Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Suède (suite)

Mais aux élections de septembre — avant lesquelles l’opposition a fait campagne contre la socialisation du pays, pour la décentralisation et pour l’abandon du programme nucléaire — le parti social-démocrate (42,9 p. 100 des voix et 152 sièges) est battu. Les partis centristes, libéraux et conservateurs, totalisent 50,7 p. 100 des voix et 180 sièges. Le centriste Thöbjörn Fälldin constitue alors un gouvernement de coalition.


Politique extérieure

La Suède, neutre durant les deux guerres mondiales, s’intéresse fortement aux problèmes de la paix (rôle du prince Folke Bernadotte [1895-1948] en Palestine, de Dag Hammarskjöld [1905-1961] comme secrétaire général des Nations unies). Elle entre à l’O. N. U. en 1946, à l’O. E. C. E. en 1948, au Conseil de l’Europe en 1949, dans la zone de libre-échange en 1960. En même temps, elle resserre les liens qui l’unissent traditionnellement aux autres pays scandinaves.

Le souci majeur d’Olof Palme est de ne pas porter atteinte au fragile équilibre de l’Europe du Nord. La Suède approuve la conférence sur la sécurité européenne proposée par la Finlande (juill. 1969), et le Premier ministre se rend à Paris en avril 1970 et rencontre le chancelier Willy Brandt, de l’Allemagne occidentale, en août 1970. Ces visites sont liées au problème de l’élargissement du Marché commun.

L’U. R.S. S., qui a vu d’un mauvais œil le projet d’une communauté économique des pays nordiques, qui risquerait d’entraîner la Finlande et la Suède dans un ensemble « atlantique », craint également l’entrée de la Suède dans la C. E. E.

En mars 1971, le gouvernement suédois fait part de son désir de ne pas adhérer au Marché commun, estimant que cette adhésion est incompatible avec le maintien de sa neutralité ; un accord de libre-échange pour la production industrielle est cependant approuvé par le Parlement suédois en décembre 1972. En mai 1973, le projet NORDAC, destiné à consacrer la coopération des pays nordiques en matière de recherche nucléaire, est abandonné après le refus de la Suède de participer à son financement.

P. P.

➙ Branting (Hjalmar) / Charles XII / Charles XIV ou Charles-Jean / Christine de Suède / Danemark / Finlande / Gustave Ier Vasa / Gustave II Adolphe / Gustave III / Norvège / Russie / Schleswig-Holstein / Stockholm / Trente Ans (guerre de).

 R. Svanström et C. F. Palmstierna, Histoire de la Suède (trad. du suédois, Delamain et Boutelleau, 1914 ; nouv. éd.. Stock, 1944). / I. Andersson, Histoire de la Suède des origines à nos jours (en suédois, Stockholm, 1943, 3e éd., 1950 ; trad. fr., Horvath, Roanne, 1973). / S. C. O. Carlsson et J. Rosén, Histoire de Suède (en suédois, Stockholm, 1961-62 ; nouv. éd., 1964 ; 2 vol.). / Svensk historik bibliografi, 1936-1950 (Stockholm, 1964). / R. Nordling, Suède socialiste et libre entreprise (Fayard et Mame, 1970).


La population

Vers 1650, la population était estimée à 1,2 million d’habitants. Un siècle plus tard, en 1749, lors du premier recensement dans le royaume, on dénombrait 1,8 million de personnes. Depuis, cette population n’a cessé de croître grâce à un excédent naturel qui s’est maintenu malgré la baisse du taux de natalité et l’immigration vers le début du xxe s. Aux xviie et xviiie s., le taux de natalité était en moyenne de 30 à 35 p. 1 000 et celui de mortalité de 25 à 30 p. 1 000. Le croît naturel annuel était donc de 0,5 p. 100 environ. Au xixe s., l’hygiène et la médecine firent baisser le taux de mortalité infantile et prolongèrent la vie ; le croît naturel atteignait 1,2 p. 100 dans les années 70 et 80, provoquant rapidement la surpopulation du territoire eu égard aux ressources et aux emplois offerts. Un grand nombre de Suédois durent émigrer. Amorcés dès 1840 vers l’Amérique du Nord, les départs annuels atteignirent 40 000 unités par an vers 1880. De 1865 à 1914, environ 1,3 million de Suédois quittèrent leur pays (0,3 million revinrent en Suède). L’émigration a pratiquement cessé au début des années 30. Durant et depuis la Seconde Guerre mondiale, la Suède a reçu des immigrants, principalement des Finlandais et des Allemands ainsi que des travailleurs yougoslaves. En 1971, il y avait 200 000 étrangers (2,5 p. 100 de la population), dont 85 000 Finlandais.

En 1975, la population s’élevait à 8 200 000 habitants. Aujourd’hui, l’accroissement naturel est très lent : en 1975, le taux de natalité était seulement de 12,6 p. 1 000 et celui de mortalité de 10,8 p. 1 000. En 1973, il y avait 30 p. 100 de moins de 20 ans, 52,5 p. 100 d’adultes de 20 à 59 ans et 17,5 p. 100 de personnes âgées de 60 ans et plus. La population active groupait environ 45 p. 100 des habitants (10 p. 100 dans les activités primaires, 42 p. 100 dans le secteur secondaire et 48 p. 100 dans le tertiaire).

La population est concentrée dans les parties méridionales et centrales du pays ainsi que sur le littoral du golfe de Botnie. La chaîne des Scandes, le nord-ouest de la Laponie (près de 20 p. 100 du territoire) sont presque totalement inhabités. Le barrskog, la grande forêt, qui s’étend sur la majeure partie du Norrland et de la Dalécarlie, n’est peuplé que de façon ponctuelle. La population rurale représente 25 p. 100 de la population nationale (en fait, beaucoup moins si, comme en France, on comptait comme ville toute agglomération d’au moins 2 000 habitants). À la suite du lagaskifte de 1827, loi de remembrement préparée par le storskifte de 1757 et l’enskifte de 1807, qui imposa l’éclatement des villages et l’éparpillement des habitations, l’habitat rural se présente partout sous la forme d’une extrême dispersion. À peu près seule, la Dalécarlie continue à rassembler ses maisons en village. L’habitat permanent se double souvent d’un habitat temporaire ; les chalets d’été (fäbod), utilisés autrefois lors de l’estivage du bétail, sont devenus maintenant des gîtes ruraux pour touristes. La dispersion de l’habitat rural a pour contrepartie une forme spécifiquement suédoise, les tätorter, qui sont de petits centres de services administratifs, commerciaux et culturels, et qui comptent quelques centaines d’habitants. Il y en a environ 1 pour 4 000 habitants.