Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
T

télédétection (suite)

• Les capteurs électroniques les plus utilisés sont les radiomètres à balayage, ou balayeurs, ou encore « scanners ». L’énergie électromagnétique provenant d’une tache élémentaire au sol, après passage dans un système optique, est reçue par un détecteur. Celui-ci la transforme en un signal électrique qui peut être enregistré sur une bande magnétique ou transmis au sol par radio. L’optique contient un miroir oscillant ou tournant qui déplace la tache au sol suivant une ligne perpendiculaire à la trajectoire du vecteur ; la combinaison de ce mouvement avec celui du vecteur réalise le balayage complet d’une bande de terrain dont l’axe est l’axe de vol, ou projection verticale de la trajectoire du vecteur sur le sol. Dans un balayeur multispectral, l’optique comporte un système dispersif (réseau) ; l’énergie est focalisée en des points différents suivant la longueur d’onde. On place sur le lieu des foyers une batterie de détecteurs, et la position de chacun détermine la bande spectrale à laquelle il est sensible. Les balayeurs peuvent avoir des canaux dans l’ultraviolet, le visible et l’infrarouge. Sur le plan spectral, ils sont supérieurs aux systèmes photographiques, car ils permettent d’obtenir des images dans l’infrarouge thermique, et les canaux peuvent être plus fins et plus nombreux. En revanche, les qualités géométriques de l’image sont souvent moins bonnes.

Dans les hyperfréquences, on peut utiliser un capteur actif, le radar latéral, enregistrant l’écho d’un signal qu’il émet, ou un capteur passif. Ce dernier cas est le plus intéressant pour les interprétations thématiques, le radar latéral étant surtout utilisé pour réaliser la cartographie de régions où la couverture nuageuse est quasi permanente.

Les données fournies par un capteur électronique peuvent se présenter sous forme analogique (signal vidéo sur bande) ou sous forme numérique (bande lisible par un ordinateur). On peut en faire une retranscription photographique à l’aide d’un tube cathodique. Comme d’autre part on peut transformer une photographie en une bande magnétique à l’aide d’un microdensitomètre, on peut passer de n’importe quelle forme de données à n’importe quelle autre.

La plupart des traitements photographiques se rattachent à la technique des « équidensités ». Les images multispectrales peuvent donner lieu à des combinaisons colorées en utilisant cette méthode ou en employant une console de visualisation. Mais une exploitation vraiment complète des données multispectrales ne peut être effectuée qu’avec un ordinateur. Le traitement numérique évite les pertes d’information et permet des études statistiques de la répartition des données dans les différents canaux et des processus d’apprentissage qui débouchent sur une cartographie thématique automatique. On peut quelquefois étudier un phénomène qui n’est pas directement visible sur l’enregistrement, en utilisant les données pour « caler » un modèle ou en employant une méthode de sondage statistique (stratification).


Applications

Elles forment un ensemble vaste et hétérogène dans lequel les simplifications synthétiques risquent de conduire à des erreurs : la situation est très semblable à celle que l’on rencontre en photo-interprétation. De plus, dans chaque domaine, l’échelle est un paramètre fondamental.

• La végétation se prête particulièrement bien à l’étude par télédétection. Des surveillances phytosanitaires, des cartes d’occupation du sol ou des estimations de la capacité de production de forêts sont souvent effectuées.

• En pédologie, le spectre visible est utilisé, mais l’infrarouge thermique donne une bonne connaissance de l’imprégnation en eau des sols.

• En géologie, les failles sont remarquablement mises en valeur, ce qui donne de précieuses indications sur la probabilité de présence de minéralisations ou d’hydrocarbures.

• L’hydrologie est étudiée tant en ce qui concerne l’eau proprement dite que ses pollutions à l’aide des différents domaines spectraux. C’est ainsi que l’on emploie le spectre visible pour l’étude des turbidités, du plancton et de la bathymétrie, l’infrarouge proche pour la séparation terre/eau, le rayonnement thermique et les hyperfréquences pour la courantologie ainsi que pour la détermination de la salinité et de la température.

• Enfin les banquises, les inondations, les feux de forêts, les volcans, la pollution sont de plus en plus souvent surveillés par télédétection.

P. D.

➙ Photogrammétrie / Photographie aérienne / Photo-interprétation.

 J. Pouquet, les Sciences de la terre à l’heure des satellites (P. U. F., 1971).

télégraphie

Transmission à distance de l’écriture ou de textes écrits à l’aide d’un porteur physique qui est soit optique, soit électrique.


Il n’y a pas transmission du document physique, activité réservée à la poste, mais du contenu du message écrit, et, contrairement à la télévision où l’image est fugitive, une trace permanente existe à l’arrivée. Quoique mettant en œuvre des techniques bien particulières et de nature variée, la télégraphie utilise les mêmes supports de transmission que le téléphone.


Évolution des techniques

Les premiers essais de transmission rapide à distance contiennent en germe le principe fondamental de la télégraphie : la codification. C’est ainsi que les liaisons du télégraphe Chappe en 1792 permettaient, par le moyen de sémaphores échelonnés de 10 km en 10 km, la transmission de messages suivant un code optique prédéterminé. Après bien des essais, la version électrique se matérialise en 1838 par la première exploitation entre Boston et Baltimore du télégraphe de l’Américain Samuel Morse (1791-1872), perfectionné ensuite par sir Charles Wheatstone (1802-1875) et qui fut exploité jusqu’en 1960. Dès 1858 apparaissent les premiers systèmes à impression automatique, l’un suivant le procédé Hughes, l’autre suivant le procédé Caselli, précurseur des systèmes de téléphotographie et fac-similé à balayage par ligne. Mis en œuvre en 1874 par Émile Baudot (1845-1903), le système Hughes contient le principe de base de la télégraphie moderne. Alors que le code Morse utilisé par David Hughes (1831-1900) faisait correspondre à l’alphabet et aux chiffres un ensemble de combinaisons de points et de traits, chaque combinaison ayant un encombrement variable suivant le nombre de symboles élémentaires qu’elle contient, Baudot utilise un code à encombrement constant. Chaque signe est une combinaison de cinq éléments binaires (ou moments). La durée de chaque élément étant constante, la durée de chaque signe alphanumérique l’est aussi. Cela permet de grouper sur chaque ligne plusieurs transmissions indépendantes, réalisant ainsi ce que l’on a appelé plus tard le système multiplex par impulsions et codage (M. I. C.). Les principes élaborés par Baudot devaient donner naissance aux téléscripteurs et à la télégraphie harmonique.