Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Simiens ou Singes (suite)

L’Orang-Outan (Pongo pygmæus) est le seul Pongidé vraiment arboricole. Il est roux cuivré avec un pelage hirsute, court sur la poitrine et le ventre, mais long (50 cm) sur les épaules. Sur les doigts, il a des poils de 10 cm. Les poils du crâne pendent sur le front. Les mâles adultes ont une longue barbe. Les bras ont une envergure pouvant atteindre jusqu’à 2,60 m, les jambes sont plutôt courtes et faibles.

Sur les côtés de la tête de la plupart des mâles se trouvent des renflements des joues, replis cutanés avec dépôt de tissu conjonctif de chaque côté. Des sacs laryngiens sont puissamment développés, surtout chez les mâles.

La durée de gestation est de 9 mois, le petit pèse 1 100 g à la naissance, et la mère en prend grand soin. Dans la nature, la période d’allaitement dure de 3 à 4 ans, mais de très bonne heure la mère mâche soigneusement de la nourriture et en emplit la bouche de son petit avec ses lèvres. Dès la première année, le jeune commence déjà à manger quelques feuilles et fruits. Les Orangs-Outans grandissent très lentement et ne sont pubères qu’à 10 ans. Comme les mères allaitantes ne sont pas aptes à la conception, elles ne pourraient mettre au monde que quatre à cinq petits ; avec une mortalité de 40 à 50 p. 100, chaque mère ne pourrait avoir que trois petits. L’espèce est fort heureusement protégée. Il faut des permis scientifiques d’exportation pour se procurer ces animaux.

Dans la nature et en captivité, ils se nourrissent de fruits de toutes sortes, mais ne dédaignent pas les cultures des populations indo-malaises.

Le Chimpanzé (Pan troglodytes) est traité à son ordre alphabétique.

Le Gorille (Gorilla gorilla) est le plus gros et le plus grand de tous les Singes. Du sommet du crâne au talon, le mâle mesure, adulte, de 2 à 2,30 m et 1 m de largeur d’épaules. Son poids atteint alors 250 kg, et l’envergure de ses bras musclés 3 m. Il a un corps trapu, le pelage épais noir ou gris-noir ; les vieux sont grisonnants. La face, les mains, les pieds sont sans poils et noirs. Les pavillons de leurs oreilles sont petits ; les yeux sont abrités sous de puissantes arcades sourcilières très proéminentes. Chez le mâle, la crête sagittale sur le sommet du crâne forme un « cimier » bien visible. Les canines sont des crocs dépassant les autres dents. C’est le moins arboricole des Pongidés. Il marche sur l’articulation entre la 1re et la 2e phalange des doigts. Il dégage une impression de puissance extraordinaire, et de fait sa puissance musculaire est formidable. Il est d’ailleurs impossible de capturer un Gorille adulte. On capture donc des jeunes de 4 à 5 ans. La durée de gestation est de 8 mois et demi. Les petits naissent en toute saison. À 3 mois, ils rampent au sol ; à 4 mois et demi, ils marchent à quatre pattes ; ils grimpent à 6 ou 7 mois.

Il y a deux sous-espèces de Gorilles : le Gorille de côte (Gorilla gorilla), des plaines sises à l’ouest de l’Afrique équatoriale (Cameroun), et le Gorille de montagne (G. gorilla Beringei), vivant en plaine et dans les montagnes d’Afrique centrale (au Zaïre, région du Kivu) jusqu’à 3 500 m et plus. Les Gorilles vivent dans la forêt en petites bandes, cherchant paisiblement leur nourriture (fruits, bananes, baies de toutes sortes). Les jeunes mangent aussi des Insectes, des petits Oiseaux et leurs œufs. Mais de temps en temps, ils quittent la forêt pour aller saccager les plantations de bananiers. Il n’y mangent pas les bananes, mais saisissent à pleines mains les troncs de bananiers pour les ouvrir et pour en manger la moelle, dont ils sont particulièrement friands.

Leur ennemi naturel est la Panthère, mais les gros mâles sont de taille à lui tenir tête. L’Homme aussi les chasse pour les manger. Quand un Gorille se sent menacé, il se dresse sur ses jambes, hurle, retrousse ses babines et tambourine furieusement sa poitrine avec ses poings fermés. Il peut alors être dangereux.

P. B.

 R. M. et A. W. Yerkès, Great Apes (New Haven, Connect., 1929 ; trad. fr. les Grands Singes, A. Michel, 1951). / S. Zuckerman, The Social Life of Monkeys and Apes (Londres, 1932 ; trad. fr. la Vie sexuelle et sociale des Singes, Gallimard, 1937). / F. Bourlière, le Monde des Mammifères (Horizons de France, 1954). / P.-P. Grassé (sous la dir. de), Traité de zoologie, t. XVI et XVII : Mammifères (Masson, 1955-1973 ; 9 vol. parus). / W. Baugärtel, König im Gorillaland (Stuttgart, 1960 ; trad. fr. Au pays des Gorilles dans la forêt vierge de l’Ouganda, Payot, 1967). / F. Petter, les Mammifères (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1963). / A. Mahuzier, À la poursuite des gorilles (Éd. G. P., 1964). / S. Eimerl et I. De Vore, The Primates (New York, 1965). / R. Lavocat, Histoire des Mammifères (Éd. du Seuil, coll. « Microcosme », 1967). / R. et D. Morris, Men and Apes (Londres et New York, 1966 ; trad. fr. Hommes et singes, Stock, 1967). / M. Goustard, les Singes anthropoïdes (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1970).

similitude

Théorie reliant deux applications d’un même phénomène physique à partir d’égalités entre paramètres sans dimensions.


L’un des buts de la recherche scientifique est d’établir le système d’équations différentielles traduisant un phénomène physique donné en vue de l’intégrer et d’obtenir ainsi une solution du problème. Cette démarche, lorsqu’elle est possible, facilite la conception des applications techniques du phénomène étudié et permet de prévoir les performances et le comportement de ces réalisations. Mais, bien souvent, l’impossibilité d’obtenir une solution par voie entièrement théorique conduit à un recours inévitable à l’expérience. C’est ainsi que des considérations de similitude permettent, à partir d’essais sur maquettes, non seulement de vérifier les calculs, mais aussi de trouver des solutions que les théories actuelles sont impuissantes à fournir. La mécanique et plus spécialement la mécanique* des fluides sont largement tributaires de ce mode d’approche des phénomènes. Un exemple parmi tant d’autres est le problème de la traînée sur les obstacles (automobile, aile d’avion, coque d’un navire) ; cette traînée est l’une des composantes de la résultante des efforts exercés par le fluide sur l’obstacle ; elle peut être déduite théoriquement de la répartition des contraintes sur la surface de l’obstacle, le champ des contraintes de pression et de viscosité étant défini par l’intégration des équations dynamiques locales. Mais la présence du sillage essentiellement instationnaire derrière l’obstacle, celle d’ondes de gravité sur la surface libre de l’eau, dans le cas d’un navire, rendent le problème pratiquement insoluble. Seule une étude globale de la traînée fondée à la fois sur la théorie et sur l’expérience permet, à partir d’essais sur maquette, de déduire la traînée sur le prototype. La maquette (généralement modèle en réduction), moins coûteuse que le prototype (modèle en vraie grandeur), se prête à une étude plus facile. Mais la transposition des résultats des essais au cas réel n’est possible que si les deux écoulements satisfont à un certain nombre de relations appelées conditions de similitude.