Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

stars (suite)

En France, après la révélation de Gérard Philipe dans le Diable au corps (1947), qui a fait de lui d’emblée une grande vedette, seule Brigitte Bardot a pu prétendre au titre de star. Découverte dans Et Dieu créa la femme (1956) et lancée par son époux Roger Vadim, Bardot, mariée, comme Marilyn, à un intellectuel, accéda à la fois à l’humanité la plus quotidienne et à la spiritualité (dans des films comme la Vérité [1960], Vie privée [1962] ou le Mépris [1963]). Si la jeunesse s’est immédiatement identifiée à elle, l’a adorée et imitée, l’accord entre la comédienne et son public n’a pas subsisté longtemps : le second a évolué plus vite que la première, et, contrairement à ce qui s’est produit pour Marilyn, fixée à jamais dans la légende du fait de sa fin dramatique, la vogue de Brigitte Bardot fut finalement éphémère.

En Italie, deux stars ont succédé aux rares vedettes du cinéma mussolinien : Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Même physique opulent et même emploi. Elles sont devenues mythiques par rivalité. Et on ne peut pas dire que Claudia Cardinale ou Monica Vitti, qui leur ont succédé, soient véritablement des stars. Tout au plus de grandes vedettes, la première menant sa carrière de la légèreté à l’intellectualisme, la seconde optant pour un chemin inverse, qui l’a conduite des films d’Antonioni (L’Avventura [1959), la Nuit [1960] ou le Désert rouge [1964]) aux comédies échevelées (Moi, la femme, 1970).

Au fur et à mesure que le rythme de consommation de la société moderne s’est accru, le mythe de la star a décru, pour ne pas dire totalement disparu : le public, par manque de temps et aussi par évolution spirituelle et matérielle, n’a plus ni le goût ni le loisir d’envier, de diviniser ou simplement d’imiter tel comportement de star. Au cours de la longue période qui va de 1930 à 1960, il faut noter que l’évolution du star-system a conduit l’ensemble des spectateurs et des réalisateurs à s’intéresser au quotidien, au réalisme, à l’humanité. L’effet narcissique produit par les stars est aujourd’hui pratiquement caduc, exception faite, peut-être, pour Elizabeth Taylor ou Marlon Brando, lequel, après un long déclin, est redevenu une star depuis le Dernier Tango à Paris (1972) et le Parrain (1972). Dans le cas d’Elizabeth Taylor, qui demeure une star, anachroniquement, c’est vraiment l’exception confirmant la règle. Son mariage orageux avec Richard Burton, toute sa vie privée continuent de fasciner le public, qui poursuit un rêve à travers elle, mais qui ne va pas, pour autant, la voir au cinéma : certains parmi ses films ne sont que d’honnêtes succès commerciaux ; d’autres sont des échecs purs et simples.

La star est devenue familiale et familière ; elle peut, à présent, épouser un acteur secondaire ou un médecin, ou avoir des enfants sans se marier. Dès lors, métamorphosée en bourgeoise comme les autres (certes plus riche, mais, en apparence, peu différente), elle est devenue mortelle. Le fait qu’elle semble proche, davantage présente au milieu de nous, qu’elle paraisse partager avec le public ses problèmes sentimentaux ou domestiques n’empêche qu’on l’adore encore : dans des clubs, des associations, des magazines. Mais sans délire.

À la limite, une star, pour le rester aujourd’hui, doit presque être morte. Tyrone Power, Clark Gable, Humphrey Bogart, Marilyn Monroe ou James Dean, en qui la jeunesse du monde, sans idéal et sans autre cause que la violence et la solitude, se projeta au milieu des années 50, toutes ces stars défuntes n’ont rien perdu de leur auréole divine. Et les stars, qui ont, à leur manière, recommencé l’histoire des dieux de l’Antiquité, sont à présent ramenées à toute force sur la terre par la masse des spectateurs. À l’hystérie qu’elles provoquèrent maintes fois a maintenant succédé la nostalgie. On visite les stars comme on traverse un musée : avec respect, celui qu’on doit aux choses millénaires, anciennes ou simplement passées. Leur survivance est à ce prix.

M. G.

 E. Morin, les Stars (Éd. du Seuil, coll. « Microcosme », 1957).

statique

Partie de la mécanique rationnelle qui a pour objet l’étude de l’équilibre, c’est-à-dire l’absence de mouvement, des corps matériels dans l’espace sous l’action des forces appliquées et des liaisons quand il en existe.



Généralités

La statique comprend en premier lieu l’équilibre des points matériels libres ou assujettis à des liaisons, puis celui des systèmes de points et finalement celui des solides indéformables, que l’on peut considérer comme des ensembles de points soumis à des liaisons rigides. La statique des solides déformables, dans lesquels les liaisons sont des fonctions des forces et des réactions, est plutôt rattachée à l’élasticité et à la résistance des matériaux. On peut considérer la statique comme précédant logiquement la dynamique ou encore comme un complément ou un cas particulier de cette dernière, en considérant les corps en mouvement comme des corps en équilibre, par l’adjonction des forces d’inertie (théorème de d’Alembert).

La statique sera étudiée, dans ce qui suit, sur la base de la règle du parallélogramme, qu’il faut considérer comme un postulat : les forces se traitent comme des vecteurs, dont les propriétés leur sont entièrement et immédiatement applicables. En outre, les liaisons créent des forces, en tout point assimilables aux forces extérieures appliquées et qui sont, elles aussi, de la nature des vecteurs.


Équilibre d’un point libre

Plusieurs forces appliquées à un point matériel se font équilibre lorsque, le point étant en repos, ces forces ne modifient pas son état de repos. L’accélération γ que cet ensemble de forces impriment au point est nulle. Cette condition nécessaire est évidemment suffisante d’après le principe de l’inertie.

• Cas particulier de deux forces. Si le point matériel libre est sollicité par deux forces et , pour qu’il soit en équilibre, il faut et il suffit que ces deux forces soient égales et opposées.