Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sauvetage maritime (suite)

Organisation actuelle du sauvetage en France

Devant l’augmentation incessante du coût des équipements due à la progression des perfectionnements techniques et le prodigieux développement tant de la navigation de plaisance que de la fréquentation estivale des plages, il devient indispensable de coordonner l’action des organismes de sauvetage. En 1967 est créée la Société nationale de sauvetage en mer, association reconnue, comme les précédentes, d’utilité publique et, comme elles, régie par la loi de 1901, par fusion des deux sociétés existantes, qui lui apportent leurs matériels, leurs cadres et leurs équipages. Cette réforme coïncide d’ailleurs avec l’entrée en vigueur, en 1965, de la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, signée à Londres en 1960 et aux termes de laquelle « tout gouvernement contractant s’engage à s’assurer que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour la veille sur les côtes et pour le sauvetage des personnes en détresse en mer auprès des côtes ». Le rôle des divers organismes appelés à intervenir dans les sauvetages est précisé par un décret du 8 juillet 1970. En vertu de ce texte, les eaux côtières sont divisées en trois zones :
— la zone des plages, dans laquelle la sécurité incombe aux maires des communes intéressées, qui peuvent faire appel à divers concours, et notamment à celui de la Société nationale de sauvetage en mer ;
— la zone du large, dont la responsabilité appartient au ministère de la Défense nationale ;
— la zone côtière, entre les deux précédentes, qui s’étend des limites de la zone des plages jusqu’à l’horizon vu de terre. Cette zone, dans laquelle la direction des recherches et du sauvetage est confiée aux services de l’Administration des affaires maritimes, est divisée en trois secteurs, correspondant chacun à l’une des façades maritimes du pays : Manche, Atlantique et Méditerranée, Dans chaque secteur se trouve un Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. L’Administration des affaires maritimes peut faire intervenir tous les moyens de recherche et de sauvetage existant dans le secteur.

• Le matériel. La Société nationale de sauvetage doit pouvoir intervenir avec le maximum de sécurité et par tous les temps pour secourir des personnes en danger sur la mer. Aussi, l’essentiel de son matériel est constitué par des canots de sauvetage tous-temps, inchavirables et insubmersibles, certains atteignant jusqu’à 20 t de déplacement et 15 nœuds de vitesse. La Société nationale utilise également un grand nombre de vedettes plus légères, souvent plus rapides encore, ainsi que des canots pneumatiques pour les sauvetages à courte distance des côtes, sur lesquelles des postes de secours sont installés, notamment sur les plages. Les canots et les vedettes sont généralement munis d’un matériel de sauvetage très complet et, en particulier, d’appareils émetteurs-récepteurs radioélectriques, d’une pompe d’incendie pouvant être utilisée pour l’épuisement, d’extincteurs, d’un projecteur de recherche, d’un croc de remorque, des accessoires médicaux de première urgence, etc. Les canots pneumatiques servent surtout au sauvetage des personnes, et certains sont équipés comme des ambulances ; ils permettent non seulement de transporter les rescapés, mais aussi d’intervenir immédiatement pour les ranimer et les soigner.

Les opérations de sauvetage peuvent, d’autre part, faire appel, suivant les zones, aux hélicoptères de la gendarmerie ou aux bâtiments et aux aéronefs des forces aéronavales.

Enfin, des remorqueurs stationnés dans certains ports (par exemple à Brest) se consacrent uniquement au sauvetage et peuvent intervenir à des distances relativement importantes des côtes pour assister les navires en difficulté et, éventuellement, les ramener dans un port s’ils sont privés de leurs moyens de propulsion ou de manœuvre et si, même après avarie, ils possèdent encore une réserve de flottabilité suffisante.

• Le personnel. La marine nationale et la gendarmerie arment le matériel placé sous leur contrôle. D’autre part, la mise en œuvre des moyens de sauvetage appartenant à la Société nationale de sauvetage en mer exige des équipages et des secouristes bien entraînés. Les équipages des canots, appelés à intervenir accidentellement, sur alerte, sont composés de volontaires bénévoles se recrutant au sein des populations côtières. Leurs activités intermittentes ne sont d’ailleurs pas incompatibles avec l’exercice normal d’une profession, notamment celle de pêcheur. Il n’en est pas de même pour les hommes qui, l’été, doivent rester prêts à intervenir chaque jour sur les plages ainsi que dans les centres nautiques, et qui sont alors détachés par la marine, la gendarmerie, les compagnies républicaines de sécurité, les sapeurs-pompiers. La Société nationale de sauvetage fait appel en outre à de jeunes volontaires, souvent étudiants ou enseignants préparés l’hiver, dans divers centres, aux diplômes d’État exigés pour être secouristes maritimes, pour conduire de petits bâtiments, etc. Ces jeunes gens sont, l’été, répartis le long des côtes, où, sans percevoir un salaire proprement dit, ils sont défrayés de leurs dépenses de subsistance avec l’aide des municipalités faisant appel à leurs services.


Équipement des navires pour le sauvetage


Moyens de sauvetage des bords

Le nombre et la répartition des engins de sauvetage que les navires de commerce doivent posséder pour assurer la sauvegarde des personnes présentes à leur bord sont indiqués par la Convention internationale de 1960 et par les règlements en vigueur dans chaque pays (en France, les arrêtés du 6 août 1971). Ces engins peuvent être :
— des embarcations de sauvetage munies d’un moyen de propulsion mécanique ;
— des radeaux rigides ou pneumatiques portant leurs occupants hors de l’eau ;
— des engins flottants, dont la flottabilité ne peut être obtenue par insufflation et qui permettent à des personnes se trouvant dans l’eau de se soutenir ;
— des bouées de sauvetage, lumineuses ou non ;
— des brassières de sauvetage.