Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

Rifbjerg (Klaus) (suite)

En 1958, Rifbjerg publie un roman, l’Innocence chronique, qui affirme sa virtuosité dans le maniement de sa langue. Le recueil de nouvelles Et d’autres histoires (1964) retrouve les problèmes de l’adolescence ; ce sera l’unique contribution de Rifbjerg à la prose « expérimentale ». En 1966, Amateur d’opéra, roman psychologique qui ne manque pas d’humour, fait la preuve de son sens aigu des rapports et des situations, tandis que les Archives (1967) brossent un tableau des années 1953-1955, vides d’événements et de personnages marquants. Alors que dans Lonnie et Karl (1968) surgissent, derrière le comique et la fantaisie, chaleur et franchise, le recueil Voyageurs (1969) compose des variations sur le thème des relations conflictuelles : l’une des nouvelles de ce recueil, Correspondance, esquisse même le thème du roman publié la même année, Anna (moi) Anna, d’abord conçu comme feuilleton radiophonique. Changeant encore de direction, Rifbjerg publie en 1972 Lena Jørgensen, Klintevej 4, 2650 Hvidovre, roman dont l’action se situe dans le milieu ouvrier danois actuel.

Auteur dramatique, il lest devenu par le biais du music-hall : en collaboration surtout avec Jesper Jensen, il travaille à renouveler la revue traditionnelle au début des années 60, se donnant pour but d’exposer notre comportement social et moral face à l’existence. Il donne ainsi, entre autres, deux comédies musicales : Qu’est-ce qu’on va faire ? (1963) et Séjour discret (1964). Sa première pièce, l’année suivante, Évolutions, est avant tout un jeu avec les accessoires et les conventions du théâtre. Après une comédie, Ce dont un homme a besoin (1966), Voks (1968) unit l’impératif du verbe grandir en danois et le mot latin vox (la voix), deux concepts essentiels pour le thème de l’identité qui y est étudié. En 1970, le drame Des années peint une famille danoise au temps de l’occupation allemande. En 1971 suivent deux pièces en trois actes : les Fous et La réponse est écrite dans le vent.

En marge de sa production littéraire, Rifbjerg a écrit les dialogues de plusieurs films, dont les Folles Années (1959), Week-End (1962), Deux (1964), Il y avait une fois une guerre (1966). Journaliste polémique, critique littéraire, poète d’avant-garde, romancier et dramaturge de premier plan, son nom est devenu le symbole de tout ce qui fait sensation en littérature aujourd’hui au Danemark.

J. R.

 C. Clausen, Questions aux poètes (en danois, Copenhague, 1966). / T. Brostrøm, Klaus Rifbjerg, un poète dans le temps (en danois, Copenhague, 1970).

Riga

V. d’U. R. S. S., capit. de la Lettonie.


C’est la plus grande ville des États baltes, le second port sur la Baltique (après Leningrad), situé au fond d’un golfe barré par deux grandes îles (Saarema et Hiiumaa) ; ce golfe, peu profond (un peu plus de 150 m au maximum), étendu sur 1 700 km2, est un lieu de pêche côtière et de plaisance, englacé durant un mois d’hiver seulement.


L’histoire

Le site de Riga fut occupé en 1158 par quelques marchands de Brême, qui y installèrent un entrepôt. À la fin du xiie s., le moine augustin Meinhard y édifia un monastère. En 1201, Albert de Buxhoeveden, évêque de Livonie, fonda la ville, obtint du pape Innocent III d’y fixer son siège épiscopal et y attira les marchands d’Allemagne. L’évêque, appuyé par les chevaliers Teutoniques, étendit bientôt sa puissance sur les terres avoisinantes.

Riga devint rapidement un foyer d’évangélisation pour les Livoniens, et son siège épiscopal fut érigé en archevêché en 1255 par le pape Alexandre IV.

Dès la première moitié du xiiie s., la ville obtint d’élire ses magistrats et elle refusa souvent de reconnaître l’autorité de l’archevêque et des Teutoniques. En 1282, elle adhéra à la Ligue hanséatique et devint un actif centre de transit commercial entre l’Empire germanique et la Russie. En 1330, les chevaliers Porte-Glaive la soumirent à leur domination, mais la ville revint en 1366 sous l’autorité de ses archevêques.

Dès 1522, elle était acquise à la Réforme. Après l’invasion des Russes en Livonie, qui brûlèrent en partie Riga (1558), le Grand-Maître des chevaliers Teutoniques, Gotthard Kettler, abandonna en 1561 sa suzeraineté sur la ville. Ayant conservé plus de vingt ans son indépendance, Riga passa cependant en 1582 sous l’autorité des rois de Pologne, tout en obtenant le droit de pratiquer la religion protestante.

En 1621 le roi de Suède, Gustave II Adolphe, s’en empara. Pour la conserver, les Suédois durent, à plusieurs reprises, la défendre contre Polonais et Russes. Au cours de la guerre russo-suédoise entre Pierre le Grand et Charles XII, les Russes prirent Riga (1710), après la bataille de Poltava (1709), et l’annexèrent à leur empire.

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville fut occupée par les troupes de la VIIIe armée allemande (3 sept. 1917). Après la défaite allemande, elle devint capitale de la République lettone, proclamée en novembre 1918. Mais, dès janvier 1919, elle tomba aux mains des bolcheviks, que les forces baltes et les corps francs allemands de R. von der Goltz repoussèrent bientôt. Elle fut libérée le 22 mai 1919, et, le 11 août 1920, y fut signé le traité par lequel les Soviétiques reconnaissaient l’indépendance lettone.

L’U. R. S. S., réoccupa la Lettonie et sa capitale en juin 1940. La ville fut conquise le 1er juillet 1941 par l’armée allemande de von Leeb. Les Soviétiques s’en emparèrent de nouveau en octobre 1944 et la réunirent à l’U. R. S. S.

P. P.


La ville actuelle

Riga est de loin la ville la plus peuplée de la Lettonie. Sa population est passée de 348 000 habitants en 1939 à 580 000 en 1959 et à 733 000 en 1970.

Les anciens quartiers s’étendent sur la rive droite de la Dvina, en partie détruits, en partie restaurés (églises, hôtel de ville). Le château a été converti en musée. Il reste la Guilde du xive s., l’église Saint-Pierre, dont la flèche de bois a été restaurée sous Pierre le Grand, puis, de nos jours, les « portes suédoises », des maisons médiévales, des granges qui abritaient les grains, comme dans toutes les villes de la Hanse. La ville moderne, avec des édifices administratifs, ses usines et ses quartiers résidentiels, s’étale sur la rive gauche de la Dvina. Au total, Riga constitue un ensemble urbain très varié ; c’est une des plus belles villes touristiques de l’U. R. S. S. Elle s’agrémente d’une vaste plage de sable fin, entre le golfe et des dunes couvertes de pins ; des hôtels, des maisons de repos et des colonies de vacances se sont installés en bordure de cette plage, reliée à Riga par une route et une voie ferrée électrifiée. La ville possède aussi un musée d’État, contenant des documents sur l’histoire de la ville, un musée de la République socialiste soviétique de Lettonie, un musée des Arts décoratifs, une section littéraire de l’Académie des sciences de la Lettonie et, comme à Stockholm, un musée ethnographique en plein air.