Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Siréniens (suite)

• Les Dugongs (famille des Dugongidés). Ce sont des animaux longs de 3 m pour un poids de 200 à 250 kg. Ils ont le nez busqué ; la bouche est en position inférieure. Les mâchoires supérieure et inférieure portent des plaques cornées qui recouvrent les vestiges de quatre incisives. Les mâles ont une incisive supérieure à croissance continue et allongée en défense ; ils possèdent cinq ou six paires de molaires, dont deux seulement sont fonctionnelles en même temps.

On compte un seul genre de Dugong et plusieurs sous-espèces géographiques, dont l’habitat est indopacifique. On rencontre les Dugongs près des côtes orientales africaines, de la mer Rouge jusqu’à Madagascar, les Comores et l’île Maurice, et près des côtes de l’Inde, de l’Indochine et des Philippines. Ils vivent dans de grands herbiers pour y manger des végétaux, dont ils se nourrissent exclusivement (herbes et Algues).

• Les Lamantins (famille des Trichéchidés). De taille plus grande que les Dugongs (4,50 m) et d’un poids de 600 kg, ils s’en distinguent par une nageoire caudale en forme de palette arrondie. Ils ont aussi des plaques cornées qui occupent la partie antérieure des mâchoires et recouvrent ainsi les dents antérieures atrophiées.

Ils possèdent à la mâchoire supérieure deux incisives, dont la première est lactéale et la seconde permanente. À la mandibule, la plaque masticatrice recouvre trois incisives, une canine et deux molaires lactéales.

Les Lamantins vivent tout le long des côtes ouest d’Afrique, fréquentant les baies, les anses, les estuaires et remontant les grands fleuves Sénégal, Niger, Congo. On les trouve aussi le long de la côte ouest des Amériques, depuis le Texas et la Floride jusqu’au Brésil ; ils remontent l’Amazone, l’Orénoque et l’Uruguay.

Ces animaux ont des mamelles pectorales. Les femelles ont un petit seulement, qu’elles soignent avec une grande sollicitude. Pour allaiter son petit, la mère tient celui-ci dans ses bras contre sa poitrine et prend la position verticale, comme le font les humains, en s’appuyant sur le fond, dans les régions peu profondes. C’est probablement pour cette raison que ces animaux ont été appelés Siréniens.

• Les Rhytinidés. Cette famille n’existe plus. Elle n’était représentée que par une seule espèce, la Rhytine de Steller (Rhytina gigas), qui vivait dans le Pacifique Nord, fréquentait les îles du détroit de Béring et passait dans les herbiers côtiers. Cette espèce a été exterminée par l’Homme au xviiie s. ; la dernière capture remonterait à 1763.

La Rhytine de Steller était le Sirénien le plus long (de 7 à 8 m) ; elle était couverte de poils très fins et avait une peau rugueuse. Certains pêcheurs soviétiques croient avoir vu des Rhytines sur le littoral d’îlots inhabités.

P. B.

 F. Bourlière, le Monde des Mammifères (Horizons de France, 1954). / F. Petter, les Mammifères (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1963). / R. Lavocat, Histoire des Mammifères (Éd. du Seuil, coll. « Microcosme », 1967).

sismologie

Science des tremblements de terre.



Introduction

On distingue la sismologie proprement dite, qui a trait aux séismes naturels, et la sismologie expérimentale, qui se fait à partir de chocs ou d’explosions provoqués. La sismologie proprement dite comprend elle-même :
— l’étude des séismes, de leurs mécanismes de formation, de déclenchement, ainsi que des diverses questions qui en découlent, telles que la prévision des catastrophes liées aux tremblements de terre, la détermination des zones de sismicité, les études techniques destinées à déterminer, à définir et à normaliser administrativement les types de construction (habitations, barrages hydroélectriques, ouvrages d’art, etc.) capables de résister aux secousses telluriques et que l’on doit rendre obligatoires dans les zones prévues comme dangereuses ;
— l’étude de leurs conditions de propagation (« ondes sismiques »), qui peuvent aussi jouer un rôle important pour certaines des questions précédentes, mais qui seront surtout utilisées à des fins plus générales, en tant, notamment, que moyen particulièrement efficace pour acquérir des connaissances sur la constitution et les propriétés fondamentales de l’intérieur de notre globe.

Il est logique de rattacher également à la sismologie l’étude technique des moyens (instruments et méthodes) que l’on met en œuvre pour détecter, enregistrer et analyser les séismes. C’est l’objet de la sismométrie.


Séismes

Sous l’appellation usuelle de tremblements de terre, les séismes importants (en raison de leur proximité ou de leur intensité propre) peuvent constituer de grandes catastrophes naturelles, les dégâts et les victimes dépendant aussi, en grande part, de la densité des populations, du type de construction qui les abrite et de circonstances indirectes : incendies, inondations (ruptures de barrages), raz de marée (séismes sous-marins), etc. Rappelons, parmi les séismes les plus meurtriers, celui qui détruisit Lisbonne le 1er novembre 1755, causé probablement par des fissures et des glissements sous-océaniques au sud-ouest du Portugal. Le Maroc fut également profondément affecté, et un raz de marée gigantesque — ou « tsunami », ainsi qu’on le dénomme au Japon et dans les archipels du Pacifique, où il est particulièrement redouté — ravagea toutes les côtes sur des milliers de kilomètres, y engloutissant les habitants. Plus récemment, dans les destructions de San Francisco (1906), de Tōkyō et de Yokohama (1923), le feu (déclenché par rupture des canalisations de gaz) fut le principal agent dévastateur, alors qu’à Tōkyō, en 1933, ce fut le tsunami, associé au séisme. Le Gansu (Kan-sou), en 1920, l’Assam, en 1950, le Chili, en 1960, furent également l’objet de grandes catastrophes. On citera encore l’Algérie (région d’Orléansville [auj. El-Asnam]) en 1954, le Maroc avec Agadir en 1960, la Yougoslavie avec Skopje en 1963, l’Alaska en 1964 ; mais de nombreux séismes destructeurs ont affecté aussi diverses régions de l’Asie Mineure (Turquie en 1939, Iran en 1962) et de l’Amérique du Sud, notamment le Pérou, le 31 mai 1970.