Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

résine naturelle (suite)

• La colophane de gemme est obtenue à partir d’une sécrétion de certaines espèces de pins vivants, la gemme, et contient de 90 à 95 p. 100 d’acides résiniques (acides du type abiétique, du groupe dextropimarique et du groupe déhydro-, dihydro- et tétrahydroabiétique) et 5 à 10 p. 100 d’insaponifiables. Elle s’extrait de la gemme par distillation, qui permet de séparer les constituants résineux de la partie volatile, l’essence de térébenthine.

• La colophane de bois est extraite à l’aide d’un solvant des souches de pin, qui abondent dans le sud des États-Unis.

• La colophane de tall-oil est un sous-produit de la fabrication de la cellulose à partir du pin par le procédé au sulfate. C’est un produit mou, malodorant et très coloré, qui renferme 45 p. 100 d’acides résiniques, 50 p. 100 d’acides gras insaturés et 5 p. 100 d’insaponifiables.

La colophane permet la préparation d’un grand nombre de dérivés, obtenus par action sur l’insaturation (comme les résines maléiques, la colophane hydrogénée, la colophane dismutée, la colophane polymérisée), ou par action sur la fonction acide (savons alcalins, résinate de chaux, résinate de zinc, résinate de colophane polymérisée, esters de colophane, abiétates de méthyle et d’éthyle, esters de glycérine ou gomme ester, esters de glycérine dismutés et hydrogénés, esters de pentaérythrite, esters de colophane polymérisés).


Copals

Ce sont les produits les plus durs et dont les points de fusion sont les plus élevés. Parmi ces produits, classés par ordre de dureté décroissante, on trouve le copal de Zanzibar, le copal de Madagascar, le copal rouge d’Angola, le copal de Colombie, l’ambre, ou succin, les copals dur et demi-dur du Congo, la manille dure. Ils ne sont pas directement utilisés comme constituants des vernis et subissent un traitement thermique au cours duquel certains constituants sont décomposés pour augmenter la solubilité de la résine.


Dammars

Ils sont produits par des arbres de la péninsule de Malaisie ; les plus importants sont ceux de Singapour, de Batavia, de Bornéo, de Padang et de Pontianak. Résines molles solubles dans les hydrocarbures dérivés du pétrole, légèrement solubles dans l’alcool — contrairement à la colophane — ils renferment environ 80 p. 100 de composés inertes (résènes).


Gomme-laque

Seule résine d’origine animale, elle est sécrétée par le Coccus lacca, qui vit sur certaines espèces d’arbre : d’où ses diverses variétés ; 95 p. 100 de la production mondiale proviennent de l’Inde. Cette résine est très soluble dans les solvants alcooliques, mais peu soluble dans les hydrocarbures ou les autres solvants des composés cellulosiques. Suivant le procédé d’extraction, on obtient le seed-lac ou le button-lac. On trouve également dans le commerce des variétés privées de cire et des variétés colorées. À une certaine époque, en dehors de son emploi dans la fabrication des vernis, la gomme-laque a été employée dans la fabrication des disques de phonographe.

De nombreuses autres résines ont été utilisées dans le passé. Seuls ont conservé une certaine importance les acroïdes, produits par diverses espèces d’arbre d’Australie, la sandaraque, produite par des arbres d’Australie et d’Afrique, le sang-dragon, résine rouge sécrétée par le Calamus draco, le mastic de Chio, la gomme-gutte, l’élémi et le benjoin.

G. G.

➙ Gomme / Peinture / Vernis.

 T. H. Barry, Natural Varnish Resins (Londres, 1932). / E. J. Parry, Shellac (Londres, 1935). / R. Lombard, Produits résineux (Dunod, 1946). / G. Champetier et H. Rabaté (sous la dir. de), Chimie des peintures, vernis et pigments, t. I (Dunod, 1956). / Paint Technology Manuals, t. II : Solvents, Oils, Resins and Driers (Londres, 1961). / P. Grandou et P. Pastour, Peintures et vernis. Les constituants (Hermann, 1966).

Résistance française (la)

Si, en juin 1940, beaucoup de Français acceptent l’armistice avec un « lâche soulagement », ceux qui refusent de reconnaître la défaite adoptent une attitude de résistant, qu’ils aient ou non connaissance de l’appel du 18 juin. En zone occupée, la présence de l’occupant provoque la colère et le désir de « faire quelque chose ». Ceux qui le peuvent gagnent l’Angleterre et vont constituer la Résistance de l’extérieur autour du général de Gaulle*.


Organisation de la Résistance

En métropole, les premiers résistants de l’été 1940, « une poignée d’isolés » sans contact avec le peuple français, collent des papillons sur les murs, impriment avec des moyens artisanaux des tracts et des appels, qu’ils diffusent autour d’eux, et surtout contactent des amis. On entre parfois dans la Résistance sans le vouloir : des prisonniers évadés à cacher, des armes à cacher, des tracts à distribuer, et l’on est engagé dans l’action... Des officiers démobilisés se retrouvent, échafaudent des plans pour la reprise des combats et, en attendant, recueillent des renseignements au profit des Anglais. Ainsi naît au sein d’une population frappée de stupeur par l’ampleur du désastre, en un sourd frémissement patriotique, « la flamme de la Résistance qui ne s’éteindra pas ». Il faudra cependant deux longues années pour que s’implantent solidement des « mouvements », qui se rallieront au général de Gaulle et recevront armes et subsides de Londres.


Les grands mouvements de résistance

En 1940, les partis politiques, les syndicats, les loges de la maçonnerie ont disparu : les cadres de la vie nationale traditionnelle laissent la place à des organismes neufs, qui, à côté des « réseaux » en liaison avec le B. C. R. A. (Bureau central de renseignements et d’action), seront les « mouvements de résistance ». Ceux-ci sont souvent formés d’hommes nouveaux, dont la préoccupation majeure est la lutte contre les Allemands et le gouvernement de Vichy.

Au début, ce sont des groupuscules spontanés, peu solides, peu étoffés, inexpérimentés, sans argent et presque sans moyen d’action, si ce n’est la propagande. La diffusion d’un journal clandestin est souvent la seule activité, mais combien efficace, d’un groupe de patriotes, presse clandestine qui brasse l’opinion et l’oblige à reprendre espoir : Valmy, Université libre, la Voix du Nord, les Cahiers du témoignage chrétien, Défense de la France (qui s’adjoindra aussi un important service de faux papiers et d’évasion), etc. À la fin de 1941, au moment où de Gaulle est reconnu unanimement comme le chef de la Résistance, huit grands mouvements rassemblent 90 p. 100 des patriotes. Leur recrutement est très éclectique : avant d’être d’un mouvement, on est résistant, c’est-à-dire un hors-la-loi, un « terroriste », comme dit l’adversaire. La clandestinité interdit les écrits, les listes de noms, les cartes de groupes, les cotisations. Entre les individus, le cloisonnement est impérieux : on se connaît peu et l’on obéit à des consignes parfois obscures. Les divergences idéologiques et plus encore l’intransigeance des « chefs » multiplient les groupements, que, tardivement et difficilement, Jean Moulin parviendra à unifier.