Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

surréalisme (suite)

La peinture surréaliste après la guerre (1947-1969)

L’Exposition internationale du surréalisme de 1947, à Paris, est l’occasion d’un regroupement de forces au lendemain de la guerre. L’automatisme tient désormais le haut du pavé, mais il entraînera à diverses reprises des déviations du côté de l’abstraction lyrique : ainsi chez Francis Bott (Allemagne, né en 1904), Jean-Paul Riopelle*, Iaroslav Serpan (Tchécoslovaquie, né en 1922), plus tard chez Simon Hantaï (Hongrie, né en 1922) et Antonio Saura (Espagne, né en 1930). Installée à Paris depuis 1947, Toyen (Marie Čermínová, Tchécoslovaquie, née en 1902) s’y révèle comme le peintre par excellence des hallucinations. Accédant maintenant à une notoriété internationale, les premiers peintres surréalistes se détachent de l’activité collective : c’est le cas d’Arp, de Miró, de Magritte, de Tanguy. Des ruptures se produisent : en 1948 Matta et Brauner, en 1951 Herold, en 1954 Ernst. En revanche, de nouvelles adhésions interviennent, presque sans interruption : en 1949 Adrien Dax (France, né en 1913), en 1953 Hantaï et Max Walter Svanberg (Suède, né en 1912), en 1956 Agustín Cárdenas (Cuba, né en 1927) et Pierre Molinier (France, 1900-1976), en 1957 Le Maréchal (France, né en 1928), en 1958 Robert Lagarde (France, né en 1928), en 1959 Jean Benoît (Canada, né en 1922), Yves Laloy (France, né en 1920), Mimi Parent (Canada, née en 1924) et Friedrich Schröder-Sonnenstern (Lituanie, né en 1892), en 1961 Jean-Claude Silbermann (France, né en 1935), en 1962 Jorge Camacho (Cuba, né en 1934), en 1963 Gabriel Der Kevorkian (France, né en 1932). Autour de 1955, grâce au critique Charles Estienne, s’esquisse sous le signe du tachisme un rapprochement avec quelques abstraits lyriques, tels Degottex, Duvillier, Loubchansky, Messagier (v. abstraction). À partir de 1960, une alliance tactique avec le groupe « Phases », animé par Édouard Jaguer, permet à certains artistes, tels que Pierre Alechinsky (Belgique, né en 1927), Enrico Baj (Italie, né en 1924), Alberto Gironella (Mexique, né en 1929), Konrad Klapheck (Allemagne, né en 1935) et Hervé Télémaque (Haïti, né en 1937), d’entrer en contact avec les surréalistes.

Deux grandes Expositions internationales du surréalisme auront de nouveau lieu à Paris du vivant de Breton : « Eros » en 1959 et « l’Écart absolu » en 1965, qui marqueront avec force la position du mouvement sur le plan de l’érotisme* et face à la société de consommation. Après la mort de Breton (1966), de nouveaux peintres indiscutablement surréalistes se révèlent encore, par exemple Théo Gerber (Suisse, né en 1928) et Ivan Tovar (Saint-Domingue, né en 1942). Et si l’on découvre en 1969 l’œuvre à laquelle Duchamp avait travaillé vingt ans durant (1946-1966), Étant donnés : 1o la chute d’eau, 2o le gaz d’éclairage, doit-on l’interpréter comme le mot de la fin de l’aventure surréaliste dans le domaine des arts plastiques ou, plus vraisemblablement, comme le signe qu’une étape du surréalisme est close et qu’une autre s’annonce ?

J. P.

➙ Automatisme / Dada (mouvement).

 A. Breton, le Surréalisme et la peinture (Gallimard, 1928 ; 3e éd., 1965). / M. Jean et A. Mezei, Histoire de la peinture surréaliste (Éd. du Seuil, 1959). / P. Waldberg, le Surréalisme (Skira, Genève, 1962). / J. Pierre, le Surréalisme (Rencontre, Lausanne, 1967) ; Der Geist des Surrealismus (catalogue d’exposition) [Cologne, 1971] ; le Surréalisme (Hazan, 1973). / W. Rubin, Dada and Surrealist Art (New York, 1969). / Quatre Siècles de surréalisme. L’art fantastique dans la gravure (Belfond, 1973).

surrénales (capsules)

Glandes endocrines situées au-dessus des reins, dont les sécrétions, indispensables à la vie, sont complexes et la pathologie très variée.



Anatomie

Les glandes surrénales sont au nombre de deux, l’une à droite, l’autre à gauche : elles sont situées au-dessus et en dedans du rein correspondant. Ce sont deux languettes aplaties d’avant en arrière, en forme de virgule, mesurant en moyenne de 4 à 5 cm de long, de 2 à 4 cm de large, 1 cm d’épaisseur, et pesant chacune de 8 à 10 g.

Elles sont de couleur jaune chamois, contrastant avec les organes voisins, ce qui facilite leur repérage chirurgical. De consistance ferme, mais d’une grande friabilité, leur surface est parcourue de nombreux sillons.


Situation

Les surrénales sont situées en arrière du péritoine* et répondent au flanc latéral de la 12e vertèbre dorsale et de la 1re lombaire ; elles ont une position très fixe. Elles sont entourées par la capsule fibreuse et adipeuse du rein, mais elles sont séparées de celui-ci par le fascia inter surrénalo-rénal. Elles sont maintenues en place par les parois de la loge rénale, par les différents ligaments péritonéaux, par leurs vaisseaux, et surtout par les nombreux filets nerveux qui amarrent leur face postérieure : quand le rein se déplace, la surrénale correspondante ne bouge pas.


Rapports avec les organes voisins

La face postérieure, plane ou convexe, regarde en arrière et en dedans : elle s’appuie sur le diaphragme qui la sépare de la 12e vertèbre dorsale, de la lre lombaire et du cul-de-sac pleural ; l’abord chirurgical postérieur est donc gêné par la plèvre.

Entre le diaphragme et la surrénale se trouvent les éléments nerveux et veineux : le premier ganglion sympathique lombaire, le grand et le petit nerf splanchnique et la partie externe du ganglion semi-lunaire (plexus solaire), la veine lombaire ascendante, à droite la racine interne de la grande veine azygos et à gauche le canal veineux réno-azygo-lombaire.

La face antérieure a des rapports différents à droite et à gauche.
— La surrénale droite répond en avant et en dedans à la veine cave inférieure, qui la recouvre presque totalement et à laquelle elle est reliée par la veine surrénale moyenne : c’est un rapport capital et dangereux dans l’exérèse de cette glande. Plus en dehors, elle répond au foie. Plus bas, elle est recouverte de péritoine de façon variable, si bien qu’il existe un cul-de-sac péritonéal entre foie et surrénale, dont le fond constitue le ligament hépato-surrénal. Plus bas, elle répond parfois au genu superius duodénal (angle entre première et deuxième portion du duodénum).
— La surrénale gauche est recouverte par l’accolement de l’arrière-cavité des épiploons (v. péritoine). Sa partie inférieure est masquée par le corps du pancréas, accolé au plan supérieur. Plus haut, la glande répond à la face postérieure de l’estomac par l’intermédiaire de l’arrière-cavité.

La base répond au rein correspondant et se moule sur la convexité de son pôle supérieur, descendant plutôt sur la face antérieure. La surrénale gauche, située plus bas, se rapproche du pédicule rénal.

Le bord externe répond à la face antérieure du rein.

Le bord interne est recouvert à droite par la veine cave ; à gauche, il reste à distance de l’aorte. Il est longé par l’artère diaphragmatique inférieure ; enfin, il est en rapport intime avec le ganglion semi-lunaire.