Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sylviculture (suite)

Quelques progrès en sylviculture

On peut espérer : des progrès, des sciences de base (pédologie fine, physiologie des auxines, génétique...) ; un choix, parfois nouveau, des essences (utilisation des exotiques à fort accroissement) ; une sélection toujours plus sévère et plus fréquente (tests précoces) ; la prédésignation de certains sujets ; des cloisonnements (qui permettront de mieux adapter la production aux techniques modernes d’exploitation) ; une adaptation de la production aux besoins nouveaux. Ce dernier problème est particulièrement délicat, car, lorsqu’on éduque un jeune arbre, on ignore les usages qu’on en fera cinquante ans après. Il en est ainsi pour les petits bois : grâce aux lamellés-collés, on utilise des bois plus courts qu’autrefois.

Probablement sera-t-on amené, tout en conservant à beaucoup de forêts leurs fonctions multiples, à mieux les spécialiser, autrement dit à mieux subordonner les diverses fonctions de chaque forêt ou même de chaque canton forestier.

Les professeurs de sylviculture du xixe s. ont eu l’immense mérite de découvrir certaines exigences et d’inculquer à plusieurs générations de forestiers une rigueur et un esprit de suite qui conviennent à une spéculation dont la durée globale s’étend bien au-delà d’une génération d’hommes. Ils ont enseigné un conservatisme qui est l’essence même de l’écologie végétale. Ainsi s’est heureusement accru le volume sur pied de nombreux peuplements, volume qui était trop faible au début du xixe s.

On a réagi et on réagira encore, parfois avec raison, pour assouplir certaines méthodes un peu trop mathématiques. On tend à réduire la durée des prévisions ; si on ne le fait pas au détriment des grandes lignes, ce peut être bénéfique. On tend à suivre l’évolution de la nature, en particulier la réaction du peuplement après la coupe. Depuis 1910, d’ailleurs, des sylviculteurs de progrès ont préconisé la méthode du contrôle, mais sur de petites surfaces seulement : des comptages périodiques fréquents permettent de voir comment le peuplement évolue et d’aller, par les coupes, dans le sens le plus opportun, grâce à une retouche fréquente de la possibilité recrutée.

Autre nouveauté : lorsque la régénération naturelle se fait trop attendre, on procède, pour ne pas laisser le sol inutilisé et ne pas le laisser se dégrader par le découvert, à des plantations artificielles de complément.

G. P.

➙ Arbre / Bois / Forêt.

 C. Broillard, le Traitement des bois en France (Berger-Levrault, 1881). / K. Rubner, Die Pflanzengeographischen Grundlagen des Waldbaues (Neudamm, 1924 ; 4e éd., Berlin, 1953). / A. Poskin, Traité de sylviculture (Duculot, Gembloux, 1926 ; 2e éd., 1939). / A. Mathey, Traité théorique et pratique des taillis (A. Lebreton, Le Mans, 1933). / Vade-mecum du forestier (Impr. Jacques et Demontrond, Besançon, 1946 ; nouv. éd., La Maison rustique, 1961). / F. S. Baker, Principles of Sylviculture (New York, 1950). / H. Perrin, Sylviculture (École nat. des eaux-et-forêts, Nancy, 1953-1955, 2 vol. ; nouv. éd., 1958-1964, 3 vol.). / M. Devèze, Histoire des forêts (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1965 ; 2e éd., 1972). / W. Kümmerly (sous la dir. de), la Forêt. Le monde des arbres, les arbres du monde (Kummerly et Frey, Berne, 1973).

symbiose

Union de deux êtres qui sont liés par des rapports réciproques et étroits apportant un avantage à chacun des deux participants. (Syn. mutualisme.)


Il existe de nombreux cas de symbiose, réalisés avec des variantes diverses : entre Bactéries et végétaux, entre deux végétaux (Algues et Champignons, chez les Lichens*), entre animaux et végétaux, comme, d’ailleurs, entre deux espèces animales et aussi entre des Bactéries et des animaux.


Symbiose entre Bactéries et végétaux

Une telle association est fréquente chez les Légumineuses (90 p. 100 des espèces étudiées, parmi lesquelles 200 plantes cultivées) ; elle provoque sur les racines des nodosités riches en Bactéries : Rhizobium leguminosarum sur le Pois, la Vesce, la Lentille. Ces nodosités sont de formes variées ; assez grosses et localisées sur les racines principales chez le Lupin, elles sont petites et arrondies chez le Pois, plus allongées chez le Trèfle, subdivisées chez la Vesce et souvent situées sur les racines latérales chez ces dernières espèces. Si l’on sectionne une de ces masses, on y trouve un grand nombre de Bactéries ayant des formes en X et en Y, et chargées d’un pigment rouge, la leghémoglobine. Des tissus vasculaires relient les nodosités aux faisceaux libéroligneux de la racine. Au voisinage des racines jeunes non encore infectées, il existe une prolifération de Bactéries en forme de bâtonnets, qui semblent stimulées par la présence des racines. Ces Bactéries pénètrent dans celles-ci au niveau des poils absorbants, qui se modifient, se raccourcissent et se tordent ; un « cordon bactérien » suit le poil et assure l’infection des couches internes ; enfin, parvenues assez profondément dans les tissus de l’hôte, parfois jusqu’au péricycle, les Bactéries, prenant un aspect en X ou Y, colonisent des cellules qui s’hypertrophient ; le nodule se forme, vraisemblablement grâce à une stimulation chimique (auxines).

Une véritable spécificité existe entre la Bactérie et l’hôte. Ainsi, on observe chez le Haricot Rhizobium phaseoli, chez le Lupin R. lupini ; lorsque les connexions s’établissent entre la nodosité et les vaisseaux de l’hôte, les Bactéries acquièrent la faculté de fixer l’azote atmosphérique et de synthétiser des produits ammoniacés dont elles ont besoin. Ces derniers sont rapidement transformés en substances aminées, vraisemblablement dans le cytoplasme de l’hôte. Les acides aminés formés migrent dans la plante, qui trouve ainsi une riche source azotée. Mais cette propriété ne se manifeste que si le Rhizobium est bien alimenté en oses. L’origine de ceux-ci se trouve dans la photosynthèse effectuée dans les organes verts des Légumineuses. Les oses se déplacent vers les racines et sont alors utilisés par le Rhizobium. Cet échange nutritionnel apparaît comme une véritable symbiose. Le végétal vert peut vivre seul, mais sa croissance est plus lente, car son alimentation azotée se fait alors uniquement à partir des sels minéraux (nitrates). D’autre part, le Rhizobium peut subsister seul dans le sol, mais il lui est alors impossible de fixer l’azote libre de l’air. Il s’agit donc d’une véritable aide mutuelle.