Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sécurité sociale (suite)

De nombreuses mutuelles ont créé des œuvres sociales : dispensaires, maternités, consultations de nourrissons, maisons de cure, de repos ou de retraite, cliniques chirurgicales, cabinets dentaires, services d’aide familiale, services éducatifs, de tourisme, de jardins ouvriers ou d’obsèques, etc. ; des accords ont souvent été conclus avec des cliniques privées ; des efforts ont été accomplis en matière de construction ou d’amélioration de l’habitat.

À l’exception de l’ouverture de nouvelles pharmacies mutualistes, freinée sinon entravée du fait de l’opposition des pharmaciens d’officine, les diverses activités de la mutualité moderne ont été encouragées par les pouvoirs publics sous des formes diverses : subventions, prêts, exonérations fiscales, taux d’intérêt privilégié pour les fonds déposés à la Caisse des dépôts et consignations, possibilité de recevoir des cotisations de membres honoraires ainsi que des dons, etc. Par ailleurs, les mutuelles peuvent, surtout depuis 1947, être utilisées par les caisses primaires d’assurance maladie en qualité de sections locales, de correspondants locaux ou d’entreprises ; leur intervention en qualité de section locale est même obligatoire en ce qui concerne les fonctionnaires.

Les mutuelles peuvent constituer entre elles des unions d’affinité ainsi que des unions départementales ou nationales. Sur le plan national, la Fédération nationale des organismes mutualistes, par l’intermédiaire des unions départementales ou nationales, joue un rôle de documentation, de coordination, de propagande et de défense des intérêts mutualistes et gère des services à caractère national (vieillesse, invalidité et décès). Enfin, un Conseil supérieur de la mutualité siège auprès du ministre de tutelle de la Sécurité sociale ; composé d’administrateurs des organismes mutualistes, de parlementaires, de représentants des administrations, des syndicats ouvriers et des syndicats médicaux, il gère le Fonds national de solidarité et d’action mutualiste.

Si le nombre des mutuelles s’est réduit de près de 23 000 en 1930 — lors de la création des assurances sociales — à environ 11 000, le nombre des mutualistes atteint près de 40 millions contre un peu plus de 7 millions en 1930 (plus de 80 p. 100 des mutualistes sont des salariés, pourcentage éclairant la finalité de la mutualité). L’importance de ces diverses sociétés est très variable, puisque moins de 300 d’entre elles ont versé 80 p. 100 des prestations mutualistes (les prestations maladie représentent à elles seules environ 90 p. 100 de l’ensemble).

R. M.

Sedan

Ch.-l. d’arrond. des Ardennes, sur la Meuse ; 25 430 hab. (Sedanais). Centre textile et métallurgique.


C’est seulement à partir du xiiie s. que la ville de Sedan apparaît dans l’histoire, en tant qu’avouerie des abbés de Mouzon. Cette abbaye fut âprement disputée par les puissants féodaux qu’étaient alors les évêques de Reims et les évêques de Liège.

Le roi Charles V, en 1379, réunit à la couronne de France Sedan et l’abbaye de Mouzon, à la suite d’un échange, mais son successeur, Charles VI, les cédait quelques années plus tard à Guillaume de Braquemont, et le fils de ce dernier s’en dessaisit en 1424 au profit d’Evrard III de La Marck.

Les La Marck érigèrent Sedan en principauté ; également ducs de Bouillon, ils participèrent activement aux guerres de Religion lorsque Henri Robert de La Mark se fut converti au protestantisme. Sedan devint alors un foyer du calvinisme dans l’est de la France, et au xviie s. son académie protestante s’illustrera de noms célèbres tels que ceux de Pierre Bayle (1647-1706) et de Pierre Jurieu (1637-1713).

Sous Henri IV, la principauté, par le mariage en 1591 de Charlotte de La Marck, dernière du nom, passa à Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne et duc de Bouillon (1555-1623). En 1642, son fils, le prince Frédéric Maurice (1605-1652), frère du grand Turenne, qui avait été compromis dans le complot de Cinq-Mars, se vit confisquer sa principauté par Richelieu. Le maréchal Abraham de Fabert (1599-1662) en prit possession au nom de Louis XIII et devint le premier gouverneur de la ville, dont il s’efforça de restaurer l’industrie drapière.

Sedan conserva cependant un gouvernement particulier indépendant de celui de Champagne. La ville était le siège d’un bailliage, d’une maîtrise des Eaux et Forêts, d’une élection relevant de l’intendance des Trois-Évêchés, tandis que son tribunal présidial relevait de celui de Metz.

Au cours de la guerre de 1870, Sedan vit la reddition de Napoléon III au roi de Prusse, le 2 septembre. L’empereur se trouvait en effet à l’armée de Châlons, commandée par Mac-Mahon, qui voulut se porter au secours de Bazaine enfermé dans Metz. Mais il ne put y parvenir, malgré de terribles batailles et des actions héroïques (combat de Bazeilles, charge des chasseurs d’Afrique), ses troupes ayant été écrasées par la puissante artillerie allemande. La nouvelle de la capitulation de l’armée de Sedan provoqua la chute du régime impérial et la proclamation, à Paris, de la IIIe République, le 4 septembre 1870.

Pendant la Première Guerre mondiale, Sedan fut occupé par les troupes allemandes. La France subit une nouvelle défaite dans la région de Sedan, en mai 1940, lorsque les blindés allemands (Panzerdivisionen) opérèrent une percée dans une région que l’on croyait inaccessible aux troupes motorisées. Du 13 au 15 mai, le corps de Guderian parvenait à séparer les IXe (Corap) et IIe (Huntziger) armées françaises, ce qui permit aux Allemands d’envahir tout l’est, puis le nord de la France.

P. P. et P. R.

➙ Ardennes / Champagne-Ardenne / Franco-allemande (guerre).

Seféris (Gheórghios)

Poète grec (Smyrne [auj. Izmir] 1900 - Athènes 1971).


Né d’un père juriste, Gheórghios Seferiádis, qui écrira sous le nom de Seféris, passe son enfance dans sa ville natale. En 1914, sa famille s’installe à Athènes. De 1918 à 1924, le jeune Seféris vit à Paris, où il fait des études de droit. En 1926, il entre comme attaché au ministère grec des Affaires étrangères. C’est le début d’une longue carrière diplomatique qui le mènera dans plusieurs pays et qui s’achèvera à Londres, où le poète sera ambassadeur de Grèce de 1957 à 1962.