Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Athènes (suite)

Le triomphe définitif du christianisme dans l’Empire contribua à la décadence de la cité des dieux. En 393, les jeux Olympiques étaient interdits par Théodose Ier ; mais, en partie sous l’influence de Julien l’Apostat et des néo-platoniciens, Athènes resta longtemps encore un pôle de résistance du paganisme. Cependant, en 529, ses écoles étaient fermées par Justinien ; peu à peu ses temples furent transformés en églises. Athènes était alors complètement éclipsée par Constantinople, qu’on embellit en la dépouillant.

En 857, Athènes devint le siège d’un archevêché, dont la cathédrale — dédiée à la Vierge — fut installée dans le Parthénon. À partir du xie s., de nombreux monastères s’y fondèrent : Athènes allait être, face à Rome, l’un des bastions de l’orthodoxie. Après la prise de Constantinople par les Francs, en 1204, la ville devint la capitale du duché latin d’Athènes, qui se maintint jusqu’en 1456 après être passé des mains des Français en celles des Catalans, d’ailleurs plus ou moins vassaux de Venise.

Prise par Mehmed II en 1456, Athènes reçut des Turcs quelques privilèges, ce qui n’empêcha pas que le Parthénon fût transformé en mosquée et l’Érechthéion en harem pour le gouverneur turc.

Aux xvie et xviie s., Athènes n’était plus qu’une bourgade de 8 000 à 10 000 habitants. En 1678, la ville se réveilla avec Michaïl Linbonos, dont la révolte fut durement réprimée par les Turcs. Afin de mieux résister aux Vénitiens de Morosini, les Turcs ravagèrent l’Acropole et transformèrent le Parthénon en poudrière : une bombe vénitienne, en y éclatant, endommagea gravement le monument (1687).

Athènes fut naturellement au cœur de la guerre d’indépendance grecque. De 1821 à 1826, la ville est libre de Turcs, qui ont été chassés ; mais, après la chute de Missolonghi, Rechid Pacha met le siège devant l’Acropole, que défendent Ioannis Gouras et Charles Nicolas Fabvier. Athènes tombe aux mains des Turcs, qui se maintiennent dans l’Acropole jusqu’en 1833. L’année suivante, Athènes est désignée comme capitale du royaume indépendant de Grèce : son histoire se confond désormais avec l’histoire souvent tragique du jeune État.

J.-M. B.


Origine et activité des Athéniens

Près de 60 p. 100 des habitants de l’agglomération sont nés en province. Depuis 1951, l’excédent naturel n’assure que le quart de la croissance de l’agglomération : alors que le taux de mortalité est proche de la moyenne nationale (7,5 p. 1 000), le taux de natalité est plus faible (16 à 17 p. 1 000) ; l’excédent naturel est voisin de 17 000 unités par an. Mais l’immigration apporte environ 50 000 habitants de plus chaque année : deux sur trois viennent de la campagne, les autres sont originaires des villes de province ou y ont séjourné momentanément ; ces prélèvements de la capitale sur la population provinciale sont inégalement répartis dans le pays (Péloponnèse d’abord, puis Grèce centrale, îles de l’Égée, Crète). Les nouveaux arrivants se regroupent parfois selon leur lieu d’origine : ainsi les gens des îles sont plus nombreux au Pirée ; mais ils sont en général très mobiles, cherchant souvent à leur arrivée les lieux de résidence les moins coûteux et manœuvrant ensuite pour se rapprocher du lieu de leur travail.

Le ressort des flux migratoires qui aboutissent à Athènes réside moins dans les mutations d’une agriculture qui échappe à la concentration foncière et reste peu mécanisée que dans le volume des emplois offerts par la capitale elle-même. Dans l’agglomération, où 38 p. 100 de la population sont actifs, les chômeurs ne sont pas plus nombreux parmi les immigrants que parmi les citadins ; à cela tient sans doute le fait qu’Athènes est une des rares grandes villes du monde méditerranéen qui ignorent les bidonvilles.

Au courant régulier des immigrants s’ajoutent les mouvements quotidiens des travailleurs qui résident dans les communes extérieures : ils contribuent à animer toute la région qui s’étend de l’île d’Égine à Skála Oropoú, sur le canal d’Eubée, et de Mégare au cap Sounion, et où les établissements industriels sont trop rares pour retenir sur place la main-d’œuvre d’origine rurale disponible.

Mais cette concentration des hommes est, au premier abord, paradoxale : les deux centrales thermiques du Pirée fournissent plus du quart de l’électricité du pays sans suffire à alimenter la région urbaine, et les industries de transformation occupent un tiers des actifs sans qu’Athènes soit une agglomération industrielle. Les grands établissements y sont rares. Huit seulement, dont quatre sont des ateliers militaires, emploient plus de mille salariés. Parmi les autres entreprises il faut citer : les manufactures de cigarettes Papastrátos et Keránis, au Pirée, dont la mécanisation provoque une baisse continue des effectifs ; l’usine d’engrais du Pirée ; les chantiers navals de l’armateur Niarchos à Skaramangás, sur la baie d’Éleusis, qui rassemble les industries lourdes et souvent salissantes (raffinerie de pétrole, cimenteries, matériaux de construction, aciéries, constructions mécaniques). L’essentiel de la production se disperse donc entre des ateliers où la productivité est faible, l’emploi instable et les rémunérations médiocres : la plupart sont localisés suivant l’axe de la plaine d’Attique, de Néa Ionía (textile) à Ághios Ioánnis Réndis (mécanique), Nouveau Phalère (bois, matériaux de construction), Dhrapetsóna et Pérama.

Parmi les nouvelles créations industrielles, les plus importantes tendent à s’écarter de l’agglomération. Certaines (industries chimiques, tricotages) se sont fixées au Laurion, à proximité du cap Sounion, dans une petite ville minière (plomb argentifère) en perte de vitesse. D’autres (textiles, assemblage d’autobus) s’égrènent le long de la route de Corinthe à Meghálo Péfko, Mégare, etc. Une grappe de petites usines (bois, céramique, matériaux de construction, câbles électriques) s’est plus récemment fixée à Skhimatárion, au kilomètre 60 de la grande route moderne de Thessalonique, au point précis où leur éloignement de la capitale leur donnait droit aux aides à la décentralisation industrielle.