Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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tennis (suite)

Le tennis en France

Le premier championnat de France fut organisé en 1891 et gagné par Briggs, du Stade français. Masson, du Tennis-Club de Paris, remporta, en 1897, le premier championnat féminin. Dès avant la Première Guerre mondiale, la France avait fait son apparition sur la scène internationale avec Max Decugis et André Gobert, premiers vainqueurs français à Wimbledon (1911 en double messieurs), et aussi l’inoubliable Suzanne Lenglen, qui fut championne du monde à quinze ans et régna douze ans sur le tennis féminin mondial.

En 1920 fut créée la Fédération française de lawn-tennis. Il y eut aussitôt la période la plus faste du tennis français avec, de 1924 à 1934, ceux qu’on appelait les « mousquetaires » (Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste). Jamais, depuis, le tennis français n’a retrouvé des éléments aussi remarquables.

Sur le plan de l’élite, la France n’a pas renoué avec les succès d’antan, mais il faut cependant souligner le développement et la popularisation du tennis dans la masse. La F. F. L. T. compte environ 300 000 licenciés et quelque 1 500 clubs, ce qui constitue un énorme progrès par rapport au passé.

J. E.


Les grands noms du tennis messieurs


Jean Borotra

(France). Né en 1898 à Arbonne (Pyrénées-Atlantiques). De 1922 à 1947, il a représenté trente fois la France en coupe Davis, faisant partie de la fameuse équipe des « mousquetaires » qui remporta, entre 1927 et 1932, le trophée. Ses principaux titres : deux fois champion de Wimbledon en simple (1924 et 1926) et quatre fois en double ; onze titres français sur terre battue, dont deux en simple (1924 et 1931) ; deux titres australiens (simple et double, en 1928) ; un titre américain sur gazon (en mixte, 1926).


James Donald Budge

(États-Unis). Né en 1915 à Los Angeles. Premier joueur à avoir réussi le grand chelem, en 1938 (remportant au cours de la même année les championnats d’Australie, de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis), il a été vainqueur du simple, du double et du mixte à Wimbledon en 1937 et 1938, champion des États-Unis en simple (1937 et 1938), en double (1936 et 1938), en mixte (1937 et 1938), champion de France et d’Australie en simple (1938). Entre 1935 et 1938, il a gagné 25 des 29 matches disputés en coupe Davis.


Henri Cochet

(France). Né en 1901 à Lyon. Principaux titres : cinq fois champion de France en simple (1922, 1926, 1928, 1930, 1932), trois fois en double (1927, 1930, 1932), deux fois en mixte (1928 et 1929) ; deux fois gagnant de Wimbledon en simple (1927 et 1929), deux fois en double (1926 et 1928) ; champion d’Amérique en simple (1928) et en mixte (1927). De 1922 à 1933, il a disputé 57 parties de coupe Davis et en a gagné 44.


Pancho Gonzalès

(États-Unis). Né en 1928 à Los Angeles. Ce fut un très grand joueur dont la carrière a été écourtée par son passage chez les professionnels en octobre 1949. Champion des États-Unis en simple (1948 et 1949), il a gagné le double avec F. Parker en 1949, à Wimbledon et aux championnats de France. L’ère du tennis open, en 1968, vint trop tard pour lui.


Lewis Hoad

(Australie). Né en 1934 à Sydney. Champion d’Australie en simple (1956) et en double (1953 et 1956, avec Rosewall), gagnant du simple à Wimbledon en 1956 et 1957, en double avec Rosewall en 1953 et 1956, en 1952 et 1955 avec R. Hartwig, champion de France en simple (1956), en double (1953, avec Rosewall), en mixte (1954), champion d’Amérique en double (1956, avec Rosewall). Il est passé professionnel au lendemain de sa victoire à Wimbledon, en 1957.


Jack Albert Kramer

(États-Unis). Né en 1921 à Las Vegas (Nevada). Champion de Wimbledon en simple en 1947 et en double (1946 et 1947). Vainqueur de Forest Hills en simple (1946 et 1947), en double (1940, 1941, 1943, 1947), en mixte en 1941. Il représenta les États-Unis en coupe Davis en 1939, 1946 (gagnant la coupe) et 1947 (défendant victorieusement le trophée). Passé professionnel en 1947, il a dirigé le tennis professionnel pendant quinze ans.


René Lacoste

(France). Né en 1904 à Paris. Principaux titres : champion de Wimbledon en simple (1925 et 1928), en double (1925, avec Borotra), gagnant du simple en France (1925, 1927, 1929) et du double avec Borotra (1924, 1925, 1929), champion des États-Unis en simple (1926 et 1927). Il a disputé 50 parties de coupe Davis, n’en perdant que 11, et fut le principal artisan de la conquête, de la coupe Davis en 1927 (en gagnant ses deux simples contre William Johnston et Tilden).


Rod Laver

(Australie). Né en 1938 à Rockhampton (Queensland). Seul joueur, en dehors de Donald Budge, à avoir réussi le grand chelem. Il l’obtint à deux reprises : en 1962, dernière année de sa carrière amateur, et en 1969, lorsque les professionnels furent réintégrés dans les tournois officiels.

Finaliste à Wimbledon en 1959 et 1960, vainqueur en 1961, 1962, 1968 et 1969, il en gagna le double en 1971 (avec R. Emerson), le double mixte en 1959 et 1960. Champion d’Australie en simple en 1960, 1962, en double en 1959, 1960, 1961 et 1969, il a gagné les championnats de France, le simple en 1962 et 1969, le double et le mixte en 1961. Il a été champion des États-Unis en 1962 et 1969, finaliste en 1971 et 1972 du championnat du monde de la WCT (contre Rosewall). Il est considéré comme le meilleur joueur de tous les temps. Après avoir représenté l’Australie, avec succès de 1960 à 1962 en coupe Davis, il revient en 1973 et ramène (avec John Newcombe) la coupe dans son pays.


Frederick John Perry

(Grande-Bretagne). Né en 1909 à Stockport. C’est le seul joueur anglais qui ait gagné le simple à Wimbledon depuis l’année de sa propre naissance (1934, 1935 et 1936). Il y remporta aussi le mixte en 1935 et 1936 avec Dorothy Round. Il fut champion de France en simple (1935), en double (1933, avec G. P. Hughes) et mixte (1932), champion des États-Unis en simple (1933, 1934 et 1936) et en double (avec Hughes) la même année. Il gagna 45 matches de coupe Davis sur 52 disputés.


Kenneth Rosewall