Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

stéroïdes (suite)

 G. Pincus, Aspects du métabolisme des stéroïdes hormonaux (traduit de l’angl., Masson, 1955). / W. Klyne, The Chemistry of the Steroids (Londres, 1957, 3e éd., 1965 ; trad. fr. la Chimie des stéroïdes, Gauthier-Villars, 1966). / L. F. et M. Fieser, Steroids (New York, 1959). / M. F. Jayle et coll., Analyse des stéroïdes hormonaux (Masson, 1961-1965 ; 3 vol.). / R. I. Dorfman, Methods in Hormone Research, t. I (New York, 1962 ; 2e éd., 1968). / S. Coffey, Rodd’s Chemistry of Carbon Compounds, t. II (Amsterdam, 1970-71).

Stevenson (Robert Louis)

Écrivain britannique (Édimbourg 1850 - Vailima, près d’Apia, Samoa occidentales, 1894).


Enfant du siècle finissant, Stevenson porte maintes promesses de celui qui vient, ouvre la route à Conrad, à Kipling, esquisse la silhouette, familière au xxe s., de l’écrivain anglais globe-trotter, des Maugham, ou des Greene, annonce la littérature de l’étrange, du symbolisme, Théodore Francis Powys et tels autres écrivains des années 20. Son art prépare nombre de métamorphoses de la littérature contemporaine. Admirateur de Dumas, Stevenson s’engage dans les voies de l’aventure pure — à laquelle King Solomon’s Mines (1885) de Henry Rider Haggard servira de prototype — et de ces « thrillers » lancés définitivement par A. C. Doyle et A. Christie. Et, comme W. Scott, tenu par lui en haute estime, il pratique même la fiction historique et régionale de son Écosse natale. Pourtant, avant de se réaliser, il doit exorciser maints démons du passé. Mieux que Samuel Butler, il secoue le poids du milieu (haute bourgeoisie intellectuelle, conformisme religieux) et la toute-puissance paternelle. Sa fuite dans l’évasion et son agnosticisme témoignent de l’indomptable résolution de ce jeune homme frêle miné par la tuberculose. À sa vocation d’écrivain ne résistent ni les études d’ingénieur (1871), ni les perspectives du barreau (1875). À trente ans, son mariage, à San Francisco, avec Fanny Osbourne marque l’heureux dénouement d’une belle histoire d’amour. Stevenson écrit et voyage. Le début de The Wreckers (1892) rappelle les souvenirs du Quartier latin et des artistes fréquentés à Barbizon (vers 1876), tandis que A Footnote to History (1892) relate l’histoire des Samoa, où l’écrivain finit ses jours en seigneur révéré, portant le surnom de « Tusitala », le Conteur. Parfois ses livres de voyages réveillent des résonances sterniennes : à pied dans le Suffolk (« Roads », 1873) ; en canoë sur les canaux de Belgique et de France (An Inland Voyage, 1878) ; à dos d’âne dans les Cévennes (Travels with a Donkey in the Cevennes, 1879) ; sur les bateaux en Amérique, avec les convois d’immigrants vers l’Ouest ou dans les mines abandonnées (The Silverado Squatters, 1883 ; The Amateur Emigrant, 1895).

Ce goût d’écrire remonte très loin — à seize ans, Stevenson publie un pamphlet historique, The Pentland Rising —, et un succès lent à se dessiner ne le freine pas. Ses premières armes, comme critique et essayiste, donnent les moqueuses Edinburgh : Picturesque Notes (1879) et des essais familiers, tels que Virginibus puerisque (1881) ou Familiar Studies of Men and Books (1882), contenant sa remarquable étude « The Gospel according to Walt Whitman » et Memories and Portraits (1887), où « Humble Remonstrance » à Henry James fait ressortir sa conception de l’art. S’essayant dans tous les genres, Stevenson réussit assez mal dans le théâtre (Deacon Brodie, 1884), mieux dans la poésie avec le charmant recueil A Child’s Garden of Verses (1885) ou Underwoods (1887), où se trouve sa célèbre épitaphe « Requiem ».

La nouvelle et surtout le roman restent son domaine véritable. Tenant de la fiction d’évasion, du « romance », Stevenson n’oublie cependant pas les leçons de réalisme de Flaubert (« The Beach of Falesa »). Son aventure puise dans le contexte imaginaire (Prince Otto, 1885), historique (The Black Arrow, 1888 ; Saint Ives, 1897), écossais le plus souvent (Kidnapped, 1886 ; sa suite Catriona, 1893 ; Weir of Hermiston, inachevé, 1896). Surtout, elle procède de la plus pure essence des rites d’enfants, où l’adulte aime à se replonger dans le désormais classique Treasure Island (1883), une île de plus au Trésor des rêves des nations. A l’action s’ajoutent le fantastique qui baigne les nouvelles de New Arabian Nights (1882) — où apparaît le « Suicide club » — et le surnaturel dans « Thrawn Janet » (du recueil The Merry Men, 1887). Tout cela prend cette forme très caractéristique de l’œuvre de Stevenson, faite de la dualité de la personnalité, des complexes et inquiétantes profondeurs de l’âme humaine, propre aussi à son ami Henry James. À côté de « Markheim » et de The Master of Ballantrae (1889), deux variantes, The Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde (1886) en constitue l’illustration la plus parfaite, son œuvre assurant gloire et succès à Stevenson et l’installant, à elle seule, en bonne place dans la lignée des maîtres observateurs du mal dans ses effets.

D. S.-F.

 J. M. Carré, la Vie de R. L. Stevenson (Gallimard, 1929). / R. Kiely, R. L. Stevenson and the Fiction of Adventure (Cambridge, Mass., 1964). / C. Mackenzie, Robert Louis Stevenson (Londres, 1968).

Stijl (De)

Revue et groupe artistique néerlandais (1917-1932).


De Stijl (« le style ») est la plus importante contribution des Pays-Bas à l’art moderne. Le premier numéro de la revue mensuelle De Stijl paraît à Leyde en octobre 1917 (l’ensemble de la série a été réédité en 1968). Un groupe s’ébauche avec pour intention d’aller jusqu’au bout des conséquences logiques du cubisme*. En prônant la « nouvelle peinture » ou le « néo-plasticisme », De Stijl institue une pratique et une théorie radicale de l’abstraction*, où les moyens d’expression sont réduits au minimum ; il s’agit d’établir un nouveau langage plastique limité à la ligne droite et à l’angle droit, aux trois couleurs primaires, rouge, jaune, bleu, et aux trois valeurs de base, blanc, gris, noir.