Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Ségovie (suite)

On assiste à Ségovie aux prémices du « style Isabelle », la forme espagnole du gothique tardif. La raison en est dans la présence du célèbre architecte Juan Guas († 1496), son meilleur représentant : il participe notamment à la construction de l’église de l’imposant monastère hiéronymite du Parral dans la vallée de l’Eresma. La famille Pacheco, qui le fonda, a ses tombeaux dans le chœur de la chapelle. Ceux-ci constituent avec le retable du maître-autel un fastueux ensemble plateresque. Juan Guas apparaît encore sur le chantier du couvent dominicain de Santa Cruz, reconstruit alors que Torquemada en était le prieur. Il réalisa également, de 1472 à 1485, le décor du beau cloître de la cathédrale.

Cette dernière devait être victime en 1522 de la guerre des Comuneros, la révolte des villes do Castille contre Charles Quint. Elle fut en effet brûlée pendant le siège de la cité et reconstruite à un autre emplacement. Les plans fournis en 1525 par Juan Gil de Hontañón (v. 1480-1526) étaient encore tout gothiques, leur auteur se rattachant à l’école germanique des Colonia de Burgos ; mais ses successeurs, dont son fils Rodrigo Gil de Hontañón (1500-1577), se bornèrent à réaliser son projet. Une des chapelles de l’édifice conserve deux importantes œuvres d’art : un retable du peintre flamand d’origine lombarde Ambrosius Benson († 1550) et une dramatique Mise au tombeau (1571) du sculpteur Juan de Juní (v. 1507-1577).

M. D.

 J. de Lozoya, Segovia (Barcelone, 1960 ; trad. fr. Ségovie, Barcelone, 1962).

sein

Région anatomique qui contient la glande mammaire et, par extension, cette glande elle-même.


Les deux glandes mammaires, appelées seins chez la le m me et mamelles chez les animaux, sont destinées à sécréter le lait*, avec lequel est normalement assurée l’alimentation des nouveau-nés* chez l’Homme comme chez tous les Mammifères*.


Anatomie

Les seins sont situés symétriquement sur la partie antérosupérieure du thorax, en avant des muscles pectoraux. Chez la femme, leur relief a approximativement la forme d’une demi-sphère de 10 cm de diamètre. En fait, la plus grande variété de volume et de forme s’observe : seins coniques, piriformes, pédicules, renflés en massue ou au contraire aplatis. Ces variations sont déterminées par le développement glandulaire et celui de l’enveloppe graisseuse ainsi que par l’état des attaches fibro-conjonctives. Au sommet des seins est la saillie cylindrique du mamelon, cerclée de l’aréole (tache pigmentaire arrondie). Le relief des seins se poursuit insensiblement avec celui des régions voisines, sauf au niveau de la demi-circonférence inférieure, où existe un sillon sous-mammaire déterminé par la position debout.

L’implantation du sein se projette sur l’are antérieur des 4e, 5e et 6e côtes, mais elle en est séparée par le muscle grand pectoral et son aponévrose de recouvrement, le fascia superficialis. Les seins sont des annexes de la peau, dont ils dérivent embryologiquement.

Les glandes mammaires sont noyées dans le pannicule adipeux sous-cutané ou hypoderme. Elles ne sont fixées directement au derme qu’au niveau de l’aréole et du mamelon. À la périphérie du sein, le pannicule adipeux sous-cutané se divise en une couche superficielle épaisse qui s’arrête sur le pourtour de l’aréole et en une couche profonde située en arrière de la glande. Ce pannicule est traversé de nombreuses cloisons conjonctives qui rattachent la glande au fascia superficialis en arrière, et au derme en avant. Il est également parcouru par des éléments vasculo-nerveux qui irriguent et innervent la glande. Les principaux sont les vaisseaux mammaires externes. Orientes selon une direction supéroexterne, ils contournent le bord inférieur du muscle grand pectoral pour se rattacher aux vaisseaux axillaires (aisselle).

La glande mammaire, réduite chez l’homme à un petit disque fibreux, comprend chez la femme une douzaine de lobes juxtaposés, chacun tributaire d’un des canaux galactophores qui s’ouvrent au sommet du mamelon. Les lobes les plus développés sont ceux qui constituent le prolongement supéroexterne de la glande. Dans chaque lobe, le canal galactophore draine plusieurs lobules plus ou moins ramifiés qui se terminent dans des acini. Canaux et acini sont constitués d’un épithélium formé d’une couche de cellules glandulaires entourées de quelques cellules musculaires lisses. Une armature conjonctive entoure ces éléments. Chez l’homme, les canaux galactophores sont petits et ne débouchent dans aucun acinus.

Le derme et l’épiderme qui recouvrent le sein n’ont de caractère particulier qu’au niveau de l’aréole et du mamelon. À ce niveau, ils sont minces et pigmentés et ne reposent pas sur l’hypoderme, mais sur la glande mammaire. L’aréole a environ 25 mm de diamètre, et sa surface est parsemée d’une quinzaine de tubercules qui sont les orifices de volumineuses glandes sébacées. Sa face profonde est parcourue de fibres musculaires lisses qui constituent le muscle mamillaire. Ce muscle peaucier est responsable de la mise en saillie du mamelon, ou thélotisme, et il pourrait jouer un rôle de sphincter autour de la sortie des canaux galactophores.

Le mamelon se dresse comme un petit cylindre plus ou moins saillant au centre de l’aréole. Il contient la terminaison des canaux galactophores, entourée des fibres du muscle mamillaire.


Embryologie

Les glandes mammaires apparaissent dès le premier mois de la vie intra-utérine sous forme d’épaississements cutanés. Chez tous les embryons de Mammifères, ces bourgeons mammaires se situent le long des crêtes mammaires, étendues des aisselles aux aines. Chez les Primates, seule normalement la quatrième paire se développe. Mais il arrive que le long de ces crêtes un autre bourgeon se développe, donnant naissance à un mamelon, voire à une mamelle surnuméraire.