Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
S

santé des armées (Service de) (suite)

Au début du siècle, la nécessité de donner à la recherche une organisation aboutit à la création, en 1912, d’une section technique du Service de santé consacrée à la recherche bactériologique et d’où procéderont les laboratoires de chimie (1933) et de physiologie (1937), puis les installations modernes implantées à partir de 1955 dans le nouvel hôpital militaire Desgenettes à Lyon (microbiologie, physiologie). En 1961, l’ensemble des problèmes de recherche était confié à un organisme interarmées, le Centre de recherche du service de santé des armées.

Chargé de tout ce qui concerne l’« adaptation du Service de santé à l’évolution des sciences biologiques et des techniques médico-chirurgicales », ce centre est en relation avec des organismes militaires tels que la Direction des recherches et moyens d’essais et le Laboratoire central de l’armement de Vernon pour l’étude des effets des armes nouvelles (notamment la défense contre les armes nucléaire, chimique, biologique, etc.), et avec des établissements civils (muséums, laboratoires de biologie, etc.). À ce centre sont en outre rattachées dix divisions de recherche spécialisées : cinq à l’hôpital Percy de Clamart, quatre à l’hôpital Desgenettes à Lyon et une à la fondation Rothschild à Paris.

Il existe enfin des centres de recherche spécialisés qui fonctionnent au profit des armées : le Centre d’études et de recherche biophysiologique, installé à Toulon près de l’hôpital militaire Sainte-Anne, pour la marine ; le Centre d’enseignement et de recherche de médecine aéronautique avec son laboratoire de médecine aérospatiale de Brétigny-sur-Orge et celui de médico-physiologie de Mont-de-Marsan pour l’aviation ; le Centre de recherche de l’école de spécialisation du Service de santé pour l’armée de terre à Marseille, spécialisé dans l’étude de la nutrition et de l’épidémiologie en milieu tropical.

L’élément médical militaire d’intervention rapide

À la suite de catastrophes qui, tels les tremblements de terre d’Agadir (1960) et de Skopje (1963), avaient bouleversé l’opinion mondiale, le Service de santé des armées a constitué en 1964 une formation médicale aérotransportable tenue constamment à la disposition des pouvoirs publics et susceptible d’être mise en œuvre dans les délais les plus brefs. Appelée élément médical militaire d’intervention rapide, ou E. M. M. I. R., elle est constituée par du personnel militaire instruit à cet effet (de 23 à 53 personnes) et dispose de lots de matériels sanitaires conditionnés en vue d’un transport aérien (de 17 à 48 t), ainsi que d’équipements divers (groupes électrogènes, Jeeps...) et d’hélicoptères de transport. L’ensemble est mobilisable en quelques heures. Sorte d’hôpital de campagne fonctionnant sous tentes, cet organisme est capable de réanimer, trier, traiter et conditionner les blessés en vue de leur évacuation. Doué d’une certaine autonomie, l’E. M. M. I. R. peut, suivant les besoins, remplir des missions d’ordre purement médical (épidémie grave par exemple), d’ordre chirurgical (en cas de catastrophe) ou médico-chirurgical (notamment pour l’assistance à des populations déplacées ou sinistrées).

L’E. M. M. I. R. est intervenu, en particulier, au Pérou (tremblement de terre), en Jordanie et à Libreville (au profit des enfants victimes de la guerre du Biafra) en 1970, au Tchad lors de l’épidémie de choléra de 1971 et au Nicaragua à l’occasion du tremblement de terre de Noël 1972. Son efficacité a été largement accrue grâce au remplacement de l’avion de transport « Nord 2501 » par le « C 160 Transall » dont le rayon d’action atteint 4 000 km et la charge utile de 8 à 10 t.

La convention de Genève

Convention internationale signée en 1864 pour les soins aux blessés, complétée en 1929 pour le sort réservé aux prisonniers, la convention de Genève fut remodelée en 1949, et elle porte sur le sort des malades et blessés des forces armées en présence, le sort du personnel médical, le sort des prisonniers de guerre, le sort des personnels civils se trouvant dans la zone des combats.

Les parties en présence doivent chercher et relever les blessés de l’une ou l’autre partie. Les renseignements concernant les blessés doivent être transmis à l’organisme international.

Les personnels permanents du Service de santé jouissent d’une immunité permanente, mais doivent soigner tous les blessés. En cas de capture, ils doivent être rendus, sauf si des blessés sont à traiter sur place.

Un organisme de contrôle veille au respect de la convention de Genève, et un Code pénal frappant les États peut être appliqué en cas | d’infractions (indemnité).

P. V.

J. B.

➙ Chirurgie / Médecine.

 A. F. C. Troussaint, le Corps de santé militaire de l’armée française (Charles-Lavauzelle, 1937). / J. B. Rieux et J. J. Hassenforder, Histoire du Service de santé militaire et du Val-de-Grâce (Charles-Lavauzelle, 1951). / J. Des Cilleuls, J. Pesme, J. J. Hassenforder et G. Hugonot, le Service de santé militaire de ses origines à nos jours, numéro spécial de la Revue internationale des services de santé des armées (1961). / R. Debenedetti, la Médecine militaire (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961). / Le Service de santé des armées, numéro spécial de la Revue historique de l’armée (1972).

santé maritime

Protection de la santé des équipages et, éventuellement, des passagers des navires de commerce ; contrôle sanitaire aux frontières maritimes.



Mesures d’hygiène réglementaires à bord des navires

L’un des problèmes majeurs auxquels se sont heurtées dans le passé les expéditions maritimes est celui qui était posé par la propagation dans les équipages de nombreuses maladies, favorisée par les déplorables conditions d’hygiène dans lesquelles ils devaient vivre au cours de longues traversées. Particulièrement redoutables se montraient, notamment, le typhus et les maladies tropicales ainsi que le scorbut, provoqué par l’absence de vivres frais. Les nations maritimes ont donc été conduites à édicter divers règlements pour remédier à cette situation.