Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

ski (suite)

La politique de l’équipement de la montagne, menée par les collectivités locales, l’État et les sociétés privées, a comporté trois périodes : la première génération a vu s’affirmer la vocation pour le ski de villages de montagne traditionnels ; la deuxième génération a enregistré des aménagements nouveaux, qui se greffaient sur un village existant ; la troisième est celle des créations.

Pour être classée, une station doit répondre à certaines normes concernant l’altitude, la capacité hôtelière, les voies d’accès, le service d’accueil, l’équipement sanitaire et médical, le nombre de remontées mécaniques. Un Comité des stations françaises de sports d’hiver regroupe toutes les stations classées.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et en prévision de l’expansion du ski (10 p. 100 en moyenne par an), les efforts les plus importants ont porté sur la recherche et l’équipement de sites vierges à haute altitude (environ 2 000 m), et ces efforts ont abouti à des créations originales. La spéculation sur l’avenir économique du ski, le « mythe de l’or blanc » et le fait que de telles réalisations ne pouvaient aboutir que par le moyen de la promotion immobilière ont, au départ, affecté les stations modernes d’un coefficient péjoratif. Il y eut certes des excès ; on parla de « Sarcelles des neiges », mais, si certains types de construction peuvent surprendre en haute montagne, on est revenu dans ce domaine à des conceptions plus raisonnables ; la capacité moyenne des stations nées entre 1960 et 1970 est de l’ordre de 8 000 lits.

Les stations modernes présentent de nombreux avantages. L’acquisition des terrains et, partant, la possibilité de les modeler selon les besoins des skieurs, la possession d’un réseau unique de remontées mécaniques, dont l’implantation par une seule société permet l’utilisation optimale des champs de neige, et la situation des centres là où le ski est possible six mois par an environ grâce à l’enneigement de la très haute montagne, tous ces éléments, auxquels s’ajoute le souci du confort du skieur, qui chausse pratiquement les skis à la sortie de son appartement, ont fait de ces stations des réalisations types pour la pratique du ski. Ces progrès inspirent d’ailleurs les aménagements qui se font dans des stations plus anciennes, incitées par la concurrence à perfectionner leur équipement.

Pour démocratiser le mouvement vers le ski, au demeurant fort concurrencé par les voyages au soleil l’hiver grâce aux prix relativement peu élevés des charters, l’idée se fait jour de créer des stades de neige (comme il en existe déjà aux États-Unis) où il n’y aurait pratiquement pas de logements dans les environs immédiats, mais seulement des moyens de remontée mécanique et des structures d’accueil pour le ski « à la journée ».

Vieux villages, stations modernes, équipement moderne greffé sur de vieux villages, stades de neige, le skieur, à l’heure actuelle, a l’embarras du choix selon ses aspirations, ses goûts et ses capacités.

M. C.

 A. Lunn, Histoire du ski (Payot, 1953). / M. Clare, le Ski (la Table ronde, 1962). / J. Franco, le Ski (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1967). / G. Joubert et J. Vuarnet, Comment se perfectionner à ski (Arthaud, 1967). / S. Lang, le Ski et autres sports d’hiver (Larousse, 1967). / A. Methiaz et coll., le Ski de fond (Vigot, 1975).


Les compétitions


Le ski nordique

Le plus traditionnel, il comprend la course de fond à travers la campagne, le saut sur des tremplins spécialement aménagés, le biathlon.

• Le fond se déroule sur un parcours comprenant un tiers de plat, un tiers de montée et un tiers de descente, mais sur de faibles dénivellations. Les distances classiques sont : pour les hommes, les 15, 30, 50 km et un relais de 4 × 10 km ; pour les dames, les 5, 10 km et un relais de 3 × 5 km. Les courses se disputent contre la montre, chaque coureur partant toutes les minutes ou toutes les trente secondes.

• Le saut (dit parfois saut spécial pour le distinguer du combiné) a lieu sur trois sortes de tremplins : un moyen tremplin (communément appelé tremplin de 70 m), un grand tremplin (de 90 m) et un tremplin de vol à ski, c’est-à-dire un tremplin dont la construction (profil de la piste d’élan et profil de la piste de réception) permet des sauts supérieurs à 150 m de longueur.

• Le combiné nordique est une épreuve dans le classement de laquelle interviennent, selon un barème établi par la Fédération internationale de ski, où les temps et les distances sont transformés en points, les résultats obtenus par le même concurrent en saut (sur un tremplin de 70 m) et en fond (sur un parcours de 15 km).

En saut, compétition réservée aux hommes, le classement s’effectue sur deux manches et à la fois sur la qualité du style (netteté de l’élan, position en vol et sûreté à la réception) et sur la distance parcourue.

• Le biathlon est une compétition qui comporte au cours d’une course de fond (généralement de 20 km) quatre tirs au fusil de guerre (deux tirs debout et deux tirs couché) avec cinq cartouches chaque fois ; tout tir manqué entraîne des pénalités de temps.


Le ski alpin

Il comprend la descente, le slalom spécial et le slalom géant.

• La descente est une épreuve de vitesse pure sur un parcours jalonné représentant l’itinéraire « symbolique » conduisant des sommets à la vallée (en fait, à l’heure actuelle, on « gomme » de plus en plus les difficultés, les bosses, pour des raisons de sécurité), soit une dénivellation de 700 à 1 000 m, et sur une distance qui peut varier de 2,5 à 4 km (ces normes sont réduites pour les dames). Une piste de descente est classée, homologuée par la Fédération internationale de ski, et, d’une manière générale, la vitesse moyenne ne doit pas excéder 95 km à l’heure pour les hommes et 75 km pour les dames. Le port d’un casque protecteur est obligatoire.

• Le slalom spécial est une descente courte sur une pente à tort pourcentage et qui consiste en un parcours imposé, jalonné de portes, représentées par deux fanions espacés, entre lesquelles les concurrents doivent passer. Chaque slalom comporte des dispositions différentes des portes (figures). Un slalom spécial a deux manches, toutes deux comptant pour le classement. Comme pour la descente, mais c’est beaucoup plus important ici, car la neige se creuse au fur et à mesure du passage des concurrents, les coureurs sont classés en séries selon les résultats obtenus antérieurement ; une série comporte quinze coureurs, et les meilleurs partent en premier suivant un tirage au sort effectué la veille ou l’avant-veille de la course. Pour rendre la course plus régulière, on inverse l’ordre des départs, à l’intérieur de chaque série, dans la seconde manche.