Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sondeur (suite)

La sonde à main

Elle est constituée d’un plomb pesant de 3 à 4 kg attaché au bout d’une ligne graduée de 50 m de longueur environ. Le plomb, de forme pyramidale allongée, comporte à sa base une cavité que l’on peut remplir de suif, ce qui permet de recueillir un échantillon du fond ou simplement de vérifier que le plomb a bien touché. Elle se range (avec précaution pour éviter les nœuds) dans un seau, un sac ou un panier et est solidement amarrée au fond de ce récipient.

Pour se servir correctement de la sonde à main, on lance le plomb vers l’avant du bateau quand il se déplace ; on laisse filer la ligne en conservant une certaine tension et on la relève quand on passe à la hauteur du point où le plomb a été immergé. Les sondages à la main ne sont vraiment précis que pour des profondeurs qui sont inférieures à 15 m.


Le sondeur mécanique

Le plus répandu des sondeurs de ce type est le sondeur Thomson, dont le principe est fondé sur la loi de Boyle-Mariotte : on mesure la profondeur d’après la pression hydrostatique au fond. Pour cela, on envoie au bout d’une ligne un tube de verre fermé à la partie supérieure et dont l’intérieur est enduit de chromate d’argent ; l’eau de mer pénètre dans le tube en comprimant l’air en fonction de la profondeur jusqu’à une certaine hauteur marquée par la coloration jaune résultant de la décomposition du chromate d’argent par le sel de l’eau de mer. La manœuvre consiste à prendre un tube neuf, à casser la partie inférieure, à le mettre dans la capsule du sondeur et à faire descendre cette capsule jusqu’au fond, en prenant des précautions pour que, lors de l’arrêt, il n’y ait pas d’oscillations trop fortes de l’eau entrée dans le tube. On peut ainsi mesurer des profondeurs jusqu’à environ 200 m.


Le sondeur acoustique

C’est le type le plus usité à l’heure actuelle. Il utilise le mode de détection par écho. On mesure la profondeur en émettant dans l’eau une impulsion sonore très brève et en mesurant le temps émis par cette impulsion pour aller jusqu’au fond et pour en revenir, la vitesse de propagation du son dans l’eau étant de l’ordre de 1 500 m/s. La mesure de la durée du trajet aller et retour ne présente pas de difficulté, en tout cas pas les mêmes que pour le radar, qui est fondé sur le même principe de détection par écho, mais en utilisant des ondes électromagnétiques qui se propagent à 300 000 km/s.

Si l’on veut non pas détecter le fond de la mer, mais connaître la distance horizontale d’un obstacle situé dans le voisinage du navire, au lieu d’envoyer un faisceau d’ondes sonores verticalement, on l’envoie horizontalement dans la direction convenable ou en balayant le plan horizontal si l’on ne connaît pas la direction et qu’on cherche l’obstacle ; l’équipement est alors appelé sonar. En dehors des applications militaires, le sonar est très utile actuellement aux très grands navires pour accoster à quai. De même, on peut, en projetant le faisceau verticalement vers le haut à partir d’un véhicule sous-marin, connaître la distance de la surface de l’eau. Les pêcheurs utilisent un tel dispositif pour connaître la position de leur chalut ; des sondeurs spéciaux disposés à l’ouverture du chalut mesurent simultanément la distance du fond et de la surface ; ces indications sont transmises au chalutier par ondes sonores, plutôt que par câble. Les sondeurs acoustiques et les sonars emploient des ultrasons de façon à émettre des faisceaux assez directifs à partir de sources de dimensions acceptables. La dimension de la source doit être assez grande par rapport à la longueur d’onde afin de réaliser cette directivité. Les fréquences utilisées par les sondeurs sont en général de 38 ou de 50 kHz, ce qui donne un faisceau de 10 à 20° d’ouverture.

Le sondeur comprend trois éléments.
— Un projecteur émetteur et récepteur d’ultrasons, avec quartz piézoélectrique ou céramique, est installé sur la coque du navire, en contact avec l’eau ; son emplacement doit être choisi de façon que le fonctionnement de l’appareil ne soit pas perturbé par le passage de bulles d’air, qui forment écran pour les ondes acoustiques.
— Un émetteur-récepteur produit l’impulsion à l’émission, reçoit et détecte l’arrivée de l’écho ; il est relié par câble au projecteur.
— Un indicateur-enregistreur donne la mesure de la profondeur et présente le profil du fond, des obstacles et de tout ce qui intéresse le navigateur.

Les sondeurs actuels sont assez sensibles et perfectionnés pour repérer non seulement le fond, mais les bancs de poissons et même les poissons isolés quand ils ont une certaine dimension ; aussi les appelle-t-on parfois « loupe à poissons ».

E. G.

➙ Cabotage / Navigation / Pêche maritime.

Song (époque)

Époque correspondant aux dynasties des Song du Nord (960-1127) et des Song du Sud (1127-1279), au cours de laquelle, après plus de cinquante ans d’anarchie, la Chine atteint le point culminant de sa culture.


Isolée au nord et à l’ouest par la pression des Barbares, repliée sur elle-même, la Chine repense et approfondit le legs d’une longue tradition : philosophie, poésie, sciences rivalisent d’éclat et s’accompagnent d’une remarquable floraison des arts, en particulier de la peinture et de la céramique.

La maîtrise de la peinture s’affirme dans le paysage au lavis d’encre qui s’était révélé déjà sous les Cinq Dynasties (907-960) avec Jing Hao (King Hao) et Guan Tong (Kouan T’ong), initiateurs d’un art puissant et tragique. Les peintres du monochrome ne tendent pas à la ressemblance, bien que leur art s’appuie sur une patiente et minutieuse observation : ils recomposent la nature, exprimant leur état d’âme par des rythmes, des contrastes, des dominantes, pour aboutir à une communion mystique de l’homme et de l’univers. Œuvre de lettrés et de poètes, utilisant les moyens de la calligraphie, la peinture participe au prestige de celle-ci et s’identifie à la poésie. Le pinceau souple permet tous les jeux d’encre. Négligeant le cerne, le peintre use de taches, de points, de dégradés, de valeurs intenses ou légères. À la fin du xe s., Dong Yuan (Tong Yuan*) et Juran (Kiu Jan) prolongent le « style monumental » de leurs prédécesseurs et l’aèrent en y introduisant l’espace, désormais élément capital, suggéré par des vides et des brumes qui différencient les plans et créent un sentiment d’infini. Au xie s., les visions lyriques de Xu Daoning (Hiu Taoning) et de Guo Xi (Kouo Hi*) s’adaptent au déroulement de longs rouleaux horizontaux où s’enchaînent ombres et clartés, masses denses et atmosphères évanescentes. À cette grandeur majestueuse va succéder une conception plus restreinte qu’illustre l’art « impressionniste » de Li Tang (Li T’ang*) et de Mi Fu (Mi Fou*).