Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

Savoie (suite)

Partie désormais intégrante des États de la maison de Savoie, il en partage l’histoire. Occupé par François Ier en 1536, puis par Louis XIII, qui se fait céder la forteresse de Pignerol en 1630, il est devenu en fait le cœur des États de la maison de Savoie depuis le transfert, en 1562, de leur capitale de Chambéry à Turin par Emmanuel-Philibert. Il le reste et en partage l’histoire jusqu’au milieu du xixe s., époque à laquelle Massimo d’Azeglio, puis Benso Cavour en font l’instrument de la rénovation, puis de l’émancipation de l’Italie de 1849 à 1860, au prix, il est vrai, de la rupture de ses liens ancestraux avec la Savoie française et Nice en 1860.

La zone franche

Destinée à désenclaver économiquement Genève, seul centre urbain de la région, et à maintenir avec cette ville une liberté d’échanges indispensable à des populations que le relief isole des grandes agglomérations françaises, la zone franche est constituée en fait de trois zones nées à des époques différentes : la « zone sarde de Saint-Julien-en-Genevois », de 151 km2, créée par le traité de Turin du 16 mars 1816 et englobant les territoires savoyards limitrophes de la frontière sud du canton de Genève du Rhône au Léman ; la « zone sarde de Saint-Gingolph », de 39 km2, créée unilatéralement par le gouvernement piémontais en 1829 ; la « grande zone », dite « d’annexion », de 3 112 km2, instituée volontairement par le gouvernement impérial en vertu du sénatus-consulte du 12 juin 1860, englobant les arrondissements de Thonon-les-Bains et de Bonneville, une partie de celui de Saint-Julien et une parcelle de deux communes de l’arrondissement d’Annecy, Évires et Thorens, et s’accroissant enfin de Frangy et de Sallenôves le 1er novembre 1888. À la suite de la convention franco-helvétique du 14 juin 1881, avantageuse pour la Suisse et renouvelée en 1912, cette dernière zone utilise le profit de ses franchises pour couvrir ses achats en France, dont elle est séparée par un cordon douanier à travers lequel est ouverte une large brèche en faveur de produits agricoles et des articles français manufacturés dans les usines existant à la date du 1er janvier 1893.

Supprimée le 10 novembre 1923 par le gouvernement français à la suite du référendum helvétique rejetant la convention franco-suisse du 7 août 1921, qui lui substituait un régime spécial, la zone franche est rétablie le 1er janvier 1934 à la suite de l’intervention de la Cour de La Haye. Mais elle est limitée depuis lors à la petite zone sarde de Saint-Julien, les habitants des deux autres zones recevant en compensation une indemnité annuelle.

P. T.

➙ Annecy / Bourgogne / Cavour / Celtes / César / Chambéry / Charles-Albert / Dauphiné / France / François de Sales (saint) / Francs / Gaule / Genève / Grenoble / Italie / Italie (guerres d’) / Lombards / Louis XI / Mérovingiens / Milan / Provence / Révolutions européennes de 1848 / Saint Empire romain germanique / Sardaigne / Sforza / Sicile / Suisse / Victor-Emmanuel II / Victor-Emmanuel III.

 V. de Saint-Genis, Histoire de Savoie, d’après les documents originaux depuis les origines les plus reculées jusqu’à l’annexion (Bonne, Conte-Grand et Cie, Chambéry, 1869 ; 3 vol.). / P. Fournier, le Royaume d’Arles et de Vienne (1138-1378). Étude sur la formation territoriale de la France dans l’Est et le Sud-Est (Picard, 1891). / J. Burlet, la Savoie avant le christianisme (l’auteur, Chambéry, 1902). / R. Poupardin, le Royaume de Bourgogne (888-1038) ; Étude sur les origines du royaume d’Arles (Champion, 1907). / F. Vermale, les Classes rurales en Savoie au xviiie siècle (Leroux, 1911). / J. Tresal, l’Annexion de la Savoie à la France, 1848-1860 (Plon, Nourrit et Cie, 1913). / L. Monnier, l’Annexion de la Savoie à la France et la politique suisse (A. Julien, Genève, 1932). / M. Chiaudano, la Finanza sabauda nel secolo XIII (Turin, 1933-1937 ; 3 vol.). / R. Avezou, la Savoie depuis les réformes de Charles-Albert jusqu’à l’annexion à la France (l’auteur, Annecy, 1934) ; Histoire de la Savoie (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1944 ; 3e éd., 1963). / G. Perouse, la Savoie d’autrefois, xve siècle, 1391-1497 (l’auteur, Lyon, 1934). / A. Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie (Chaduc, Belley, 1936). / C. Planche, la Résistance savoyarde au service de la France (Impr. réunies, Chambéry, 1945). / J. Monnet, Dans le maquis de la Haute-Savoie (Gardet et Garin, Annecy, 1946). / M. Chaume, Recherches d’histoire chrétienne et médiévale (Dijon, 1947). / J. Beraud-Villars, les Normands en Méditerranée (A. Michel, 1951). / P. Guichonnet, Histoire de Savoie (Gardet et Garin, Annecy, 1951) ; la Savoie (Arthaud, Grenoble, 1954 ; nouv. éd., 1960) ; la Savoie et le royaume de Sardaigne 1815-1860 (Impr. Allier, Grenoble, 1958). / L. Chevallier, Recherches sur la réception du droit romain en Savoie des origines à 1789 (Gardet, Annecy, 1954). / P. Duparc, le Comté de Genève, ixe siècle-xve siècle (Picard, 1955). / M. Menabréa, Histoire de la Savoie (Dardel, Chambéry, 1958). / J. Humbert, les Français en Savoie sous Louis XIII (Hachette, 1960). / R. Rousseau, la Population de la Savoie jusqu’en 1861 (S. E. V. P. E. N., 1960). / P.-E. Martin, Trois Cas de pluralisme confessionnel aux xvie et xviie siècles, Genève, Savoie, France (Jullien, Genève, 1961). / L. Marini, Savoiardi e Piemontesi nello Stato Sabaudo, 1418-1601 (Rome, 1962). / J. F. Bergier, Genève et l’économie européenne de la Renaissance (S. E. V. P. E. N., 1963). / J. Lovie, la Savoie dans la vie française, de 1860 à 1875 (P. U. F., 1963) ; Savoie (Arthaud, 1973). / A. Babel, Histoire économique de Genève des origines au début du xvie siècle (Jullien, Genève, 1964 ; 2 vol.). / J. Prieur, la Province romaine des Alpes cottiennes (Université de Lyon, 1968). / C. Lequin et J. Y. Mariotte, la Savoie du Moyen Âge (Chambéry, 1970). / P. Guichonnet (sous la dir. de), Histoire de la Savoie (Privat, Toulouse, 1973).


L’art en Savoie

Ni la rigueur des conditions naturelles, ni le compartimentage géographique n’ont empêché le développement d’une intense activité artistique dans le domaine savoyard.