Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

République (Ve) (suite)

Au même moment, un immense travail de rajeunissement des structures réglementaires des armées était entrepris : promulgation d’un Code unique de justice militaire (1965), nouveau règlement de discipline générale (1966), réorganisation du corps du contrôle* général des armées (1966), intégration de l’ancienne armée coloniale dans l’armée de terre (1968), création d’un Conseil supérieur de la fonction militaire (1969), réorganisation de l’enseignement militaire supérieur (1970) et des états-majors des trois armées (1971), refonte de l’ensemble des textes portant statut des militaires (en 1972) [v. militaire (état)].

Poursuivant sa politique de modernisation de ses forces, la France adoptait une deuxième (1965-1970) et une troisième (1971-1975) loi de programme d’armement et d’équipement, suivies en 1976 d’une loi de programmation militaire pour les années 1977 à 1982. Entre-temps, une même charge nucléaire tactique de 15 kt entrait en service dans les armées de l’air (1972, bombe « AN-52 ») et de terre (1974, missile d’artillerie sol-sol « Pluton » d’une portée de 130 km).

Sur le plan budgétaire, la loi de 1976 a précisé que la part réservée à la défense, qui était passée de 20,7 p. 100 en 1967 à 16,9 p. 100 en 1975, devait être augmentée et représenter 20 p. 100 du budget de l’État en 1982.

Depuis 1970, la politique de défense se heurte, en l’absence de menace immédiatement perceptible, à une certaine incompréhension de l’opinion publique et au développement des idéologies pacifistes ou non violentes. Pour la première fois, le principe du service militaire est mis en cause, alors que, depuis plus d’un siècle, il a été considéré comme la condition même du caractère national des armées et de la défense.


Les armées françaises de 1976

Leur effectif atteignait 585 000 hommes, dont 75 000 gendarmes et 12 000 membres des personnels féminins.

• L’armée de terre (331 000 hommes, dont 215 000 appelés du service national) comprend la Ire armée, créée à Strasbourg en 1969 et formée de cinq divisions mécanisées, dont deux stationnées en Allemagne fédérale. Un plan de réorganisation, adopté à la fin de 1975, a pour but de donner aux grandes unités une certaine polyvalence. Il prévoit la structuration de l’ensemble de l’armée en seize divisions d’active : huit blindées, six d’infanterie, une alpine et une parachutiste. L’armée dispose d’une aviation légère (ALAT) dotée de 500 hélicoptères et de 150 avions légers.

• La marine (68 000 hommes, dont 16 000 appelés du service national) groupe environ 350 000 t de bâtiments en service. Outre la force océanique stratégique, la composition de la flotte a fait l’objet, en 1972, d’un programme de quinze ans qui prévoit notamment :
— une flotte sous-marine d’une vingtaine d’unités à propulsion classique ou nucléaire ;
— une flotte de surface (basée depuis 1975 en grande majorité à Toulon) constituée de deux porte-avions (Foch et Clemenceau), de deux porte-hélicoptères (Jeanne-D’arc et PH 75 [en construction]), d’une soixantaine de corvettes, de frégates et d’avisos. (Ces bâtiments sont équipés de missiles antiaériens « Masurca », anti-sous-marins « Malafon » et mer-surface « Exocet ».)

L’aéronavale, réorganisée en 1972, comprend, outre l’aviation embarquée (140 appareils), les flottilles de patrouilles maritimes et des unités d’hélicoptères.

• L’armée de l’air (102 000 hommes, dont 39 000 appelés du service national) est répartie entre quatre grands commandements.
— Les forces aériennes stratégiques rassemblent les « Mirage IV » et les missiles du plateau d’Albion.
— Les forces de défense aérienne (120 avions de combat) sont constituées par des escadrons d’intercepteurs « Super-Mystère B 2 », « Mirage III C » et, depuis 1973, « Mirage F-1 ». Chargées de la surveillance du ciel et de la conduite des interceptions, elles bénéficient d’un système informatique de traitement des informations de défense aérienne (S. T. R. I. D. A.) [v. aérienne (défense)].
— Les forces aériennes tactiques (FATAC) [330 avions de combat], articulées en deux commandements, disposent d’escadrons de « Mirage III-E », « V », « III-R » et, depuis 1973, de chasseurs d’appui « Jaguar ». Depuis la fin de 1972, les « Mirage III-E » sont équipés de la bombe nucléaire tactique « AN-52 ».
— Le transport aérien militaire (240 avions) groupe des escadrons de transport équipés de « Transal C 160 », « DC-6 B », « DC-8 », « Nord 2501 », « Nord 262 » et « Mystère 20 ». Il comprend en outre 90 hélicoptères de type « Puma » et « Alouette II » et « III ».

P. D.

requiem

Dans l’Église catholique, messe dite pour les défunts, ainsi appelée parce qu’elle débute par ce mot.


Le terme désigne également une composition musicale écrite sur tout ou partie du texte de cet office, qui se subdivise ainsi : 1o l’introït (Requiem aeternam dona eis, Domine, suivi d’un fragment du psaume LXIV, Te decet hymnus) ; 2o le Kyrie ; 3o le graduel (Requiem aeternam dona eis, Domine) ; 4o le trait (Absolve, Domine) ; 5o la séquence (Dies irae) ; 6o l’offertoire (Domine Jesu Christe) ; 7o le Sanctus ; 8o l’Agnus Dei ; 9o la communion (Lux aeterna). Le Dies irae a été inclu à la messe tardivement, en 1249.

La musique du requiem a d’abord appartenu au seul répertoire grégorien. Puis les musiciens polyphonistes composent sur ce texte, comme sur celui de l’ordinaire de la messe ; mais, alors que, pour celui-ci, ils écrivent souvent leurs œuvres à partir de thèmes profanes, ils ne se servent que des thèmes grégoriens pour le requiem et ne mettent pas en musique les paroles du Dies Irae.

Le Requiem de G. Dufay* ne nous étant pas parvenu, la plus ancienne messe des morts connue de nos jours est celle de J. Ockeghem*, qui se termine sur l’offertoire et fait alterner des passages à 2, 3 et 4 voix en un style d’une grande pureté.

Les musiciens du xvie s. ont été nombreux à composer des requiem : Pierre de La Rue, Antoine de Févin, Cristóbal Morales, Francisco Guerrero, G. P. da Palestrina*, R. de Lassus*, T. L. de Victoria*, etc. L’Officium defunctorum de ce dernier, à 6 voix, écrit en 1605 à l’occasion de la mort de l’impératrice Marie, veuve de Maximilien II, est l’œuvre ultime de son auteur en même temps que l’une des plus parfaites qu’il ait laissées. La Missa pro defunctis (1633), d’Eustache Du Caurroy (1549-1609), à 5 voix, a servi pour les obsèques des rois de France. Le Requiem (1585) de Jacques Mauduit (1557-1627) a été composé à la mémoire de son ami Ronsard et donné au service de bout de l’an d’Henri IV.