Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sociométrie (suite)

 H. Jennings, Leadership and Isolation (New York, 1943 ; 2e éd., 1950). / P. H. Maucorps et R. Bassoul, Empathies et connaissance d’autrui (C. N. R. S., 1950). / M. L. Northway, A Primer of Sociometry (Toronto, 1952 ; trad. fr. Initiation à la sociométrie, Dunod, 1963). / R. Tagiuri et L. Petrullo (sous la dir. de), Person Perception and Interpersonal Behavior (Stanford, Calif., 1958). / J. Maisonneuve, Psychosociologie des affinités (P. U. F., 1966). / A. Analin-Schützenberger, la Sociométrie (Éd. universitaires, 1972). / Y. Toesca, la Sociométrie à l’école primaire (E. S. F., 1972).

socle

Portion consolidée de la croûte terrestre sur l’emplacement d’anciennes chaînes de montagnes dont l’orogenèse est achevée depuis très longtemps et qui ont été complètement arasées par l’érosion.


Leur rigidité rend les socles peu aptes à se déformer. Les régions de socle sont donc tectoniquement stables ; elles ne sont affectées que par des déformations de type épirogénique, qui les individualisent en bombements plus ou moins failles (antéclises de la terminologie soviétique), séparés par des cuvettes sédimentaires (synéclises).

Du point de vue géomorphologique, les socles se caractérisent par la monotonie de leur relief : des surfaces planes s’y étendent à perte de vue ; les seuls accidents notables sont des rebords de plateaux et des vallées en gorges.


Formes de relief des socles

Les plates-formes sont le thème dominant du relief des socles. Tranchant des structures complexes, essentiellement cristallines, ce sont des surfaces d’aplanissement dont l’importance dans le relief s’explique à la fois par la très longue histoire géomorphologique des socles, qui ont été arasés à plusieurs reprises le plus souvent, et par la grande résistance des roches qui les constituent et qui conservent bien les formes.

Les diverses surfaces d’aplanissement s’agencent dans l’espace de façons diverses. Tantôt elles se recoupent sous des angles très faibles en facettes, ce qui témoigne de déformations de faible amplitude n’entraînant que d’infimes retouches à un aplanissement primordial. Tantôt elles s’étagent en gradins s’abaissant du centre du massif vers sa périphérie. Le premier cas s’observe par exemple en Suède méridionale, où, après la réalisation d’un aplanissement précambrien nivelant le socle de l’Urberg, l’érosion n’a fait que déblayer la couverture cambro-silurienne qui l’avait fossilisé et a seulement égratigné le socle dans le Småland en y façonnant une facette postsilurienne elle-même recoupée par la surface paléique (Crétacé ?). Au contraire, en Suède septentrionale, c’est le second type d’agencement des surfaces qui est réalisé : dans le Västerbotten, on a dénombré jusqu’à treize gradins d’érosion étages depuis la frontière norvégienne jusqu’au golfe de Botnie ; ces gradins témoignent d’un soulèvement par saccades du massif, au total beaucoup plus prononcé qu’en Suède méridionale.

Le rythme et le style du soulèvement sont, en effet, déterminants dans le mode d’agencement des surfaces. Si le socle se soulève par pulsations atténuées, l’ablation reste faible, de sorte qu’à la surface primordiale se substitue une surface de régradation ; dans la zone charnière, le long de laquelle le socle tend à se soulever par d’infimes basculements, le bilan de l’érosion est pratiquement nul, chaque vague d’aplanissement ne faisant que perfectionner l’aplanissement primordial par des retouches de détail et contribuant à la réalisation d’une surface polygénique. Si le socle se soulève par pulsations accusées, il offre un volume dans lequel le réseau hydrographique s’encaisse ; par érosion régressive, ce volume tend à être effacé à partir de la périphérie ; l’ablation est donc plus considérable, et il en résulte un emboîtement de surfaces.

La monotonie des surfaces planes est rompue par divers types d’accidents. Ce sont, en premier lieu, des escarpements de faille. La rigidité des socles explique que ce type d’accidents tectoniques soit fréquent. Ce sont parfois des accidents majeurs, comme les grandes failles de l’Afrique orientale, qui ont engendré de profonds fossés d’effondrement et créé des reliefs d’autant plus considérables qu’à la faveur des cassures du socle des montées éruptives ont surajouté des édifices volcaniques. C’est le même phénomène qui accidente, mais à une plus petite échelle, le cœur du Massif central français avec le fossé de la Limagne et les volcans éteints d’Auvergne.

Il existe aussi une infinité de failles modestes qui débitent le socle en panneaux dénivelés. Leur identification n’est pas toujours aisée, et on les a parfois confondues avec des gradins d’érosion : ainsi, le relief du Limousin a été classiquement interprété comme le type parfait d’un socle à aplanissements emboîtés, alors qu’on considère aujourd’hui que les différents plateaux ne sont que des fragments dénivelés par des failles d’une même surface. Tous les escarpements de faille ne sont cependant pas originels ; d’anciennes dislocations peuvent avoir été rajeunies par le dégagement du plan de faille par l’érosion différentielle.

Les reliefs d’érosion différentielle constituent en effet le second type de formes capables de rompre l’uniformité géomorphologique des socles. Ils sont, cependant, peu développés, car les socles, par leur nature lithologique, sont peu propices au jeu de l’érosion différentielle. Les roches cristallines y sont largement prépondérantes : roches métamorphiques, qui, des schistes cristallins aux micaschistes et aux gneiss, montrent des transitions ménagées défavorables à la mise en valeur de forme d’ablation sélective ; roches plutoniques, qui sont montées des profondeurs sous forme de batholites plus ou moins circonscrits et ayant métamorphisé les roches encaissantes à leur contact. Les différenciations lithologiques ne sont donc, généralement, pas tranchées, ce qui explique le faible rôle qu’elles jouent dans le relief. Tout au plus note-t-on d’une roche à une autre des modalités de dissection un peu différentes, qui n’introduisent que des nuances peu sensibles. Pourtant, dans certains cas, des contrastes nets peuvent être exploités par l’érosion : ce sont tantôt des plans de faille qui juxtaposent des roches de résistance très inégale, tantôt des batholites, qui surgissent en dôme d’un moutonnement de collines, comme on en voit de nombreux exemples en Afrique occidentale, où des batholites tardifs, peu fissurés, puisqu’ils ont échappé aux efforts tectoniques les plus violents, sont mis en relief par rapport aux granites précambriens, intensément fracturés. À l’inverse, les batholites peuvent être moins résistants que les roches encaissantes et apparaître en creux ; plusieurs exemples en ont été décrits dans le Bouclier canadien. Parfois encore, c’est l’auréole de métamorphisme de contact qui résiste le mieux et qui est mise en saillie par rapport aussi bien au batholite qu’aux roches encaissantes.