Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Svevo (Italo) (suite)

Senilità oppose, d’une part, le personnage falot d’Emilio Brentani, petit employé provincial rêvant de gloire littéraire, à celui de son ami le sculpteur Stefano Balli, aussi piètre artiste qu’heureux amant ; d’autre part, la très jeune maîtresse du héros (et de quelques autres...), Angiolina (dont l’énigmatique spontanéité animale préfigure parfois le portrait proustien d’Odette Swann), à sa sœur, qui mourra d’amour (pour Balli) et de tuberculose.

La Coscienza di Zeno se présente comme une auto-analyse visant à contester le bien-fondé et l’efficacité de la psychanalyse. D’où le ton très particulier du livre, partagé entre l’auto-ironie et la dérision du discours freudien. D’où surtout, à défaut de toute véritable intrigue, l’incessant rebondissement d’une écriture fondée sur le double jeu de cette double parodie. Au demeurant, le narrateur y traite de tout et de rien, au fil d’une chronique maritale riche en paradoxes et en cocasseries ; notamment : après avoir longtemps hésité entre des sœurs (Ada, Alberta, Augusla) qui semblent lui être destinées par l’initiale de leur prénom (leur A répondant à son Z), Zeno finit par épouser celle des trois qui lui plaisait le moins et il faudra qu’il la trompe pour découvrir qu’il ne peut pas se passer d’elle. Mais ce n’est pas le moindre paradoxe du discours névrotique et infiniment retors de Zeno que de donner à lire les lois de l’inconscient qui le structure, lors même qu’il prétend le récuser à force de prétentions, d’esquives et de dénégations.

J.-M. G.

 G. Debenedetti, Saggi critici, nuova serie (Milan, 1955 ; 2e éd., 1971) ; Il romanzo del novecento (Milan, 1971). / L. Veneziani Svevo, Vita di mio marito con altri inediti di Italo Svevo (Trieste, 1958). / G. Luli, Italo Svevo (Milan, 1961 ; 2e éd., Florence, 1967). / B. Maier, La personalità e l’opera di Italo Svevo (Milan, 1961 ; 2e éd., 1968). / G. Spagnoletti, « Italo Svevo » in Letteratura italiana, I contemporanei (Milan, 1963). / A. Borlenghi, Tradizione e novitá nelle esperienze narrative d’eccezione di Svevo e Pirandello (Milan, 1966). / M. David, La Psicanalisi nella cultura italiana (Turin, 1966) ; Letteratura e psicanalisi (Milan, 1967). / M. Forti, Svevo romanziere (Milan, 1966). / P. N. Furbank, Italo Svevo, the Man and the Writer (Londres, 1966). / R. Barilli, La linea Svevo-Pirandello (Milan, 1972). / M. Fusco, Italo Svevo. Conscience et réalité (Gallimard, 1973).

Swazis

Ethnie du Swaziland* et de la république d’Afrique* du Sud. L’ethnie se désigne par Ebantfu, Bakan, Gwane, peuple de Ngwane, Ngwane étant un nom royal. Les Swazis parlent le siswati.


La région de plateaux qu’ils occupent est d’une grande variété de climat, de végétation et de sol, car c’est une zone de transition entre les hautes et les basses terres côtières.

Les Swazis sont environ 600 000, en majorité cultivateurs. Bien qu’ils produisent suffisamment pour assurer leur subsistance, ils importent des céréales d’Afrique du Sud et de Mozambique. Le coton, la canne à sucre et les fruits sont les principales cultures commerciales du Swaziland ; cependant aujourd’hui la moitié des terres cultivées appartiennent à de grands fermiers européens ou à des entreprises européennes.

Autrefois, les Swazis n’élevaient que des moutons et des chèvres, mais les Blancs ont introduit les chevaux, les mules, les ânes, les porcs et les poulets.

Les Swazis pratiquent la chasse ; les terrains sont contrôlés par les chefs, qui organisent les chasses collectives (éléphant, lion, léopard, antilope).

La division du travail est sexuelle : les hommes font la guerre et la chasse, et s’occupent du troupeau, tandis que les femmes entretiennent la maison, pilent le grain et vont chercher l’eau. Cependant, hommes et femmes coopèrent lors des travaux agricoles et pour la construction des cases.

L’unité sociale de base est la concession l’umuti. Elle comprend un chef l’umumzana, sa mère, sa ou ses femmes, des fils mariés avec leur famille. Elle s’organise selon un plan précis : au centre un espace pour le bétail, autour duquel sont disposées en arc la case principale et les cases d’habitation.

Lors du mariage, accompagné de danses, de jeux parodiques, la jeune fille est recouverte d’argile rouge pour symboliser la perte de la virginité. Son rang détermine l’importance du paiement en bétail.

La famille patrilinéaire assure l’économie et les obligations rituelles. Le clan patrilinéaire est exogame (sauf pour les Nkosis, sous-groupe des Swazis). Ses membres respectent les tabous envers la nourriture et les rituels associés à la naissance, au mariage et à la mort. Hommes et femmes sont divisés en classes d’âge.

Les structures politiques traditionnelles subsistent. Le roi, l’ingwenyama, et sa mère l’indlovukati, sont au sommet de la hiérarchie. Ils sont responsables de l’ordre et du respect de la loi, et se partagent le pouvoir économique. Deux conseils (liqoqo et libandla), composés d’aristocrates et de personnages influents, se réunissent une fois par an.

Les Swazis croient en un dieu suprême et en son messager. Ils vouent un culte aux ancêtres et associent le Soleil et la Lune à la destinée humaine. Les rois ont la réputation d’être de grands faiseurs de pluie.

J. C.

Swaziland

État de l’Afrique australe.


Le Swaziland est une enclave de 17 363 km2 entre la république d’Afrique du Sud (Transvaal et Natal), à l’ouest et au sud, et le Mozambique, au nord et à l’est.


La géographie

Sur les pentes inférieures du Grand Escarpement, le Swaziland présente dans sa moitié occidentale un paysage de montagnes (atteignant 1 800 m d’altitude) et de hautes collines, tandis que vers l’est se développent des étendues plus planes (vers 250 m d’altitude), basses surfaces nivelant la bordure du socle précambrien et dépression périphérique dominée par l’imposante cuesta des Lebombo Mountains, qui marque la frontière avec le Mozambique et le Zoulouland.