Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

Roumanie (suite)

Membre de l’O. N. U. depuis 1955, elle a pris, dans ce cadre, plusieurs initiatives, concrétisées dans des résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies notamment : des actions sur le plan régional en vue de l’amélioration des relations de bon voisinage entre États européens appartenant à des systèmes socio-politiques différents ; une déclaration concernant la promotion, dans les rangs de la jeunesse, des idéaux de paix, de respect réciproque et de l’entente entre les peuples ; une déclaration sur les principes de droit international concernant les relations d’amitié et de coopération entre les États, en conformité avec la Charte de l’O. N. U.

P. P. et H. M.

➙ Bessarabie / Bucarest / Ceauşescu (N.) / Dacie / Dobroudja / Hohenzollern de Roumanie / Moldavie / Transylvanie / Valachie.

 I. Popa-Burca, la Roumanie, 1866-1906 (Bucarest, 1907). / R. W. Seton-Watson, History of the Rumanians from Roman Times to the Completion of Unity (Cambridge, 1934 ; trad. fr. Histoire des Roumains de l’époque romaine à l’achèvement de l’unité, P. U. F., 1937). / G. Constandache, la Guerre de l’unité nationale roumaine (Berget-Levrault, 1938). / H. Prost, Destin de la Roumanie, 1918-1954 (Berger-Levrault, 1954). / D. Berindei, l’Union des principautés roumaines (Bucarest, 1967). / M. Constantinescu, C. Daicoviciu et S. Pascu, Histoire de la Roumanie des origines à nos jours (Horvath, Roanne, 1970). / C. Giurescu Constantin, Transylvanie in the History of Romania (Londres, 1970). / M. Mircea, la Diplomatie roumaine. Aperçu historique (Bucarest, 1970). / H. H. Stahl, les Anciennes Communautés villageoises roumaines. Asservissement et pénétration du capitalisme (Bucarest et C. N. R. S., 1970). / Storia del popolo romeno (Rome, 1971). / J. A. Chalet, la Roumanie alliée rebelle (Casterman, 1972). / Chronological History of Romania (Bucarest, 1972).


La population

Le chiffre de la population a dépassé 20 millions en 1969, contre guère plus de 14 millions en 1930 (15 en 1948, 17,5 en 1956, 19 au recensement de 1966).

La distribution marque certaines inégalités, mais sans exagération. Les densités par judéţ (nouvelle circonscription administrative) passent de 30 (le delta) à 160 (vallée de la Prahova), la moyenne nationale se situant à 85. Les taux de croissance rapide dus aux migrations intérieures intéressent la Podgoria, les plaines, les vallées, les zones industrielles et les zones urbaines. Les différences entre les recensements de 1956 et de 1966 font apparaître l’existence d’une médiane transcarpatique, de Cluj à Galaţi, et de sensibles progressions dans les bassins miniers, le littoral, les districts urbains.

La population urbaine représente environ les deux cinquièmes de la population totale. Une cinquantaine de villes ont formé des « districts urbains » appelés municipes, dont la population dépasse au total 2 millions d’habitants, et des dispositions législatives permettent de promouvoir de gros villages ou des centres industriels au rang de « villes ». Cependant le pourcentage de population urbaine reste inférieur à celui des pays socialistes industrialisés. Bucarest, avec 1 million et demi d’habitants, ne fait pas ligure de capitale excessive, malgré une concentration marquée de certains services. Les métropoles régionales constituent autant de relais efficaces. Entre 1950 et 1970, la population agricole a décliné de 74 p. 100 du total à 51 p. 100, et la population industrielle est passée de 12 à 25 p. 100. Mais une partie de cette population demeure au village pour des raisons d’habitat ; les deux tiers de l’exode profitent aux petites et aux moyennes villes. Il est juste, cependant, de constater que la Roumanie est le pays d’un grand nombre de villes nouvelles de taille moyenne, réalisant des formes agréables d’urbanisme : implantation de grands ensembles à la périphérie des villes anciennes, dédoublement des villes existantes (ainsi Braşov), création presque de toutes pièces de cités industrielles, conurbation littorale de Mamaia à Mangalia...

Le mouvement naturel prend ici des caractères spécifiques. Il règle l’évolution démographique globale, car il y a peu de migrations : 350 000 Israélites (il en reste 90 000 répartis en 70 communautés) ont reçu l’autorisation de gagner Israël. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la démographie est restée celle d’un pays rural. Les taux de natalité avoisinaient 30 p. 1 000, et ceux de mortalité 20 p. 1 000. De tels pourcentages s’observent encore dans les judeţ montagnards, les moins urbanisés. Après 1945, la Roumanie a suivi une évolution de type européen : le taux de mortalité est tombé pour la première fois au-dessous de 10 p. 1 000 en 1965. Mais les taux de natalité se sont abaissés jusqu’à un niveau dangereux : le taux de 15 p. 1 000 a été franchi en 1965 (14,3 p. 1 000 en 1966) ; ce sont là, sans doute, les effets de l’urbanisation et de la crise du logement, mais aussi la conséquence d’une loi très libérale sur les avortements (1964). L’interdiction des avortements, soudainement édictée en septembre 1966, entraîna aussitôt la remontée du taux de natalité à plus de 27 p. 1 000 en 1967, les chiffres se maintenant jusqu’en 1974 à plus de 20 p. 1 000. La pyramide des âges, qui se rétrécissait à la base, s’est donc élargie, au moins temporairement.

La Roumanie ne connaît pas d’aussi graves problèmes de minorités nationales que la Yougoslavie. La population roumaine représente plus de 85 p. 100 de l’effectif total. Ruthènes, Ukrainiens et Bulgares forment de petites communautés localisées près de leurs frontières. Les Tsiganes sont passés de 242 000 à 55 000 seulement. Une cinquantaine de milliers de Serbes vivent dans le Banat. Il reste des Turcs et des Tatars le long du littoral ainsi que quelques îlots, bien localisés, d’Arméniens.