Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

Rosales (suite)

Pomoïdées

Ce sont des arbres et des arbustes. Les Cotoneaster, qui groupent une centaine d’espèces originaires de tout l’hémisphère Nord, sont de petits arbustes à port dressé ou couché, à feuilles simples, entières, caduques ou persistantes, souvent épineuses ; les fruits sont des drupes rouges ou noires. Ces caractéristiques les font rechercher en horticulture.

Les Cognassiers (Cydonia) sont des arbustes ou de petits arbres ; C. vulgaris, cultivé deux mille ans avant notre ère en Perse, est naturalisé dans le bassin méditerranéen ; c’est un arbre fruitier dont les fruits, riches en mucilage, entrent souvent dans la fabrication des confitures, en particulier pour les gelées ; ces fruits ne sont pas consommés à l’état frais, par suite de leur saveur âpre. On réunit parfois à ce genre les espèces du genre Chænomeles ; ce sont des arbustes très ornementaux, à belles fleurs rouges écarlates, en particulier C. japonica et C. lagenaria, dont on a tiré de nombreux cultivars.

Les Poiriers (Pirus) sont des arbres (15 m) à feuilles caduques entières, à fleurs blanches ou rosés, qui sont surtout cultivés pour leurs fruits ; certaines variétés ont à l’automne un magnifique feuillage écarlate ou rouge.

Certains auteurs incluent dans le genre Pirus les Pommiers : les espèces de ces deux entités ne diffèrent (nie par leurs styles, séparés chez les Poiriers, soudés chez les Pommiers. Pirus communis serait issu d’un certain nombre d’espèces vivant à l’état sauvage, en particulier de Perse et du bassin méditerranéen. Il en serait de même pour les Pommiers cultivés, originaires de l’Orient, de Sibérie et de l’Europe moyenne.

Le genre Sorbus, lui aussi réuni parfois au genre Pirus, est composé d’arbustes ou d’arbres. Certaines espèces telles que S. aucuparia peuvent vivre en montagne jusqu’à la limite des forêts et arrivent encore à prospérer, dans des stations abritées, en Islande et dans le nord de la Norvège.

Eryobotrya japanica, ou Néflier du Japon, est un arbuste à feuilles persistantes vivant sur le pourtour du bassin méditerranéen ; il donne des fruits comestibles ; sa limite de rusticité se trouve dans la région parisienne ; peu connu en France, il est très cultivé en Afrique et surtout au Japon et en Chine, où il serait connu depuis des millénaires.

Les Aubépines (Cratægus) sont des arbres ou des arbustes polymorphes ; cette caractéristique provoque la description d’une multitude d’espèces très voisines ; il semble que seulement une centaine d’espèces soient valables. Arbustes épineux, les Aubépines possèdent des fleurs du type cinq, blanches dans les espèces sauvages et roses ou rouges chez les cultivars. Ces plantes sont appréciées pour leurs fleurs, mais aussi pour leurs fruits, souvent très colorés (C. pyracantha). Parmi les espèces françaises, on peut retenir C. monogyna et C. oxyacantha, les Aubépines blanches, dont les cultivars sont parmi les plus décoratifs grâce à leur belle floraison printanière. À cause de leurs rameaux épineux, les Aubépines servent souvent de haies de défense.

Le Néflier commun (Mespilus), indigène en France, donne de petits fruits dont la chair est très astringente avant maturité et sucrée après complète maturité ; comme les espèces du genre précédent, taillé, il forme des haies infranchissables, mais alors il ne donne pas de fruits. Des hybrides (× Cratæmespilus) ont été obtenus entre les espèces de ces derniers genres, ce qui prouve leur grande parenté ; ce sont de petits arbres ornementaux. Il faut signaler les chimères, obtenues par greffage entre le Néflier commun et une Aubépine blanche (× Cratægomespilus) ; juste au-dessus de la greffe, des branches se sont développées, présentant des caractéristiques intermédiaires entre les deux espèces greffées. Dans cette tribu, il y a encore à citer les Amélanchiers, très beaux arbustes à floraison abondante et à baies comestibles.


Rosoïdées

La tribu des Rosoïdées rassemble un très grand nombre de genres : les Kerrias, dont une espèce, K. japonica, très joli petit arbuste à fleurs jaunes, est commune dans les jardins ; le Rhodotypus, petit arbuste ornemental ; les Sibbaldias et les Dryas, plantes des régions froides, la dernière commune en altitude dans les Alpes et les régions arctiques ; les Benoîtes (Geum), parfois cultivées dans les jardins ; les Filipendules, très voisines des Spirées ; les Alchémilles, plantes des montagnes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique tropicale ; les Aigremoines et les Pimprenelles. De nombreuses Potentilles (300 espèces, plus d’une quarantaine en France), sont ornementales, les unes arbustives, les autres herbacées et ayant des fleurs jaunes ou blanches, rouge et orangé chez les hybrides vivaces ; les Ronces (Rubus) ont plus de 200 espèces très polymorphes, certaines formes sauvages fournissant les « mûres », petits fruits comestibles ; R. idæus est le Framboisier. Le genre Fragaria (Fraisier) comprend peu d’espèces sauvages (une dizaine) ; la plus fréquente, F. vesca, est la Fraise des bois. Les Fraisiers émettent généralement des stolons ; très appréciée, la fraise ne fut vraiment commercialisée que lorsque l’on obtint (il y a environ 150 ans) des cultivars à gros fruits. Le « fruit » que l’on déguste est un polyakène, la partie charnue étant le réceptacle, qui se développe considérablement après la fécondation et sur lequel sont insérés les ovules.

Le genre Rosa, Églantier ou Rosier, comprend à l’état sauvage environ une centaine d’espèces vivant dans les parties tempérées de l’hémisphère Nord et dans les montagnes intertropicales. Le fruit, en forme de bouteille, est placé au-dessous des pièces du périanthe, les sépales étant persistants ; sur la paroi interne de ce réceptacle se trouvent les carpelles uniovulés ; à maturité, chaque carpelle se transforme en akène, et le réceptacle devient charnu et rouge à l’extérieur ; cela constitue un « faux fruit » dénommé cynorrhodon. Cultivé depuis la plus haute antiquité, le genre Rosa fut l’objet depuis de nombreux siècles de soins particuliers. Il est impossible de décrire ici par le menu l’histoire de la rose ; signalons simplement que jusqu’à la Révolution française on s’est surtout occupé, en France, des espèces spontanées d’Europe. L’introduction de Rosa chinensis et de R. odorata vers 1800 provoqua une profonde amélioration des variétés. Ce travail incessant s’est encore accru pendant tout le xixe s. par apport d’autres espèces, en particulier R. wichuraiana. L’hybridation se poursuit activement, et de grandes maisons horticoles sont spécialisées dans la création de nouveaux cultivars, qui s’obtiennent par semis de graines provenant d’une fécondation artificielle ; il semble que généralement les cultivars utilisés comme mère transmettent principalement leurs caractéristiques végétatives, alors que ceux que l’on utilise comme père donneraient les caractéristiques relatives aux fleurs (coloris, taille...). On distingue les Rosiers arbustifs, les Rosiers buissonnants à grandes fleurs le plus souvent solitaires (un des cultivars les plus célèbres est « Madame A. Meilland »), parfois groupées, les Rosiers buissonnants à fleurs en bouquets, chez lesquels on remarque les floribundæ, les hybrides de Polyantha, enfin les Rosiers sarmenteux qui servent à la décoration des murs ou des portiques et dont beaucoup sont grimpants.