Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

astrologie (suite)

Le calcul de toutes les cartes célestes s’effectue à l’aide d’éphémérides et de tables de maisons. La carte obtenue et vérifiée doit faire l’objet d’une interprétation qui, comportant une analyse et une synthèse, tient compte de la répartition et de l’équilibre des planètes dans les quadrants, de la place des cuspides dans les signes et de celle des planètes en maisons et en signes, de l’influence des aspects et enfin de l’examen éventuel d’autres éléments d’appréciation. L’interprétation dépend beaucoup de l’expérience de l’opérateur et de ses facultés de diagnostic, celles-ci étant en rapport direct avec la rapidité de sa mémoire, son sens d’observation et de comparaison, et parfois son intuition. À ce stade de l’opération, l’erreur est une possibilité, au même titre qu’elle est admise et naturelle dans les sciences et les techniques appliquées au domaine de la vie, dont les réalités ne peuvent être enfermées dans un contour mathématique rigoureux. Cependant, à une figure natale exacte correspond une signification statique assez sûre pour que le jugement formulé sur le sujet soit utilisable avec un coefficient de certitude élevé. Une certaine réserve s’impose au stade des pronostics. La nature des événements à prévoir peut être annoncée avec une probabilité qui n’est pas illusoire, mais l’appréciation des dates est certainement beaucoup moins sûre. Nostradamus avait, de sa propre main, inscrit sur les éphémérides qui étaient ses instruments de travail, en regard de la date du 2 juillet 1566, « ici ma mort est proche ». Le présage fut confirmé par les faits. En revanche, Jean-Baptiste Morin chercha la date de sa mort dans une carte de révolution solaire et annonça que sa vie prendrait fin le 25 mai 1649. Mais il ne mourut que sept ans plus tard, le 5 novembre 1656, et, dans son ouvrage Astrologia gallica (1661), il ne cacha pas cette erreur. Jean Hieroz (né en 1889), qui a traduit et commenté l’œuvre de Morin, souligne cette honnêteté scientifique et attribue l’inexactitude du pronostic à la non-application fortuite, par Morin, de règles qu’il avait lui-même formulées. Aussi, dans l’étude des méthodes serait-il extrêmement utile de consacrer un chapitre à l’examen des causes d’erreur. De grands enseignements pourraient en être tirés. De même, il faut considérer avec beaucoup de réserves une tendance, née en France et dans d’autres pays, qui veut analyser les influences astrales en balayant au préalable l’astrologie traditionnelle. Ces novateurs veulent instaurer une connaissance reposant sur la statistique et l’observation, et abritée par les barrières du raisonnement d’identité. Quant au groupe des « Cahiers astrologiques » d’Alexandre Volguine (né en 1903), il cherche, depuis 1938, à tirer de la tradition tout ce qui peut donner naissance à un renouveau, à écarter les efforts stériles ou intéressés et enfin à créer une liaison de recherches avec la très puissante et très riche astrologie américaine. Ce groupe a d’ailleurs réédité les grands classiques de l’astrologie en traductions commentées. Il y a aussi l’effort individuel de quelques astrologues qui, sans rien rejeter des legs du passé, souhaitent approfondir l’étude des phénomènes cycliques (conjonctions importantes), ainsi que celle des rythmes numériques de la nature, dans une optique pythagoricienne. Enfin, il faut noter trois courants d’idées issus des travaux réalisés par des scientifiques de la fin du xixe s. : Paul Choisnard (1867-1940), qui s’appuya beaucoup sur la statistique, et dont on retrouve l’esprit chez l’Allemand Herbert von Klöckler et le Français Jean-Gaston Verdier (né en 1886) ; Eugène Caslant, qui s’est inspiré des travaux du mathématicien et philosophe polonais Hoene Wronski, rénovateur de la loi ternaire d’Héraclite, pour promouvoir l’emploi, en astrologie, du seul raisonnement analogique ; enfin Eudes Picard (1867-1932), auteur de suggestions sur le sens et l’interprétation des maisons.

A. S.

 P. Flambart, l’Influence astrale (Libr. du Panthéon, 1902) ; Langage astral (Chacornac, 1902) ; Preuves et bases de l’astrologie scientifique (Chacornac, 1908). / Fomalhaut, Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire (Vigot, 1933). / E. Picard, Astrologie judiciaire (Leymarie, 1933). / A. Volguine, l’Astrologie lunaire (Cahiers astrologiques, Nice, 1937) ; la Technique des révolutions solaires (Cahiers astrologiques, Nice, 1946) ; Journal d’un astrologue (Niclaus, 1957) ; le Maître de nativité (Éd. traditionnelles, 1970). / K. E. Krafft, Traité d’astrobiologie (A. Legrand, 1939). / J. Hieroz, l’Astrologie selon J.-B. Morin de Villefranche (Cahiers astrologiques, Nice, 1941) ; Manilius et la tradition astrologique (Cahiers astrologiques, Nice, 1942). / H. de Boulainvilliers, Traité d’astrologie — 1717 (Éd. du nouvel humanisme, Garches, 1947). / H. de Rantzau, Traité des jugements des thèmes généthliaques — 1657 (Cahiers astrologiques, Nice, 1947). / J. Sadoul et M. Gauquelin, l’Astrologie (Denoël, 1972). / A. Barbault, Connaissance de l’astrologie (Éd. du Seuil, 1974).

astronautique

Science qui a pour objet l’étude et la réalisation de la navigation interplanétaire.



Les débuts

L’astronautique commence par une longue période pendant laquelle se mêlent étroitement le rêve, la poésie et la littérature, sans que la technique ait alors une place bien importante. Pourtant, durant toute cette période, la Lune est toujours au premier plan du rêve. Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655), dans son Histoire comique des États et Empires de la Lune (1657) et dans son Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662), imagine les moyens les plus variés — et notamment la fusée — pour conquérir les espaces interplanétaires. L’écrivain français Jules Verne (1828-1905) [De la Terre à la Lune, 1865 ; Autour de la Lune, 1870] ainsi que le romancier anglais Herbert George Wells (1866-1946) [les Premiers Hommes dans la Lune, 1901] entretiennent l’idée astronautique dans l’esprit de leurs contemporains. Les études théoriques et même les premières expérimentations se multiplient, tant en France et en Allemagne qu’en U. R. S. S. et aux États-Unis, avec Robert Esnault-Pelterie, Hermann Oberth, Konstantine E. Tsiolkovski et Robert Hutchings Goddard.