Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

assolement (suite)

Historique

Les sociétés primitives faisaient alterner une ou plusieurs cultures successives avec une période de non culture (retour en friches, en forêts ou en pâturages). Par la suite apparurent des assolements du type « jachère-blé ». Le remplacement de la jachère par une plante sarclée et l’introduction des prairies artificielles dans l’assolement furent les grandes tendances des xviiie et xixe s. On obtint ainsi des rotations du type biennal « plantes sarclées - blé », ou triennal « plantes sarclées - blé - céréales secondaires », ou même quadriennal « plantes sarclées - blé - prairies artificielles - céréales secondaires », rotations parfois combinées pour donner des assolements complexes obligeant à des rotations de 12 à 18 ans. Actuellement, les rotations se simplifient en raison des exigences de l’accroissement du revenu, et deviennent plus souples par suite des progrès techniques accomplis.

E. D.

 P. Chazal, Assolement moderne (le Journal de la France agricole, 1958). / P. Cordonnier, Plan d’assolement et de fertilisation (Impr. Samaceta, 1961).

assurance

Opération dans laquelle sont en présence plusieurs personnes : l’une, appelée assureur, prend en charge un ensemble de risques et les compense suivant les lois de la statistique ; les autres, appelées assurés, lui versent une rémunération, dite prime, en vue de se faire garantir, en échange, une prestation, pour elles-mêmes ou pour des tiers, au cas où survient un risque déterminé.



Historique et fonction de l’assurance

Si l’on excepte les formes rudimentaires, pratiquées dans l’Antiquité et au Moyen Âge au sein de certaines corporations, et l’institution originale du prêt maritime, ce n’est qu’avec la Renaissance qu’apparaît une véritable assurance. Mais celle-ci ne se rencontre alors que dans le commerce maritime, seul domaine des grandes entreprises de l’époque. Il faut attendre le début du xviiie s. pour assister au premier développement d’une assurance terrestre (Angleterre, États de l’Allemagne du Nord, France). L’assurance reste alors cantonnée à la garantie des risques d’incendie, risques que l’on savait pouvoir être catastrophiques, depuis qu’en 1666 13 000 maisons dans 400 rues et sur 175 ha avaient été détruites dans l’incendie de Londres.

En France, le rôle de l’assurance demeure très secondaire, son développement étant d’ailleurs freiné par la Révolution. Au xixe s., à l’imitation de l’Angleterre, les progrès se font plus rapides : de nouvelles compagnies se fondent (en particulier dans le domaine de l’assurance sur la vie), et de nouvelles branches d’assurances apparaissent : assurances de chevaux et de voitures, contre les bris de glaces, les accidents. Cette dernière connaîtra en France un remarquable essor lorsque la loi de 1898 édictera la responsabilité patronale dans les cas d’accident* du travail. Le xxe s. voit se transformer tous les domaines de l’activité humaine ; le machinisme se développe, de nouveaux moyens de transport apparaissent, la population se concentre toujours davantage dans les villes ; les risques s’accroissent, et les responsabilités sont, dans le même temps, rendues de plus en plus lourdes par la loi et la jurisprudence. L’assurance se retrouve alors dans toutes les entreprises humaines, dont elle va permettre l’essor en leur garantissant la sécurité. Elle joue désormais un rôle capital dans la vie de chaque jour et ne cesse de se développer (notamment dans le domaine des assurances de responsabilité, qui sont devenues souvent obligatoires) et de se diversifier (assurances contre la mortalité du bétail, la grêle, les bris de machines, le vol ; assurances aériennes, assurances crédit, etc.). L’amélioration du niveau de vie et l’établissement de statistiques précises ouvrent de nouvelles perspectives à l’assurance sur la vie.

L’assurance est à l’origine le produit d’une vertu, la prévoyance, et son premier but est de donner la sécurité aux individus ; cependant, son intérêt collectif n’est pas moindre. Par les garanties qu’elle offre, non seulement elle permet un développement plus sûr et plus rapide des entreprises humaines, mais elle a également une action préventive sur l’économie, car les assureurs participent à son amélioration (emploi, financement des investissements, constructions immobilières, etc.). En outre, elle est devenue un moyen de crédit. D’une part, l’assurance crédit favorise les relations commerciales, et en particulier les exportations ; d’autre part, l’assurance vie permet à l’assuré de disposer de possibilités de mise en gage ou d’avance sur police ainsi que de garantir son créancier d’un risque de décès imprévu. Elle renforce également, grâce aux assurances contre l’incendie et le dégât des eaux, la valeur de l’hypothèque et de toutes les sûretés.

L’État lui-même a utilisé la technique de l’assurance pour opérer, grâce aux assurances sociales (v. art. spécial), un partage de risques ainsi qu’une tentative de redistribution des revenus à l’échelle du pays.

Petit vocabulaire de l’assurance

actuaire, personne utilisant le calcul des probabilités en vue de l’élaboration des éléments utiles à la gestion d’une compagnie d’assurance, particulièrement dans la branche « vie ».

agent général, personne physique représentant une ou plusieurs compagnies d’assurance en vertu d’un traité de nomination. Il est le mandataire d’une ou de plusieurs compagnies d’assurance.

avenant, écrit constatant une ou plusieurs modifications apportées à une police d’assurance.

courtier, commerçant indépendant, apporteur d’affaires aux compagnies, mandataire de l’assuré.

franchise, montant forfaitaire à la charge de l’assuré lors d’un sinistre.

inspecteur, représentant de la compagnie, chargé d’assurer le fonctionnement du réseau d’agents.

lettre de couverture, écrit constatant l’acceptation d’un risque par un assureur.

police, document constatant l’existence et les conditions du contrat d’assurance.

prime, somme payée par l’assuré à l’assureur en contrepartie de la garantie de son risque. C’est le prix de la sécurité.

risque, événement dommageable qui peut se produire dans le futur, incertain ou d’un terme indéterminé, ne dépendant pas exclusivement de la volonté de l’assuré.

sinistre, survenance d’un risque.