Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

risque minier (suite)

• Coup de charge. Il peut arriver qu’une pesée brutale des terrains sus-jacents, qui cèdent brusquement au-dessus de vides trop importants, provoque des éboulements généralisés bouchant les issues d’un quartier sans possibilité d’y accéder à partir de galeries voisines. Dans ce cas, il faut exécuter rapidement depuis le jour un sondage de diamètre suffisant pour pouvoir remonter dans une nacelle les hommes emprisonnés. Un coup de charge peut produire dans la mine une violente chasse d’air avec des effets dynamiques.

• Coup de toit. Dans certaines mines profondes, où la couche exploitée est surmontée de terrains très raides, un rajustement de tensions dans ces strates libère avec un déplacement minime une énergie considérable, comparable à un coup de massue sur les parements et la sole de la galerie, faisant gonfler une sole relativement plastique jusqu’à toucher le toit et projetant violemment des blocs arrachés aux parements (mines d’or sud-africaines, bassin houiller de Gardanne, etc.).


Dangers provenant de l’air ambiant


Conditions d’un aérage normal

Certains risques tiennent au fait que la mine forme un tube ramifié, puis regroupé, dans lequel circule l’air entrant ; toute modification de l’atmosphère en un point influe sur tout le reste du parcours. Le débit d’air doit être suffisant : pour que l’air ne s’appauvrisse que de façon négligeable en oxygène malgré la respiration des hommes, la consommation des moteurs Diesel, les oxydations du charbon et des bois pourris ; pour que les teneurs en monoxyde et en bioxyde de carbone et en autres gaz toxiques d’échappement des moteurs ou des fumées d’explosifs ainsi que la teneur en grisou restent très en dessous du seuil dangereux ; enfin pour que le réchauffement au contact des terrains des mines profondes reste modéré (l’augmentation de température des terrains, ou degré géothermique, est de l’ordre de 1 °C par 25 à 50 m de profondeur). La dilution du grisou ou la modération de la température peuvent exiger un débit d’air très supérieur à celui qui est nécessaire pour la respiration. L’aérage naturel, provoqué par la différence de densité entre l’air frais du puits d’entrée d’air et l’air plus chaud du puits de retour d’air, est en général insuffisant. Variable avec la température extérieure, il doit être complété par un puissant ventilateur hélicoïdal ou hélico-centrifuge, dont les caractéristiques (ouverture et dépression) sont adaptées à la résistance aérodynamique de la mine et au débit d’air à assurer. Un second ventilateur est en réserve en cas d’avarie. Le ventilateur est habituellement installé en surface, aspirant dans le puits de retour d’air, dont l’orifice est fermé par un sas ou par un clapet. Dans certaines mines, le ventilateur est placé à la base du puits de retour d’air ou bien il souffle à la base du puits d’entrée d’air. Comme l’air chaud tend à monter, le circuit d’air est généralement ascendant. Pour forcer le débit dans certaines branches du circuit insuffisamment alimentées, on y installe des ventilateurs auxiliaires. Une galerie en cul-de-sac reçoit un aérage secondaire par un petit ventilateur soufflant ou aspirant dans une ligne de canars qui débouche dans une galerie normalement aérée.


Perturbations de l’aérage

• Fumées. Si l’air est rendu irrespirable par un apport de gaz désoxygénés ou toxiques en un point du circuit, tout le personnel à l’aval-aérage est en danger. Si l’apport de gaz toxique dépasse le débit d’air, il produit un renversement d’aérage intoxiquant le personnel jusque sur l’entrée d’air. Il s’agit là d’un accident collectif, véritable catastrophe minière entraînant un grand nombre de victimes. La toxicité de l’atmosphère fait sentir ses effets loin du foyer de l’accident ; celui-ci peut avoir le caractère dynamique d’une déflagration projetant à terre sur son passage le personnel, provoquant des éboulements dans les galeries par renversement du soutènement et jusqu’en haut du puits de retour d’air, dont le ventilateur peut être disloqué ; d’où une profonde perturbation de l’aérage après la catastrophe ; il s’y ajoute les effets thermiques de fumées brûlantes sur les vêtements, la peau, dans les poumons. Après une catastrophe, les équipes de secours travaillent avec des appareils respiratoires à atmosphère indépendante et prennent de grandes précautions pour éviter des explosions ultérieures. Dans les mines où les conditions de tels accidents peuvent se trouver réunies, par exemple les charbonnages grisouteux, il est bon que chaque ouvrier soit équipé d’un masque individuel léger enfermé dans un petit boîtier métallique. Grâce à un embout relié à une capsule filtrante avec catalyseur oxydant le monoxyde de carbone en bioxyde, le mineur peut gagner l’air frais en parcourant des galeries où il y a suffisamment d’oxygène pour vivre, mais où l’oxyde de carbone présente une teneur mortelle.

• Incendie. La combustion vive de matières combustibles existant dans la mine (bois, produits pétroliers, caoutchoucs, etc.) dégage des fumées opaques, âcres, irrespirables, car désoxygénées, à forte teneur en gaz carbonique, pouvant contenir un peu de monoxyde de carbone et d’autres gaz toxiques, qui se répandent dans l’aval-aérage. Il peut même arriver que les fumées, lourdes une fois refroidies, descendent à contre-courant dans des parties basses de la mine. Quelques litres d’huile suffisent pour donner un grand volume de fumées. La combustion, une fois amorcée, est attisée par le courant d’air et prend des proportions catastrophiques dans une galerie boisée. Aussi évite-t-on les matériaux combustibles : on utilise un soutènement métallique de préférence au boisage, des transformateurs et des disjoncteurs sans huile ; on évite les moteurs à essence. Une cause classique d’incendie étant la combustion de l’enveloppe des câbles électriques, on se sert de câbles aussi incombustibles que possible. Les échauffements par frottement peuvent provoquer des incendies ; notamment, une bande de convoyeur peut faire rougir un rouleau grippé. Aussi utilise-t-on des bandes à revêtement synthétique moins combustible que le caoutchouc. Pour les freins des treuils, les sabots en bois sont proscrits.