Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

soie (suite)

Filature

La filature de soie consiste à dévider les filaments des cocons. Ces filaments sont constitués de deux éléments de fibroïne accolés par le grès, ou séricine (de 20 à 25 p. 100 en poids du filament de grège). On réunit plusieurs filaments issus de cocons différents de façon à constituer une grège de titre voulu, qui se présente sous la forme d’un véritable crin.

La fibroïne est une protéine fibrillaire constituée de macromolécules linéaires, elles-mêmes formées par l’union de quelque 400 à 500 molécules d’aminoacides. On compte dix-sept aminoacides principaux. La glycine représente 38 p. 100 de la totalité de la fibroïne, l’alanine 25 p. 100, la serine 13 p. 100 et le tyrosine 12 p. 100. Le restant, soit 12 p. 100, est constitué des treize autres aminoacides. La structure de la macromolécule de fibroïne est séquencée, c’est-à-dire qu’elle est formée de segments d’éléments macromoléculaires. Ces portions de macromolécules diffèrent entre elles par leur constitution. Les unes renferment uniquement des aminoacides de faible poids moléculaire (glycine, alanine, serine), ce qui leur confère une très grande uniformité de structure et les rend aptes à s’associer en réseaux parallèles constituant de véritables micro-cristaux, responsables, entre autres propriétés, de la haute ténacité de la fibroïne. Les autres portions des macromolécules renferment des aminoacides de poids moléculaire variable, mais généralement élevé, tels que tyrosine, phénylalanine, tryptophane, etc. Ces portions de macromolécules s’arrangent selon une répartition purement statistique, constituant les domaines amorphes de la matière, et assurent de ce fait à la fibroïne sa souplesse, sa résilience, son élasticité.

La séricine est une protéine constituée par les mêmes aminoacides que ceux de la fibroïne, mais dans des proportions différentes. C’est une protéine du type globulaire d’une structure amorphe analogue à celle de la gélatine.


Décreusage

L’opération de décreusage consiste à éliminer la séricine. La fibroïne et la séricine sont des matières protéiques, mais la séricine est plus facilement attaquable, hydrolysable que la fibroïne. Tout le problème, sur le plan technologique, consiste à assurer une bonne dispersion du grès sans dégrader la fibroïne. Le savon est la base de l’opération de décreusage. Soumise de façon contrôlée à l’action d’un bain de savon, la soie est dépouillée de son grès, par dispersion de celui-ci sans que la fibroïne soit altérée. Le défaut d’exfoliation, ou lousiness ou duvet originel, est caractérisé par l’existence de très fines fibrilles qui, au moment du décreusage, se détachent du brin de fibroïne et confèrent à la soie un aspect duveteux. Par microscopie électronique, le docteur Jean Gallois a montré que, dans une soie grège présentant le défaut d’exfoliation, des brins de fibroïne apparaissent comme éclatés en de multiples fibrilles. Ces fibrilles, entourées de séricine, ne sont libérées qu’au moment du décreusage, qui révèle ainsi le défaut d’exfoliation. Ce défaut est la conséquence d’un désordre qui se produit dans les glandes sérigènes.


Traitements de charge

Ceux-ci apportent à la soie des qualités d’aspect, de tombant, de toucher, de main. La charge appliquée actuellement est toujours à base de phosphosilicate d’étain.


Blanchiment

Le blanchiment de la soie est effectué uniquement à l’eau oxygénée. L’azurage fait appel à des azurants optiques du type laine.


Teinture

Le matériel de teinture en fil est resté traditionnel dans la plupart des cas, mais la mise sur le marché de soie présentée en gâteaux permet d’utiliser le matériel de teinture des textiles artificiels ou synthétiques : teinture par empaquetage ou par embrochage sur tubes perforés.

Le matériel de teinture en pièces des articles en soie a peu évolué. On doit, en effet, éviter toutes causes de cassures, éraillages, déplacements de fils, toute tension excessive, ce qui ne permet pas de travailler à la continue.


Impression

L’impression reste un des domaines les plus importants de l’industrie de la soie. C’est, en effet, un moyen qui permet de conférer aux articles de soie toute leur personnalité, en tenant compte des influences éphémères de la mode et de l’évolution artistique.


Apprêt

Pour les articles de soie, on utilise encore le plus souvent les apprêts classiques. On a tenté de faire appel à des apprêts infroissables ou à des apprêts antitaches, mais les propriétés nouvelles conférées à la soie ne doivent pas l’être au détriment de ses propriétés initiales : souplesse, brillant, qui sont sa raison d’être. Ce compromis, difficile à réaliser, a limité l’application des résines aminoplastes et fluorées. Les apprêts imperméables, à base de silicones, sont, au contraire, utilisés couramment, en particulier pour les foulards, carrés, écharpes.

En 1971, la France a importé 407 t de soie grège, dont la majeure partie était en provenance de la Chine. Le problème essentiel qui se pose aujourd’hui pour cette matière est celui de la production séricicole, qui doit être maintenue à son niveau actuel.

S. P.

➙ Blanchiment / Bobinage / Filature / Impression / Teinture et apprêts / Textiles (industries) / Tissage.

 J. Vaschalde, les Industries de la soierie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1962 ; 2e éd., 1972).

soif

Sensation que produit le besoin de liquides.


La soif détermine un comportement spécifique qui est celui de boire. En tant que sensation, la soif est une expérience subjective qui ne peut être analysée que chez l’homme. En revanche, la conséquence de la soif, c’est-à-dire l’ingestion de liquide, est un phénomène objectif et quantifiable que l’on peut étudier chez l’animal et chez l’homme.