Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

sapeurs-pompiers (corps des) (suite)

La base de l’armement est encore la motopompe de 60 m3/h qui permet l’établissement de deux grosses lances, nécessaires à l’extinction d’un feu moyen. Cet engin est tracté par un fourgon d’incendie qui transporte le matériel ainsi qu’une motopompe portative de 30 m3/h et le personnel correspondant. À cet équipement type se substitue souvent un ensemble de deux véhicules comprenant un engin-pompe porteur d’eau et un engin porteur de tuyaux et matériels divers. La permanence du service requiert, pour un centre de secours, un effectif de 22 sapeurs. Les volontaires répondent à l’appel de la sirène, les professionnels assurant la garde d’incendie au centre même. Ces derniers ont en général un statut communal et sont alors nommés par le maire, mais dans quelques départements (Yvelines, Val-d’Oise, Seine-et-Marne) leur statut est départemental, et les sapeurs-pompiers dépendent alors du préfet. Chaque département entretient en outre une colonne mobile susceptible d’intervenir en cas d’événement important. Il convient enfin d’évoquer le cas des départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, qui entretiennent chacun un corps départemental de sapeurs-pompiers forestiers. De même, l’entente interdépartementale du sud-est de la France, qui groupe la plupart des départements de cette région où les feux de forêts sont fréquents, dispose d’une formation aérienne spécialisée comprenant des avions bombardiers d’eau, basés à Marignane.

Sur le plan national, le nombre des interventions des sapeurs-pompiers communaux est passé de 450 000 (dont 63 700 feux et 100 000 secours routiers) en 1968 à 728 000 (dont 97 000 feux et 178 000 secours routiers) en 1973.


Les opérations menées par les sapeurs-pompiers

Initialement limitée aux secours et à la lutte contre l’incendie, la mission des sapeurs-pompiers s’est étendue progressivement aux secours aux personnes et animaux en difficulté, à l’assistance aux asphyxiés et aux blessés de la voie publique, au dégagement des routes, aux secours contre l’inondation, à des opérations très diverses parfois anodines, voire insolites.

Dans le domaine de l’incendie, la tâche est complexe et non sans danger. Les feux sont éteints d’autant plus facilement qu’ils n’ont pas le temps de prendre une ampleur disproportionnée par rapport à la relative faiblesse des moyens des sapeurs-pompiers. Le sort de l’intervention de ceux-ci dépendra surtout du temps mis pour les alerter et de l’éloignement du centre de secours, et aussi de leur habileté à manœuvrer : arrivés sur place, les sapeurs-pompiers font la reconnaissance du feu, procèdent aux sauvetages urgents, alimentent les engins aux bouches, poteaux d’incendies ou autres points d’eau, mettent en place le dispositif d’attaque, déroulent les tuyaux. Le feu est circonscrit lorsque les lances lui ôtent toute chance de sortir des limites qui lui sont assignées ; l’extinction est complétée par déblai, et, pendant toute l’opération, chaque fois que cela est possible, les pompiers font de la protection pour limiter les dégâts de l’eau.

Cependant, le combat le plus efficace est celui que les pompiers mènent au stade de la prévention, qui est l’affaire de tous et qui recouvre toutes les mesures permettant de s’opposer à la naissance et à la propagation du feu. La prévention doit être en plus complétée par des mesures de prévision techniques (détection, alarme, etc.) et tactiques (plan d’intervention) qui préparent une action efficace des secours. Dans le cadre de la protection* civile, le plan ORSEC planifie la mise en œuvre en cas de catastrophes de tous les moyens civils ou militaires, publics ou privés.

Pour les sapeurs-pompiers, les risques se multiplient et changent de nature. Dans tous les domaines (habitations, industries, transports, etc.), le gigantisme s’installe en hauteur et en surface. La lutte contre l’incendie moderne, caractérisé par des élévations de température anormalement rapides, des propagations anarchiques du feu, des dégagements massifs de gaz toxiques, réclame des moyens de lutte constamment perfectionnés et exige du sapeur-pompier toujours plus de métier, de technicité, de courage et de dévouement.

R. D.

➙ Protection civile.

 A. Faure, le Statut des sapeurs-pompiers communaux (Berger-Levrault, 1958 ; 3e éd., 1967). / A. Arnaud, Pompiers de Paris (France Sélection, 1959). / P. Allemandou et R. Fusilier, Traité sur l’organisation des corps et le statut des sapeurs-pompiers communaux (France Sélection, 1968). / Fédération nationale des sapeurs-pompiers, Courage et dévouement (Larrieu-Bonnel, 1970).

Sapindales

Ordre de plantes à fleurs, comprenant des espèces généralement arborescentes et qui, selon le naturaliste J. Hutchinson, fait partie du grand ensemble des Dicotylédones* ligneuses.


L’ordre des Sapindales serait une étape vers l’ordre des Juglandales à partir des Célastrales* et des Rutales*. Onze familles y sont ainsi groupées : Mélianthacées, Sapindacées, Podoacées, Sabiacées, Anacardiacées, Acéracées, Hippocastanacées, Staphyléacées, Akaniacées, Julianacées et Didieréacées. L. Emberger place ces familles dans le phylum des Térébinthales.


Staphyléacées

La famille des Staphyléacées comprend des arbres ou des arbustes (6 genres, une trentaine d’espèces — une en France) à structure primitive, qui possèdent des feuilles divisées, pennées ou digitées ; les fleurs sont bâties sur le type 5 avec 10 étamines, les carpelles à plusieurs ovules étant partiellement soudés. Le fruit est une capsule ou une baie.

Les Staphylea, qui regroupent onze espèces, sont des arbustes rustiques des régions tempérées, à feuilles pennées et à fleurs blanches pendantes rassemblées en grappes ou en panicules ; quelques espèces sont utilisées dans les jardins comme ornementales ; les graines comestibles sont riches en huile.


Anacardiacées

Cette famille, dénommée aussi Térébinthacées, possède à peu près 600 espèces réparties en 80 genres environ, vivant surtout dans les régions intertropicales. Ce sont des arbres ou des arbustes à fleurs le plus souvent actinomorphes, hermaphrodites sur le type 5, avec 3 étamines, parfois moins ; les fruits sont soit secs et munis d’ailes, soit charnus (baie ou drupe). Les Mangifera (Manguiers) [une cinquantaine d’espèces], grands arbres des régions chaudes de l’Ancien Monde (Asie tropicale), sont cultivés depuis les temps les plus reculés. Le Manguier de l’Inde est un bel arbre (30 m de haut) dont le fruit, ou mangue, à chair succulente, est une grosse drupe de forme oblongue, parfois arrondie, pouvant peser jusqu’à 1 kg ; de très nombreux cultivars existent. Chez les Anacardiers (10 espèces), arbres d’Amérique tropicale, le fruit (noix de cajou) est porté par un pédoncule charnu renflé en forme de poire de 10 cm de long, jaune ou rouge (pomme cajou) ; il est consommé frais ou confit, la graine est aussi comestible après cuisson. Le genre Pistacia (7 espèces) possède une aire de distribution disjointe en Asie, au Mexique et dans la région méditerranéenne. Ce sont des arbres ou des arbustes résineux, à feuilles glabres composées, caduques ou persistantes, à fleurs petites, dioïques ; les fruits sont des drupes ovoïdes à un seul noyau. Le Pistachier vrai (P. vera), à feuilles caduques, est cultivé dans la région méditerranéenne ; le fruit, de la grosseur d’une olive, a une graine vert clair qui se mange crue et qui sert en pâtisserie ; le Pistachier lentisque (P. lentiscus), à feuilles persistantes, produit une substance résineuse (mastic de Chio) qui sert de masticatoire ; le Pistachier térébinthe (P. terebinthus) donne, par incision de son écorce, un liquide résineux qui fournit la térébenthine de Chio. Les Rhus, ou Sumacs (150 espèces des régions chaudes du globe, une en France), sont des arbustes ou des arbres souvent cultivés dans nos parcs (R. cotinus, arbre à perruques). Le R. vernicifera a un suc laiteux, une oléorésine ; c’est la matière première des laques de Chine et du Japon ; chauffée, elle noircit ; d’autres espèces fournissent aussi des sucs qui peuvent donner des laques, mais elles sont moins appréciées. Ce genre renferme des tanins ; l’oléorésine du R. toxicodendron (Amérique du Nord) provoque de graves irritations, il faut donc le placer dans les jardins avec discernement.