Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

spectacles (droit des) (suite)

Les visas

Une fois tourné, le film doit obtenir un visa d’exploitation délivré par la Commission de contrôle cinématographique, afin de pouvoir être diffusé sur le territoire national. Cette Commission doit émettre un des avis suivants avant de délivrer son visa : autorisation pour tous les publics ; interdiction aux mineurs de moins de treize ans ; interdiction aux mineurs de moins de dix-huit ans ; interdiction totale. Elle peut également proposer des modifications ou des coupures. Mais c’est le ministre des Affaires culturelles qui décide, en dernier ressort, d’accorder ou de refuser le visa. Par ailleurs, toute exportation de films, toute cession ou concession d’exploitation d’un film à l’étranger est subordonnée à l’obtention d’un visa d’exportation.


La police des spectacles cinématographiques

Comme pour les spectacles de théâtre, le maire a le droit d’interdire la projection d’un film dans sa commune même si le film a eu le visa d’exploitation. Il faut, dans ce cas, que le film soit susceptible de porter atteinte ou menace à l’ordre public en raison de circonstances locales particulières.

D. N.

➙ Censure / Cinéma / Théâtre.

 G. Lyon-Caen et P. Lavigne, Traité théorique et pratique de droit du cinéma français et comparé (L. G. D. J., 1957 ; 2 vol.). / J. Robert, Libertés publiques (Montchrestien, 1971).

spectre

Ensemble de radiations émises ou absorbées par un élément excité dans certaines conditions.


Le spectre d’un élément peut être très différent suivant les conditions d’excitation. On a coutume de définir dans le cas des spectres d’émission les spectres de flamme, les spectres de four électrique, les spectres d’arc et les spectres d’étincelles, qui correspondent à une excitation croissante de l’élément considéré, le même élément pouvant donner des spectres complètement différents suivant son excitation.


Méthodes de production des spectres


Spectres de flamme

Ils s’obtiennent très facilement en plaçant dans la flamme d’un bec Bunsen un fil de platine recouvert préalablement d’une solution contenant l’élément à étudier, par exemple un sel de métal alcalin ou alcalino-terreux. Dans ce type d’excitation, on obtient un petit nombre de raies que l’on retrouve dans le spectre d’arc. Si la température de la flamme est plus élevée, on peut obtenir également le spectre d’autres métaux, tels que le cuivre. Il faut noter que les métalloïdes ne donnent pratiquement pas de raies caractéristiques dans la flamme, mais que les spectres obtenus peuvent être accompagnés de l’émission de la flamme elle-même, qui comprend des spectres de bandes de la vapeur d’eau, de l’azote et de composés du carbone. L’inconvénient de l’obtention de spectres à l’aide d’une flamme réside surtout dans le fait que la température de la flamme est difficilement mesurable avec précision et que cette température ne peut varier de façon continue. Par contre, à l’aide d’un four électrique, on peut, par exemple, faire varier de façon continue la température d’une vapeur métallique, connaître sa pression et déterminer ainsi l’évolution du spectre d’un élément depuis la température du bec Bunsen (1 700 °C) jusqu’à la température de l’arc (3 000 °C).


Spectre d’arc

Il s’obtient en provoquant entre deux électrodes voisines, dont l’une au moins contient l’élément à analyser, le passage d’un courant électrique dont l’intensité est comprise entre 5 et 10 ampères. Lorsqu’on étudie le spectre d’un élément obtenu de cette façon, il faut éviter, d’une part, le spectre parasite dû à l’incandescence des électrodes et, d’autre part, la lumière issue de l’arc au voisinage des électrodes, région qui est le siège d’un champ électrique très intense ; les raies émises dans cet espace peuvent avoir une longueur d’onde différente de celles qui sont émises par le centre de l’arc. Ce phénomène est à rattacher à l’effet Stark, qui peut être supprimé si l’on provoque l’arc dans une enceinte fermée où la pression est de l’ordre de quelques millimètres de mercure.


Spectres d’étincelles

Ils sont obtenus en créant entre deux électrodes la décharge d’un condensateur chargé à un haut potentiel, de telle sorte que le courant instantané produit ait une intensité de l’ordre de quelques centaines d’ampères.


Spectres de décharges dans les gaz

Ils peuvent être obtenus par le passage d’un faisceau d’électrons dans un gaz sous faible pression, par exemple dans les tubes de Geissler (la brillance étant plus grande dans la partie capillaire du tube).


Les différents types de spectres

Les solides et les liquides portés à l’incandescence donnent un spectre qui, observé à l’aide d’un spectroscope, présente un aspect continu, c’est-à-dire comprend toutes les longueurs d’onde avec une loi de répartition de la luminance entre ces différentes longueurs d’onde.

Les gaz et les vapeurs peuvent présenter également, suivant les conditions d’excitation, un spectre continu ; c’est le cas, notamment, des lampes à hydrogène ou à deutérium, qui fournissent un spectre continu dans l’ultraviolet, spectre très utilisé pour l’étude de l’absorption des substances dans ce domaine de longueur d’onde. Mais, dans les conditions usuelles d’excitation, les gaz ou les vapeurs fournissent des spectres de raies composés de radiations monochromatiques ou des spectres de bandes qui peuvent elles-mêmes être considérées comme formées de « paquets » de spectres de raies très voisines les unes des autres.

On peut admettre que les spectres de raies sont dus aux atomes neutres ou ionisés des éléments considérés et les spectres de bandes aux molécules des éléments. On conçoit donc que, suivant l’excitation considérée, on pourra passer des molécules aux atomes, donc des spectres de bandes aux spectres de raies.