Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sexe (suite)

La vie sexuelle d’un individu n’est possible qu’après la puberté. Elle est une des grandes fonctions de l’organisme, un facteur d’équilibre tant organique que psychique. La toute première manifestation en est l’intérêt que porte l’adolescent au développement nouveau et surprenant de son organisme et à l’éveil de sa libido. La masturbation, qui en est le corollaire, est une phase normale du développement dans les deux sexes, et seules des considérations d’ordre moral ou sociologique ont amené à la condamner. Après la puberté, l’intensité et la durée de la vie sexuelle sont extrêmement variables avec les individus. Un certain nombre de rapports statistiques ont été effectués, mais aucune loi générale ne peut en être tirée. Une seule chose est certaine, la période d’activité sexuelle outrepasse la période d’activité génitale. Celle-ci marque en effet sa fin par la ménopause chez la femme, vers l’âge de quarante-cinq à cinquante ans, alors que chez l’homme l’andropause est beaucoup plus difficile à définir. Si la ménopause et l’andropause ne marquent pas la fin de l’activité sexuelle, elles entraînent néanmoins une baisse de la libido et une régression progressive des tractus génitaux, qui aboutit finalement à un arrêt de l’activité sexuelle à un âge variable pour chaque individu, mais habituellement plus précoce chez la femme que chez l’homme.


Maladies atteignant les appareils sexuels

Un certain nombre d’anomalies peuvent affecter la vie sexuelle d’un couple : soit par impossibilité de rapports sexuels, soit par stérilité, interdisant toute grossesse en dépit de rapports sexuels normaux.


Les défauts du coït

• Chez la femme, en dehors d’une malformation vaginale souvent évidente (atrésie ou hypoplasie vaginale, ou cloisonnement, qui pourront être plus ou moins facilement corrigés chirurgicalement), il faut retenir essentiellement la frigidité et le vaginisme.

La frigidité* permet des rapports sexuels, mais sans participation émotive ni voluptueuse de la part de la femme, qui subit son partenaire plus qu’elle ne le désire. Une psychothérapie bien conduite vient souvent à bout de ce genre de trouble.

Le vaginisme, au contraire, ne permet pas de rapport sexuel, toute tentative d’intromission se soldant pour la femme par une douleur plus ou moins vive, avec irritation et contraction périnéale. Il s’agit encore souvent d’une affection d’ordre psychologique, mais celle-ci est nettement favorisée par les infections locales.

• Chez l’homme, on retrouve également certaines malformations (phimosis ou paraphimosis [prépuce trop étroit], brièveté du frein de la verge) qui seront corrigés chirurgicalement, ainsi que des affections habituellement psychosomatiques (impuissance [c’est-à-dire impossibilité d’érection] ou éjaculation précoce [c’est-à-dire expulsion du sperme avant toute intromission]).


La stérilité*

Elle peut également se voir dans les deux sexes, soit par malformation gonadique ou du tractus génital (hypoplasie utérine, cloisonnement utérin, utérus bifide, oblitération des trompes chez la femme ; oblitération ou malformation des voies séminales chez l’homme), soit par défaut des gamètes (absence d’ovulation chez la femme, azoospermie ou aspermie [absence de spermatozoïdes, de sperme] chez l’homme). À ce titre, un examen de stérilité doit comporter l’examen des deux partenaires avec, en particulier, l’étude d’un spermogramme. Le spermogramme prend en compte le nombre de spermatozoïdes par millilitre (normalement plus de 80 millions), leur mobilité et leur vivacité deux heures après l’éjaculation (plus de 55 p. 100 vivants après deux heures, et conservant une vitesse de déplacement de 0,7 à 0,9 mm par minute in vitro), enfin le nombre de formes anormales : pointue, arrondie, double ou géante (moins de 15 p. 100). Il faut rapprocher de ces causes de stérilité les déficits hormonaux de la femme, en particulier en progestérone, interdisant de mener à bien une grossesse.


Les maladies des organes génitaux

La pathologie tumorale est fréquente surtout chez la femme. Il peut s’agir de tumeur bénigne : kyste ovarien, fibrome utérin, qui sont souvent révélés par des douleurs abdominales ou des saignements ; adénome prostatique de l’homme, habituellement révélé par des troubles de la miction. Il peut s’agir de tumeur maligne, touchant le plus souvent l’ovaire, le corps utérin ou le col utérin chez la femme, le testicule ou la prostate chez l’homme. Il faut insister sur l’importance d’un dépistage précoce de ces tumeurs, en particulier chez la femme : des examens gynécologiques périodiques permettent de reconnaître ces tumeurs au début de leur évolution et de leur appliquer un traitement efficace. Il faut rapprocher de ces affections proprement génitales le cancer du sein, qui obéit aux mêmes règles de dépistage.

La pathologie infectieuse, elle aussi, touche plus souvent la femme que l’homme. Il s’agit, chez la femme, d’infections loco-régionales, de salpingite, de métrite, ou de vaginite et, chez l’homme, d’orchite et d’épidydimite. Mais il existe certaines maladies générales qui peuvent avoir des complications génitales, en particulier les oreillons, qui donnent chez l’homme une orchi-épididymite parfois secondairement compliquée d’une stérilité.

L’importance de la pathologie vénérienne s’accroît chaque année, particulièrement dans les agglomérations. Les maladies vénériennes sont des affections contagieuses transmises par contact sexuel, à point de départ génital et susceptibles, secondairement, de donner une maladie générale. Les deux plus fréquemment rencontrées sont la syphilis*, dont l’évolution conduit à de très graves complications en l’absence de traitement, et la blennorragie (chaude-pisse), due au gonocoque*, dont les manifestations sont très importantes chez l’homme, avec écoulement urétral purulent et brûlures mictionnelles très intenses, et, en revanche, très discrètes chez la femme, limitées parfois à quelques brûlures urinaires et quelques écoulements vaginaux.