sud, de la Louisiane à la Virginie. Dans ces conditions se sont formés des sols podzoliques et latosoliques rouges ou jaunes, facilement lessivés, appauvris aussi par de mauvaises façons culturales.

Recoupant ces fuseaux, la côte du Golfe porte selon les lieux une végétation herbacée (Coastal Black Prairie) ou des associations propres aux rives de lagunes et aux cordons dunaires. Les premiers éleveurs et agriculteurs reconnurent rapidement le double avantage de la Coastal Black Prairie : un espace découvert et de bons sols foncés à couche humifère épaisse, en particulier des rendzines à forte teneur en calcaire.

Le cours inférieur des fleuves est souvent bordé d’une forêt-galerie (cyprès, pins, magnolias, lauriers, « arbres à coton » [Populus deltoïdes] qui interrompt la prairie côtière.

P. B.


L’histoire

Au début du xixe s., c’était une vaste région qui s’étendait de la Sabine au Rio Grande, du golfe du Mexique au 36e parallèle. Le Texas fut d’abord espagnol, puis, à partir de 1822, passa au Mexique. Attirés par les terres disponibles et fertiles, ainsi que par la largesse du gouvernement mexicain, des colons américains viennent s’y installer sous la direction de Stephen Austin (1793-1836) ; leur nombre s’accroît rapidement. En 1835, les Américains se rebellent, gagnent leur indépendance les armes à la main (après leur terrible défaite du Fort Alamo en mars 1836) et demandent leur rattachement à l’Union. Celle-ci refuse, les Nordistes ne tenant nullement à renforcer l’influence des Sudistes. Pendant dix ans, le Texas est une république indépendante (dont le drapeau porte une seule étoile), convoitée par la Grande-Bretagne et la France, menacée par les Mexicains, qui voudraient bien la reconquérir, vivant de l’agriculture (maïs, patates, canne à sucre et, à partir de 1840, coton). Finalement, en 1845, les États-Unis se décideront et annexeront la jeune république, qui deviendra État de l’Union ; en 1850, le Texas cédera une partie de ses terres au Nouveau-Mexique.

Avec sa population de 154 000 Blancs et de 58 000 Noirs esclaves, le Texas est un État sudiste aux immenses horizons, aux possibilités quasiment illimitées. Lorsque la guerre de Sécession éclate, les Texans décident de se rallier à la Confédération, mais une minorité, dont le porte-parole est Sam Houston (1793-1863), président de la république du Texas de 1836 à 1838, puis de 1841 à 1844, demeure fidèle à l’Union. Quoi qu’il en soit, la participation des Texans au conflit est fort limitée, et la grande majorité d’entre eux ne tarde pas à aspirer avant tout au retour de la paix.

Après l’intermède de la Reconstruction que traverse le Texas, comme tous les États qui ont fait sécession, le développement économique reprend ; il est fondé sur les richesses du sol et du sous-sol. C’est maintenant l’élevage du bétail à cornes qui prend le dessus. À la recherche de débouchés, cow-boys et éleveurs se dirigent d’abord vers la Californie et la Louisiane ; puis, ils découvrent le chemin qui mène à Chicago. Les animaux sont conduits le long de pistes qui traversent les Grandes Plaines ; bientôt, ce sont les chemins de fer qui assurent le transport à partir de gares comme Abilene dans le Kansas. L’attrait de nouveaux pâturages pousse les Texans à mettre en valeur la section occidentale de leur État, où vivent encore des Indiens comme les Comanches. L’élevage laisse aux éleveurs de fructueux bénéfices ; il enrichit plus encore les Britanniques, qui assurent l’essentiel des investissements ; il est enfin à l’origine du développement économique du Texas. C’est lui qui provoque l’extension du réseau ferroviaire et les activités qui s’y rattachent. En 1870, le revenu industriel représente le quart du revenu agricole ; trente ans plus tard, il en constitue la moitié.

L’activité industrielle qui prédomine est l’exploitation forestière et le travail du bois ; puis viennent l’extraction de l’huile de coton, les industries alimentaires, la construction et la réparation du matériel ferroviaire. Dans le même temps, l’agriculture se transforme : le coton est l’objet d’une culture intensive, et la valeur de la récolte, qui s’élevait à 10 millions de dollars en 1870, passe à 100 millions en 1900. Au coton s’ajoutent le blé, le maïs, l’avoine et la canne à sucre.