Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Australie (suite)

La faune n’est pas moins originale que la flore ; des formes de vie archaïques ont pu se maintenir grâce à l’isolement du continent : échidné, ornithorynque et surtout marsupiaux. L’introduction des mammifères supérieurs par les Européens menace de disparition certaines espèces rares et a refoulé les kangourous dans les régions les moins favorables. Certains animaux importés se sont dangereusement multipliés (lapins) et ont dû être combattus avec vigueur (myxomatose). Tous les animaux d’élevage ont été introduits des autres continents par les colons européens.

A. H. de L.


La population

L’Australie est peu peuplée. D’immenses régions sont à peu près désertes : la population du Territoire du Nord n’atteint pas 100 000 personnes, aborigènes compris, pour une superficie double de celle de la France. La majeure partie des Australiens vit dans le sud-est du pays, où se trouvent les deux plus grandes villes (Melbourne et Sydney). Les Australiens sont surtout des citadins : environ 60 p. 100 se groupent dans les seules six capitales d’État. Même dans les régions bien mises en valeur du point de vue agricole, la densité de la population rurale reste très faible.

Cette population est constituée presque uniquement de Blancs venus d’Europe. Il ne reste plus qu’environ 40 000 aborigènes considérés comme de race pure, et un nombre comparable de métis. Certains aborigènes continuent à vivre de chasse et de cueillette dans de vastes mais pauvres réserves, qui ont été constituées surtout en Australie-Occidentale et dans le Territoire du Nord. La plupart se sont installés dans des camps organisés par le gouvernement ou les missions religieuses ; ils y reçoivent une instruction rudimentaire. D’autres, en particulier des métis, sont complètement fixés et sont employés dans les fermes d’élevage. Quelques groupes de déracinés se sont installés dans les villages, mais ils restent en marge de la société blanche.

L’accroissement de la population d’origine européenne s’explique à la fois par un excédent des naissances sur les décès et par une immigration importante. La natalité est un peu plus forte qu’en France (18,4 p. 1 000 en 1974), alors que la mortalité est particulièrement basse (8,7 p. 1 000). Le croît naturel représente donc environ 130 000 personnes par an.

L’immigration, importante au moment de la ruée vers l’or, s’était ensuite ralentie, et, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la population de l’Australie n’atteignait pas 8 millions d’habitants. Les Australiens se sont alors rendu compte du danger que représentait pour eux ce sous-peuplement, et ils ont organisé dès la fin des hostilités l’immigration d’Européens : plus de 1 900 000 personnes se sont fixées en Australie depuis 1945. Les Britanniques représentent près de la moitié des nouveaux venus, mais l’Australie a accueilli également plus de 300 000 personnes originaires d’Europe centrale, des Hollandais, des Italiens, des Grecs. La plupart de ces New Australians se sont installés dans les grandes villes, et leur afflux n’a pas changé la répartition générale de la population. L’immigration des gens de couleur n’a pas été autorisée, et l’Australie ne compte que quelques milliers d’Asiatiques.


L’agriculture et l’élevage

Les exportations de produits agricoles constituent toujours la principale source de devises de l’économie australienne, le blé et les produits d’élevage représentant plus de la moitié des exportations totales du pays.

Pourtant, l’agriculture emploie peu de main-d’œuvre (quelque 550 000 personnes dans tout le pays), et les terres cultivées sont moins étendues qu’en France, quatorze fois plus petite. Mais, sur d’immenses surfaces, l’utilisation du sol est orientée vers l’élevage extensif des ovins et des bovins. Le développement des moyens de transport modernes, d’abord des voies ferrées, puis des camions et des avions, a permis d’atténuer l’isolement des exploitations rurales et facilité la commercialisation des produits agricoles. La culture est mécanisée et très motorisée : on compte plus de 300 000 tracteurs pour 250 000 exploitations.

La principale culture est le blé, qui occupe près des deux tiers des superficies cultivées. La production a dépassé 12 Mt. Le rendement reste encore faible par rapport à la superficie des terres emblavées (16 q par hectare), mais il est très élevé par rapport au personnel utilisé.

Une partie importante de la production provient d’exploitations extensives, installées dans des régions peu arrosées : il y tombe en moyenne 300 à 400 mm de pluie, mais les différences entre les années sont assez considérables, ce qui rend la récolte incertaine. Le blé est une monoculture avec assolement biennal et jachère labourée (dry farming). L’érosion provoquée par les averses violentes et par le vent a causé dans certaines régions de sérieux dégâts aux sols. Dans les zones mieux arrosées (400 à 600 mm de pluie), les rendements sont plus élevés, et la culture des céréales est souvent associée à l’élevage des moutons (mixed farming).

Le Wheat Belt australien se divise en deux parties : le Sud-Ouest et surtout le Sud-Est, depuis l’Australie-Méridionale jusqu’au Queensland en passant par le bassin du Murray.

Les autres céréales ne jouent qu’un rôle secondaire, il n’y a pas de zone du maïs comparable au « Corn Belt » des États-Unis ; l’avoine décline en même temps que l’élevage des chevaux ; par contre, l’orge progresse pour l’alimentation du bétail et pour la fabrication de la bière. Quant au riz, il fait partie des cultures intensives irriguées à fort rendement (5 à 7 t à l’hectare).

L’irrigation intéresse environ 1 300 000 ha, dont plus de 80 p. 100 sont situés dans le bassin du Murray, le long du fleuve et de certains de ses affluents (Murrumbidgee). De nouveaux périmètres d’irrigation sont en cours d’aménagement grâce au déversement des eaux de la rivière Snowy vers le bassin du Murray. La plupart des terres irriguées sont consacrées aux luzernières, qui permettent un élevage intensif des bovins, aux vergers (agrumes, pêchers, abricotiers) et aux vignes pour les raisins secs et pour les vins corsés de type Sherry.

Mais toutes les cultures arbustives ne sont pas irriguées : la Tasmanie a de beaux vergers de pommiers ; les vignobles de la vallée de Barossa (Australie-Méridionale) ou de celle de Hunter (Nouvelle-Galles du Sud) fournissent d’excellents vins de table. La production de vin, qui atteint près de 3 Mhl, permet de faibles exportations.